New York, (SANA) Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a inscrit les forces d’occupation israéliennes sur la liste des “parties pour lesquelles existent des informations crédibles laissant soupçonner des schémas de viol et d’autres formes de violence sexuelle liée aux conflits armés”, dans son rapport annuel couvrant la période de janvier à décembre 2025.
31 victimes documentées parmi des hommes, des femmes et des enfants
Selon le rapport publié ce vendredi par l’agence palestinienne Wafa, les violences sexuelles liées au conflit ont touché 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons et une fille de Gaza et de Cisjordanie. Treize cas ont été enregistrés en 2025, tandis que les 18 autres remontent à 2023 et 2024.
Les violations documentées incluent des viols à l’aide d’objets, des viols collectifs, des violences physiques, des tirs délibérés, des fouilles à nu, des actes de contrainte à la nudité et des menaces de viol. Le rapport précise que certaines de ces violations ont été filmées, dont un cas de viol.
Plusieurs entités israéliennes mises en cause
Le rapport attribue la responsabilité à des membres de l’armée d’occupation, du service pénitentiaire israélien — y compris l’unité spéciale “Keter” — ainsi qu’à l’unité “Yamam” de la police israélienne.
Ces violations se seraient produites dans plusieurs lieux de détention, notamment le camp de Sde Teiman, le centre de détention d’Etzion, le camp Al-Majnouna, ainsi que dans les prisons de Megiddo, Ofer, Ramla, Hasharon, Shatta, Nafha et Damon, en plus du poste de police de Gush Etzion. Le rapport documente également des abus survenus aux checkpoints et lors d’opérations militaires, et précise que parmi les victimes figurent des journalistes et des défenseurs des droits humains.
L’abandon des charges renforce l’impunité
Le rapport évoque le cas de cinq réservistes israéliens de la “unité 100”, inculpés en février 2025 pour une agression physique grave au camp de Sde Teiman. Il souligne toutefois que “toutes les charges ont été abandonnées en mars 2026”, malgré des preuves comprenant une vidéo et des rapports médicaux, estimant que ces développements “pourraient renforcer un climat d’impunité susceptible de favoriser de nouvelles violences sexuelles”.
Le rapport note que le signalement de ces violations s’est heurté à de sérieux obstacles, notamment des menaces directes attribuées aux services de sécurité israéliens visant à réduire les détenus au silence.
Guterres exige un arrêt immédiat
Le secrétaire général de l’ONU a appelé les autorités d’occupation israéliennes à mettre fin immédiatement à toutes les formes de violence sexuelle, à permettre un accès sans restriction aux équipes onusiennes chargées d’enquêter, à garantir un traitement digne des prisonniers palestiniens et à poursuivre en justice les responsables de ces crimes.
Le rapport souligne qu’ »Israël » n’a fourni à ce jour aucune information démontrant son respect des mesures exigées par la résolution 2467 du Conseil de sécurité, et n’a pas accordé aux organismes onusiens l’accès nécessaire au suivi et à la surveillance. Plus de 9 000 Palestiniens demeurent détenus, dont plus de 4 000 sans inculpation ni procès.
Il est à noter qu’Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la torture, a dénoncé le 20 mai dernier les crimes, les violations graves et les pratiques de torture systématiques commises par les autorités d’occupation israéliennes contre les prisonniers palestiniens dans leurs centres de détention.
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