Damas,(SANA)-La Syrie est l’un des pays les plus riches du monde en antiquités. C’est une terre où se sont succédé de grandes civilisations depuis des millénaires, à partir des Sumériens et des Assyriens jusqu’aux Grecs et aux Romains, puis aux Byzantins et Musulmans.
Cet héritage fait de la Syrie un véritable musée à ciel ouvert, où temples anciens, châteaux, églises et palais se rencontrent pour raconter l’histoire continue de l’humanité. Parmi ces trésors figure le Qasr al-Hayr al-Gharbi.
Selon la plateforme électronique Raha des villes anciennes, spécialisée dans les antiquités et le patrimoine et consacrée à l’étude et à la documentation des villes et des sites archéologiques en Syrie et au Moyen-Orient, ce palais, situé au sud-ouest de Palmyre, fut construit sous le règne du calife omeyyade Hicham ibn Abd al-Malik en l’an 109 de l’Hégire / 727 apr. J.-C., conformément à une inscription gravée sur l’une de ses portes.
Le plan architectural du Qasr al-Hayr al-Gharbi
Il fut construit selon un plan carré (70 × 71 m), avec des fondations en pierre surmontées de briques et de carreaux, et une muraille extérieure renforcée par des tours circulaires et semi-circulaires. L’entrée principale, ornée entre deux tours semi-circulaires, lui confère l’aspect d’une forteresse.
Son portail oriental fut ornée de décorations en stuc végétales et géométriques ainsi que de bustes féminins, reflétant l’influence de l’art sassanide.
L’entrée mène à un passage voûté qui débouche sur une cour carrée à ciel ouvert, entourée d’arcades et de colonnes derrière lesquelles se répartissent six ailes indépendantes à deux étages, comprenant des salles et des pièces reliées à une grande salle centrale.

La lumière pénètre dans le deuxième étage du Palais, via de petites fenêtres décorées de stucs floraux et géométriques.
Les décorations intérieures du Qasr al-Hayr al-Gharbi
Les fouilles archéologiques ont révélé la richesse des décorations dans le palais qui contient des plaques de mosaïque et des inscriptions près de l’entrée, des murs décorés de fresques colorées, ainsi que deux peintures murales qui étaient transférées au Musée de Damas.
Les parois se distinguaient également par des ornements en stuc en relief, à motifs végétaux et géométriques, avec des influences sassanides et hellénistiques, à ajouter l’utilisation de bois peint et doré pour embellir les murs intérieurs de dessins floraux et géométriques.
Un complexe urbain miniature
Outre une résidence palatiale, Qasr al-Hayr al-Gharbi contient une mosquée, des bains, un jardin irrigué, un moulin, un barrage et un bassin, tous reliés par un système hydraulique sophistiqué. L’eau provenait du barrage préislamique de Khirbaqa, via un canal de 17 kilomètres de longueur.
Le premier caravansérail de l’époque islamique
À environ dix kilomètres au nord-ouest du palais se trouvait le Khan al-Milh, considéré comme le premier caravansérail construit dans l’histoire islamique.
Ce lieu servait de halte pour les convois commerciaux et de centre d’échange de marchandises. Une inscription sur son linteau mentionne son superviseur, Thabit ibn Abi Thabit, qui l’érigea sur ordre du même calife omeyyade.
Jardins et bains royaux
Le jardin, de forme trapézoïdale, était divisé en parcelles irriguées par des canaux reliés au système hydraulique principal. Les bains, situés au nord du palais, comportaient des sections froides et chaudse, des systèmes de chauffage souterrains et des sols recouverts de marbre, suivant la tradition des thermes romains et byzantins.
Decoration et art sans restrictions
Le palais se distingue par l’abondance et la diversité de sa décoration. On y trouva des fresques figuratives, des sculptures humaines et animales, du bois sculpté polychrome, ainsi que des inscriptions coufiques les plus anciennes. Parmi les peintures les plus célèbres figurent celle d’une femme portant des fruits et celle d’un chevalier chassant des cerfs, exemples d’un art omeyyade qui n’évitait pas la représentation figurative.
Restauration et héritage
Les travaux de restauration commencèrent en 1939 et s’achevèrent en 1950 avec la reconstruction du portail et d’une partie du palais, aujourd’hui exposés au Musée national de Damas où se conserve des reliefs, des sculptures et des fresques originales, confirmant que Qasr al-Hayr al-Gharbi est l’un des monuments les plus significatifs de l’art omeyyade et un symbole du patrimoine culturel syrien.


Ib.i/R.B