Capitales, (SANA) L’affrontement entre l’Iran d’un côté et les États‑Unis et Israël de l’autre connaît une escalade sans précédent à l’entrée de la quatrième semaine de guerre, avec le passage des hostilités au stade du ciblage des infrastructures stratégiques et l’élargissement du théâtre des opérations, du désert du Néguev jusqu’à l’Irak, le Liban et le Golfe arabique, en passant par l’océan Indien, sur fond d’avertissements mutuels visant les installations énergétiques et la menace pesant sur la navigation internationale dans le détroit d’Ormuz.
Les failles des systèmes d’interception israéliens
L’armée israélienne a annoncé que le chef d’état‑major, Eyal Zamir, avait tenu une évaluation sécuritaire urgente avec les commandants des opérations et de l’armée de l’air après la chute de missiles iraniens dans les villes de Dimona et d’Arad, dans le sud d’Israël, hier samedi.
Le bombardement a fait environ 175 blessés, dont des dizaines de cas graves et modérés, en plus d’un large nombre de personnes en état de panique. Selon les données de terrain, 115 blessés ont été évacués d’Arad et 60 autres de Dimona, avec plusieurs cas de panique enregistrés.
Zamir a également ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’échec des systèmes de défense aérienne à intercepter les missiles, tandis que la chaîne israélienne 14 a rapporté l’échec de deux tentatives d’interception d’un missile iranien d’environ 450 kilogrammes avant qu’il n’atteigne directement sa cible.
La frappe est survenue quelques heures après le ciblage de l’installation d’enrichissement d’uranium à Natanz, un développement que des cercles sécuritaires ont considéré comme un passage à un nouveau niveau d’escalade. Téhéran a ensuite affirmé qu’aucune fuite radioactive n’avait été enregistrée sur le site.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a qualifié la nuit de « très difficile », affirmant que les opérations militaires se poursuivraient malgré la complexité de la situation sur le terrain.
Escalade continue sur le front libanais
Dans le nord des territoires occupés, l’armée israélienne a annoncé que deux soldats de la réserve avaient été blessés par des éclats d’un obus tiré depuis le sud du Liban, alors que des sirènes d’alerte retentissaient dans plusieurs zones de la Haute‑Galilée.
Ce matin, un Israélien a été tué en Haute‑Galilée après la chute d’un missile ayant provoqué l’incendie d’un véhicule et endommagé plusieurs habitations, tandis que la milice du Hezbollah a annoncé avoir visé neuf zones à l’intérieur d’Israël.
Le nombre de victimes des raids israéliens au Liban depuis le 2 mars jusqu’à hier est monté à 1 024 morts et 2 740 blessés, alors que les frappes se poursuivent sur la banlieue sud de Beyrouth, le sud du Liban et la Békaa, parallèlement à une incursion terrestre israélienne sur plusieurs axes dans le sud du pays.
Téhéran : l’espace aérien israélien est désormais exposé
Le président du Parlement iranien a estimé que l’échec de l’interception des missiles ayant visé Dimona « indique l’entrée du combat dans une nouvelle phase », affirmant que l’espace aérien israélien est devenu « exposé et non protégé ».
Le Corps des Gardiens de la révolution a également annoncé avoir abattu un troisième avion israélien de type F‑16 au‑dessus du centre de l’Iran, tandis que des explosions ont retenti dans la capitale Téhéran en raison de l’activation des défenses aériennes pour intercepter des cibles aériennes.
Attaque contre la base de Diego Garcia… flou autour de l’auteur
Des rapports ont fait état du tir de deux missiles balistiques en direction de la base conjointe américano‑britannique de Diego Garcia dans l’océan Indien, sans atteindre la cible, l’un ayant été intercepté et l’autre ayant échoué au décollage.
Un responsable iranien a nié toute implication de Téhéran dans l’attaque
Ultimatum américain à l’Iran : ouvrir le détroit d’Ormuz ou subir des frappes contre les installations énergétiques
Le président américain Donald Trump a menacé de frapper les centrales énergétiques iraniennes si Téhéran n’ouvrait pas le détroit d’Ormuz dans un délai de 48 heures. Il a indiqué que Washington avait atteint des objectifs militaires avant le calendrier prévu, précisant que les opérations pourraient durer entre quatre et six semaines et que le renversement du régime iranien n’était pas un objectif direct, l’objectif principal étant d’empêcher Téhéran d’acquérir une arme nucléaire.
L’Iran a répliqué en avertissant qu’il ciblerait les infrastructures énergétiques, les installations de technologies de l’information ainsi que les stations de dessalement américaines et israéliennes dans la région si les menaces américaines étaient mises à exécution.
Agressions continues dans le Golfe
Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a annoncé avoir intercepté des missiles balistiques, des drones et des projectiles hostiles en provenance d’Iran, tandis que des avertissements iraniens ont été adressés aux habitants de zones spécifiques à Ras al‑Khaimah leur demandant d’évacuer immédiatement.
Dans le même contexte, l’Arabie saoudite et le Koweït ont annoncé avoir intercepté des drones et des missiles dans leur espace aérien.
L’Irak se transforme en théâtre d’affrontement direct
Bagdad et le gouvernorat de Ninive ont été le théâtre d’une série d’attaques de drones et de raids aériens visant le camp de soutien logistique américain près de l’aéroport de Bagdad, des sites des milices du Hachd al‑Chaabi dans la plaine de Ninive, un centre de communications relevant du service de renseignement irakien, ainsi que des positions à Mansour, Abou Ghraib et Saidiya.
Un officier du Service national de renseignement irakien a été tué après qu’un de ses sites a été visé par un drone.
Le Pentagone a reconnu pour la première fois que des hélicoptères de combat américains avaient mené des frappes contre des factions pro‑iraniennes à l’intérieur de l’Irak.
Les défenses aériennes à Erbil ont également intercepté des drones visant les abords de l’aéroport qui accueille des forces de la coalition internationale.
Intenses démarches politiques arabes
Sur le plan politique, les démarches régionales se sont intensifiées pour contenir les répercussions de l’escalade. Le président égyptien Abdel Fattah al‑Sissi a effectué une tournée dans le Golfe incluant Bahreïn, le Qatar et l’Arabie saoudite, au cours de laquelle il a discuté avec les dirigeants de ces pays de l’évolution de la guerre et de ses répercussions sur la sécurité régionale et les marchés mondiaux de l’énergie.
Les discussions ont souligné la nécessité de protéger les voies maritimes internationales, en premier lieu le détroit d’Ormuz, considéré comme une artère essentielle du commerce mondial, tout en insistant sur l’importance d’une coordination commune pour faire face aux conséquences de l’escalade militaire dans la région.
Le G7 entre en scène face à la crise énergétique mondiale
À l’international, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont annoncé leur disposition à prendre des mesures pour soutenir la stabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux, soulignant l’importance de protéger les voies maritimes et les installations énergétiques dans la région.
Le communiqué a indiqué le soutien du groupe à ses partenaires au Moyen‑Orient face aux attaques visant les infrastructures civiles et les installations énergétiques, signe d’une inquiétude internationale croissante quant au passage de la confrontation à une phase menaçant directement le système énergétique mondial.
Une voie de négociation possible malgré l’escalade militaire
Parallèlement à l’escalade sur le terrain, des fuites relayées par le site Axios ont révélé des discussions préliminaires au sein de l’administration de Donald Trump concernant la prochaine phase de gestion du dossier iranien, incluant une éventuelle voie de négociation prévoyant des restrictions sur les programmes nucléaire et balistique iraniens en échange du déblocage des avoirs gelés et de garanties de non‑reprise de la guerre.
Ces discussions reflètent une tentative de maintenir ouverte la fenêtre d’une solution politique malgré l’élargissement du champ de confrontation militaire dans la région.
La guerre de l’énergie entre au cœur de l’affrontement stratégique
Les derniers développements confirment que le conflit est entré dans une phase de ciblage des installations nucléaires, des infrastructures énergétiques, des routes maritimes et des bases militaires éloignées.
Ce qui reflète le passage d’une guerre de frappes tactiques à une phase de bras de fer régional ouverte et multiforme, avec la poursuite des menaces réciproques visant les infrastructures vitales de la région.
M.Ch.