Idleb, (SANA) Orum al-Joz est l’un des villages les plus anciens de Jabal al-Zawiya )mont al-Zawiya(, dans le gouvernorat d’Idleb. Il se distingue par la richesse de son patrimoine historique et par une nature harmonieuse mêlant montagnes, vallées, sources et sites archéologiques, ce qui lui a permis de conserver une place marquante dans la mémoire populaire et historique de la région, malgré sa superficie modeste.
Emplacement distingué et nature généreuse
Le village se trouve à environ 17 kilomètres au sud d’Idleb et au sud‑ouest de la ville d’Ariha, constituant l’accès nord aux villages du Jabal al‑Zawiya. Il s’élève sur un plateau élevé entouré de vastes étendues d’oliviers, de cerisiers et de noyers.
Plusieurs vallées le traversent, dont la plus importante est Wadi al‑Joz, ainsi que des sources et fontaines d’époque romaine qui, au fil des siècles, ont constitué une source essentielle de vie et de stabilité.
Origine du nom et racines historiques

Le nom d’Orum al‑Joz remonte à l’araméen et signifie « le pays des vergers et des noyers ».
Le village abrite les vestiges d’une église datant du IIᵉ siècle, ainsi que des tablettes araméennes portant des inscriptions religieuses et historiques.
Des tombes romaines témoignant de civilisations successives
Le village abrite plus de vingt tombes romaines ornées de colonnes et de gravures qui témoignent de la prospérité des civilisations successives.
Des sources historiques indiquent également que son nom figure sur un obélisque égyptien lié à une guerre entre Naram‑Sin et les Hittites.
Yaqout al‑Hamawi mentionne également l’existence d’un temple où auraient résidé cinq rois berbères en l’an 227 après J.-C., ce qui met en lumière la profondeur historique du site et la diversité des civilisations qui s’y sont succédé.
La légende de la lumière… entre récit populaire et explication scientifique
D’anciennes sources rapportent l’apparition nocturne d’une lumière émanant d’un temple du village, lumière qui s’évanouissait dès que l’on tentait de s’en approcher.
Les chercheurs estiment que ce phénomène était dû à une substance phosphorescente appliquée sur une plaque à l’intérieur du temple, réfléchissant la lumière de la lune à travers des ouvertures géométriques minutieusement conçues, donnant l’illusion d’une colonne lumineuse s’élevant vers le ciel.
Ce phénomène a disparu il y a environ quarante ans, à la suite de la disparition du temple sous l’urbanisation moderne et du tracé de la route Alep–Lattaquié qui passe désormais au‑dessus de son emplacement.

Le village rassemble un passé historique remarquable à une nature envoûtante, demeurant un témoin vivant des civilisations successives qui ont laissé leur empreinte dans ses temples, ses tombes et ses inscriptions.
Malgré les transformations qu’a connues la région, il conserve son âme ancienne et son statut comme l’un des villages les plus importants du Jabal al‑Zawiya sur les plans culturel et historique.

Ibtissam ibrahim/ R.F.