Damas, (SANA) Les investissements arabes s’orientent vers un rôle central dans le redressement économique de la Syrie après la libération du pays, à travers la réalisation de projets stratégiques dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’immobilier et des télécommunications. Ces investissements sont susceptibles de favoriser la création d’emplois, de contribuer à la reconstruction et de relancer l’activité productive.
Contribuer à la reconstruction de l’économie
L’expert économique, Dr Mohammad Koussa, a affirmé à SANA que les accords et protocoles d’accord annoncés entre la Syrie et l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis constituent une porte d’entrée stratégique pour contribuer à la reconstruction de l’économie nationale. Ces partenariats ciblent en effet des secteurs productifs et de services, ainsi que des projets essentiels dans le domaine des infrastructures.
Les investissements saoudiens : un ensemble de projets stratégiques
Koussa a souligné que les investissements saoudiens annoncés couvrent un large éventail de projets stratégiques dans les secteurs de l’aviation, des télécommunications, de l’eau, des infrastructures et du développement. Ils ouvrent ainsi des perspectives pour le développement des infrastructures numériques, l’amélioration des services essentiels et le renforcement de la production locale.
Ils pourraient également contribuer à consolider la position de la Syrie en tant que plateforme régionale majeure de transit des données, à améliorer les liaisons aériennes et à rétablir la présence du pays au sein des réseaux de transport régionaux et internationaux.
Investissements saoudiens
Lors du Forum d’investissement syro-saoudien, organisé en juillet 2025, 47 accords et protocoles d’accord d’une valeur totale supérieure à 6,4 milliards de dollars ont été signés. Ils couvrent plusieurs secteurs, notamment les infrastructures, le développement immobilier, les télécommunications et la transformation numérique.
Par ailleurs, la société saoudienne Abiyat pour l’investissement et le développement immobilier a lancé, en juin dernier, sous le patronage du ministère des Travaux publics et du Logement et en partenariat avec l’Institution générale du logement, deux projets : « Abiyat Hills » et « le complexe urbain moderne ».
Le projet « Abiyat Hills », situé dans le secteur E3 de la banlieue de Qudsaya, dans la campagne de Damas, s’étend sur une superficie d’environ 379 000 mètres carrés. Il prévoit la construction de plus de 2 000 logements aux normes modernes, dont la réalisation et la livraison sont prévues dans un délai de quatre ans.
Le projet « le complexe urbain moderne », qui sera construit dans la région d’al-Bjaa, dans la campagne de Damas, s’étendra sur une superficie pouvant atteindre six millions de mètres carrés. Il comprendra environ 20 000 logements et sera réalisé sur une période de huit ans.
Les investissements émiratis : une occasion de soutenir le redressement
Selon l’expert économique, les investissements des Émirats arabes unis représentent également une occasion importante de soutenir le redressement économique et de relancer l’activité productive, compte tenu de leur diversité dans les secteurs portuaire, des transports, de l’immobilier et du tourisme.
Investissements émiratis
Le 5 octobre courant, les ministères des Travaux publics et du Logement et du Tourisme ont signé un accord-cadre avec la société émiratie Eagle Hills portant sur le développement et la création de complexes résidentiels et touristiques, pour un montant d’environ 17 milliards de dollars. L’accord comprend les projets immobiliers « Damas Hills » et touristique « Lattaquié ».
En mai 2025, l’Autorité générale des postes-frontières et des douanes a signé un protocole d’accord avec DP World, d’une valeur de 800 millions de dollars, prévoyant un investissement global dans le développement, la gestion et l’exploitation d’un terminal polyvalent au port de Tartous.
Le projet du métro de Damas, porté par la société émiratie National Investment Corporation, représente un investissement estimé à 2 milliards de dollars. La ligne s’étendra sur 26,5 kilomètres, entre Mazzeh et Qaboun, en passant par la région de Mouadamiyat al-Cham. Elle comprendra 17 stations desservant des quartiers et des sites importants, notamment Mazzeh, l’université de Damas, la place du Hedjaz, la place de la Libération, la place des Abbassides et la gare routière de Qaboun.
Les investissements qataris au service de la reconstruction
Koussa a ajouté que les investissements qataris représentent eux aussi une occasion importante de soutenir les efforts de reconstruction et de relancer l’économie, grâce au développement des infrastructures ainsi que des secteurs productifs et des services.
Il a indiqué que, si ces investissements passent effectivement à la phase de réalisation, ils pourraient contribuer à attirer de nouveaux capitaux, à créer des emplois, à améliorer les services, à dynamiser les échanges commerciaux et à renforcer la production locale. Ces retombées soutiendraient le redressement économique et ouvriraient la voie à un développement durable susceptible d’améliorer les conditions de vie des citoyens syriens.
Investissements qataris
Le 12 mai dernier, la Syrian Petroleum Company a signé un protocole d’accord avec QatarEnergy et deux sociétés internationales en vue de l’exploration pétrolière et gazière dans les eaux territoriales syriennes.
Par ailleurs, selon Koussa, le renforcement de la coopération entre la Syrie, la Jordanie et le Sultanat d’Oman ouvre des perspectives prometteuses pour consolider l’intégration économique régionale et élargir les possibilités de commerce et d’investissement conjoints, créant ainsi des conditions favorables à la réalisation de vastes projets de développement.
L’expert a souligné que la concrétisation de ces accords et partenariats exige plusieurs conditions :
L’achèvement des étapes préparatoires à leur mise en œuvre ;
La mise en place de mécanismes de financement ;
Le renforcement de la transparence et de la stabilité du cadre législatif.
Selon lui, ces mesures permettraient de créer un environnement attractif pour les investisseurs et de garantir que les capitaux soient orientés vers des projets productifs et durables.
Transfert de compétences et développement des ressources humaines
De son côté, l’expert économique et chercheur Adham Qdaimati a déclaré à SANA que les investissements arabes représentent une occasion stratégique de soutenir l’économie syrienne et d’accélérer son redressement. Il a souligné que leur importance ne se limite pas aux apports de capitaux, mais englobe également le transfert de compétences et le développement des ressources humaines, notamment grâce à la création de nouvelles entreprises et à l’ouverture de filiales de sociétés arabes en Syrie.
Qdaimati a expliqué que les retombées de ces investissements dépassent le soutien direct à l’économie et comprennent également la dynamisation des échanges commerciaux entre la Syrie et les pays arabes. L’élargissement de ces échanges peut stimuler la production locale et renforcer la circulation des biens et des services, contribuant ainsi au redressement économique à moyen et à long terme.
La création directe d’emplois
Concernant le marché du travail, Qdaimati a indiqué que l’augmentation des investissements et la création de nouveaux projets dans différents secteurs devraient générer des emplois directs au sein des entreprises concernées, ainsi que des emplois indirects dans les transports, l’approvisionnement, les services et les activités connexes.
L’importance des secteurs de l’énergie et de l’immobilier
L’expert économique a précisé que le secteur de l’énergie figure parmi les domaines les plus susceptibles d’attirer les investissements arabes, compte tenu des besoins considérables en matière de développement de ce secteur et d’amélioration de l’approvisionnement en électricité. Ces évolutions auraient des répercussions sur les usines, les établissements commerciaux et les coûts de production.
Il a enfin relevé que les projets d’investissement nécessitent des infrastructures développées, notamment dans les domaines des télécommunications, des équipements et des services essentiels. Ces projets pourraient ainsi favoriser la modernisation des installations publiques et l’amélioration de l’environnement dans lequel s’inscrivent les nouvelles activités.
Les partenariats arabes au service de la relance économique en Syrie
Depuis le 8 décembre 2024, la Syrie a connu une intensification des initiatives visant à renforcer la coopération, les partenariats économiques et les projets d’investissement avec plusieurs pays arabes. Ces démarches visent à soutenir le redressement, la reconstruction et le développement durable dans différents secteurs, à ouvrir de nouvelles perspectives dans des domaines essentiels et à renforcer les infrastructures, après des années de difficultés liées à la guerre menée par l’ancien régime contre le peuple syrien.
Il convient de rappeler qu’environ 50 accords et protocoles d’accord ont été signés par la Syrie avec plusieurs pays ainsi qu’avec des organisations internationales et régionales au cours de l’année 2025.
La Syrie s’est ainsi orientée vers une diversification de ses partenariats internationaux, en développant sa coopération avec des pays arabes, européens et asiatiques, dans le but de consolider sa position diplomatique et économique.
am

