Hassaké,(SANA) Le jeune calligraphe Luqman al-Harbi brosse un tableau de la vie quotidienne à Hassaké, conférant à la souffrance de ses habitants et aux événements de la ville une présence visuelle qui restera gravée dans les mémoires.
Al-Harbi transforme la calligraphie arabe, de simple ornement, en un langage visuel qui transmet les histoires et les préoccupations de la société, documentant les joies et les peines vécues par ses habitants, assurant ainsi la pérennité de leurs récits et permettant à leurs émotions d’atteindre le spectateur grâce à la beauté des lettres et à la force de leur signification.
La calligraphie comme témoin de la vie :
pour Al-Harbi, la calligraphie arabe est un moyen d’expression et de documentation qui transcende sa fonction traditionnelle d’ornementation des lettres.
Il puise ainsi son inspiration pour ses peintures dans des événements qui marquent la vie des gens, tels que les pertes subies par les agriculteurs, les accidents de la route et les problèmes humanitaires et sociaux.

Al-Harbi choisit avec soin ses phrases, employant différents styles calligraphiques pour leur conférer une dimension artistique et humaine, cherchant à toucher le cœur du spectateur et à ancrer ces problématiques dans sa mémoire.
Malgré le manque de matériel de calligraphie et l’absence de centres de formation spécialisés dans le gouvernorat de Hassaké, il continue de perfectionner son art et organise des stages pour partager son expérience avec les jeunes.
Cette démarche découle de sa conviction que la calligraphie arabe fait partie intégrante de l’identité culturelle nationale et que sa préservation exige un soutien institutionnel et un accès élargi aux talents.
De l’apprentissage autodidacte au rêve de créer un centre de calligraphie
Al-Harbi aspire à fonder àdans sa ville un centre spécialisé qui accompagnera les jeunes talents et leur offrira un cadre propice à l’apprentissage et à la formation.
Il est convaincu que l’écriture arabe saura évoluer avec son temps, pourvu qu’elle exprime l’humanité, ses préoccupations et ses aspirations.
Il continue de travailler avec les moyens du bord, transformant les événements du quotidien en peintures qui en préservent toute la force.
Lorsque l’encre rencontre l’événement, les mots deviennent les témoins des détails de la vie, et la calligraphie arabe demeure pour lui un art qui documente la réalité tout en révélant son esthétique.
Ib/ L.a.