Damas, (SANA) Dans les sociétés vivantes, le patrimoine ne se limite pas à ce qui est exposé dans les musées, mais il est incarné dans les détails de la vie quotidienne, dans les récits, les chants et les métiers transmis de génération en génération. C’est ce que l’on appelle le patrimoine culturel immatériel, que l’UNESCO considère comme un pilier essentiel de l’identité et un moyen de préserver et de promouvoir la diversité culturelle.
Dans le cadre de cette vision, le ministère de la Culture poursuit son engagement envers cet héritage en organisant des activités coïncidant avec la Journée mondiale du patrimoine, le 18 avril prochain.
Le Musée national de Damas ainsi que les centres culturels de la capitale et des autres gouvernorats accueilleront une semaine culturelle ouverte aux chercheurs, aux spécialistes et au public, dans une démarche visant à relier le passé au présent et à présenter le patrimoine comme une expérience vivante et interactive.
Activités interactives et documentation vivante
Le programme de la semaine comprend un ensemble varié de conférences scientifiques, de tables rondes et de soirées culturelles, en plus de démonstrations en direct de métiers traditionnels reflétant la richesse et la diversité du patrimoine syrien.

Ces activités offrent un espace de dialogue et d’échange d’expertises, permettant aux artisans et aux chercheurs de transmettre directement leur connaissance au public, renforçant ainsi la présence du patrimoine dans la vie quotidienne.
Dans le même cotexte, le ministère œuvre à documenter cet héritage à travers des initiatives telles que « Riwaq du patrimoine syrien », dans le but de rassembler les pratiques et métiers traditionnels menacés de disparition et à constituer une archive nationale préservant la mémoire culturelle.
Ces efforts incluent la mise en valeur de métiers authentiques comme la fabrication du savon d’Alep, le tissage artisanal ou encore les broderies traditionnelles, afin de renforcer leur présence aux niveaux local et international, dans une vision qui considère le patrimoine comme un pont entre le passé et l’avenir et un outil de sensibilisation et de cohésion sociale.
Le patrimoine immatériel… une mémoire vivante et une identité renouvelée
Dans une déclaration à SANA, Jaafar Ibrahim, de la Direction des centres culturels au ministère de la Culture, a expliqué que l’objectif de la Semaine du patrimoine culturel est de célébrer et de préserver le patrimoine immatériel syrien, en tant que mémoire vivante nourrissant le sentiment d’appartenance.
Il a souligné que ce patrimoine constitue un rempart protégeant l’identité, renforçant la diversité et contribuant à la cohésion sociale, puisqu’il englobe traditions orales, arts, pratiques et savoir‑faire transmis à travers les générations.

Ibrahim a ajouté que présenter le patrimoine sous des formes contemporaines est indispensable pour le protéger de l’oubli, grâce à des programmes et activités reposant sur des méthodes modernes de documentation et de diffusion garantissant sa continuité.
Il a rappelé que ce patrimoine représente une « civilisation en mouvement » traversant le temps, portant récits, proverbes, arts du spectacle de musique, et de danses traditionnelles, théâtre populaire, ainsi que pratiques sociales, connaissances liées à la nature et métiers artisanaux tels que le filage, le tissage, la broderie, la fabrication du savon, du verre et des bijoux.
Ces efforts, à l’ombre des défis actuels, confirment que la préservation du patrimoine ne relève pas uniquement des institutions, mais nécessite un partenariat sociale conscient garantissant sa transmission aux générations futures, afin qu’il demeure présent dans la mémoire collective et témoigne de l’authenticité et de la richesse culturelle de la Syrie.

R.S./L.Arfi