Damas, (SANA) La polémique autour de l’arbitrage est revenue au premier plan avec le lancement du championnat syrien de première division de football, comme ce fut le cas lors de la saison précédente, marquée par de nombreux débats et controverses au fil des journées, notamment concernant les performances des arbitres. Les décisions arbitrales sont ainsi devenues le sujet central de la plupart des rencontres du championnat.
L’absence de la VAR accentue les tensions autour de l’arbitrage
Alors que la plupart des pays du monde ont recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), l’absence de cette technologie continue de placer les arbitres face à la lourde responsabilité de prendre des décisions cruciales dans des moments décisifs. Cette situation les expose à de fortes pressions de la part du public et des instances dirigeantes, pouvant parfois aller jusqu’aux insultes, aux menaces et aux agressions dans les stades.
Les matchs du championnat syrien marqués par des controverses arbitrales sont souvent accompagnés de troubles et de protestations des supporters contre les décisions des arbitres. Ces réactions vont des chants injurieux à l’envahissement du terrain, voire aux agressions contre les officiels, entraînant des sanctions et des amendes qui ne suffisent pas toujours à empêcher la répétition de tels incidents.
Manque de transparence et défis de modernisation
L’expert en arbitrage et arbitre international Tammam Hamdoun a déclaré à SANA que le corps arbitral syrien traversait une période difficile, qui a érodé la confiance d’une large partie des supporters dans le système footballistique. Selon lui, cette situation se caractérise principalement par la lenteur du développement, tandis que des interrogations et des désaccords persistent concernant les mécanismes de formation des arbitres et le manque de transparence dans l’établissement des listes internationales. Il a également déploré l’insuffisante exploitation des possibilités de soutien et de développement offertes par la Fédération internationale de football (FIFA) et la Confédération asiatique de football (AFC).
Hamdoun a ajouté que le football syrien disposait de jeunes talents prometteurs dans l’arbitrage, mais que ces compétences se heurtaient à un système administratif et technique incapable d’apporter les solutions nécessaires à la modernisation de ce secteur.
La VAR, une solution d’urgence qui se fait toujours attendre
Hamdoun a expliqué que la solution la plus rapide pour réduire les erreurs arbitrales ayant une incidence sur les résultats des matchs, notamment en matière de penalties, de buts et d’expulsions directes, résidait dans la mise en place de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Il a souligné que cette technologie ne permettait pas d’éliminer toutes les erreurs, mais qu’elle contribuait à réduire considérablement les erreurs décisives.
L’expert a également relevé que le manque de transparence dans la désignation des arbitres appelés à figurer sur la liste internationale avait suscité le mécontentement de plusieurs officiels. En l’absence de communication officielle sur les critères de sélection, cette situation nuit aux arbitres souhaitant accéder au niveau international et alimente les spéculations ainsi que les soupçons.
En matière de formation, il a estimé que l’« Académie d’arbitrage », largement promue sur les réseaux sociaux, s’était finalement réduite à une initiative « restée lettre morte ». Selon lui, aucune structure clairement définie ni aucun programme de formation concret n’ont été mis en place, malgré l’annonce de sa création.
La réforme passe par la formation et la responsabilisation
De son côté, le journaliste sportif spécialisé Majd Abdallah a déclaré que les erreurs d’arbitrage faisaient partie du football dans tous les pays du monde, les arbitres étant des êtres humains susceptibles de se tromper comme de prendre les bonnes décisions. Toutefois, la répétition d’erreurs ayant une incidence importante sur les résultats du championnat syrien au cours des dernières saisons soulève, selon lui, de sérieuses questions sur l’état du système arbitral et les raisons de la lenteur de sa modernisation.
Abdallah a ajouté que l’arbitrage syrien manquait encore de plusieurs éléments essentiels, au premier rang desquels figure la VAR. Il a affirmé que la responsabilisation constituait un pilier essentiel de toute réforme, à condition qu’elle repose sur des critères équitables et transparents permettant de distinguer les erreurs d’appréciation, les insuffisances techniques et les erreurs graves répétées, jusqu’aux cas où une intention délibérée ou une violation des règles est établie. Cette démarche doit s’accompagner de l’élaboration d’un plan à long terme pour développer l’arbitrage syrien.
Enfin, Abdallah a estimé que le recours à des arbitres étrangers pour certaines rencontres sensibles pourrait constituer une solution provisoire permettant d’alléger les pressions et de renforcer la confiance dans le championnat, dans l’attente du développement des compétences locales selon des critères de compétence, d’expérience et de capacité à diriger des matchs sous pression.
am