Damas, (SANA) À 23 ans, Maher Dirki se tient devant un métier à tisser traditionnel, transformant, par des gestes précis, des fils de soie entrelacés en motifs et en couleurs. Il perpétue un savoir-faire qu’il a appris de son père, qui l’avait lui-même hérité de son grand-père, permettant ainsi à la fabrication du brocart damascène de se transmettre de génération en génération et de préserver sa place parmi les plus anciennes traditions artisanales syriennes.
Dirki, l’un des plus jeunes artisans de ce métier, porte un héritage familial lié à la fabrication du brocart damascène. La singularité de ce tissu ne réside pas seulement dans la beauté de ses couleurs, de ses motifs et de son éclat, mais également dans son mode de fabrication. Celui-ci associe la précision du travail manuel au raffinement de la soie naturelle, donnant naissance à une pièce qui porte, dans chacun de ses détails, une part de la mémoire artisanale et culturelle de Damas.
Un métier traditionnel intimement lié à Damas
À l’occasion de la 63e édition de la Foire internationale de Damas, Dirki raconte aux visiteurs l’histoire du brocart damascène, en présentant les différentes étapes de sa fabrication sur un métier à tisser manuel. À travers son travail, il incarne la continuité d’un métier dont le nom est étroitement associé à Damas et qui s’est transmis au sein de ses familles, de génération en génération.
« Pour moi, le brocart n’est pas seulement un métier, mais un héritage familial et un artisanat que j’aime et auquel je suis passionné », a déclaré Dirki à la correspondante de SANA. Il explique que son attachement à cette activité l’a poussé à poursuivre l’apprentissage de ses différentes techniques et à travailler à son développement, tout en préservant ses méthodes traditionnelles.

Le métier à tisser devant le public de la foire
Dirki souligne que la participation des artisans à la foire permet aux visiteurs d’assister directement aux différentes étapes de fabrication du brocart et de découvrir de près le métier à tisser manuel. Certains visiteurs voient pour la première fois comment sont fabriqués ces tissus, tandis que d’autres manifestent un intérêt pour apprendre ce savoir-faire et en découvrir les secrets.
Selon lui, la continuation des métiers artisanaux traditionnels nécessite d’attirer les jeunes vers ces professions et de mettre en place des programmes de formation et de qualification. Elle passe également par le soutien aux artisans et par l’élargissement des possibilités de participation aux foires et aux manifestations, en Syrie comme à l’étranger, afin de faire connaître ces métiers aux nouvelles générations et de les préserver de la disparition.
Un marché confronté à la baisse du pouvoir d’achat
Concernant la situation du marché du brocart, Dirki explique que la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation du coût de la soie naturelle ont eu un impact sur la demande. Les artisans ont ainsi été amenés à proposer différentes options de tissus, notamment des types fabriqués à partir de soie végétale ou synthétique, afin de répondre aux besoins de différentes catégories de clients.

Dirki estime que la dynamisation du marché du brocart passe par un renforcement de sa présence sur les marchés étrangers, d’autant que ce produit est historiquement associé aux visiteurs, aux touristes et aux marchés internationaux. Il considère que la participation à des foires internationales et la promotion des produits syriens pourraient ouvrir de nouveaux débouchés aux artisans.
Le brocart, un artisanat et une identité
Dirki ne considère pas la pérennité de cet artisanat comme une simple question économique. Il y voit également une responsabilité envers un héritage familial et culturel. Il espère pouvoir, à l’avenir, transmettre ce métier à ses enfants, afin qu’ils le transmettent à leur tour à leurs propres enfants, permettant ainsi à sa famille de rester associée à cet artisanat et à celui-ci de continuer à vivre de génération en génération.
Des fils de soie au mouvement du métier à tisser, Dirki continue, à l’aube de sa vie professionnelle, l’héritage de ses ancêtres. Il est convaincu que préserver le brocart ne consiste pas seulement à conserver ses outils et ses techniques de fabrication, mais aussi à transmettre sa passion à une nouvelle génération capable de poursuivre cette histoire.

Une mémoire historique vivante
De leur côté, plusieurs visiteurs ont souligné que le brocart damascène constitue une mémoire vivante des anciennes industries nationales et témoigne de la créativité de l’artisan syrien à travers les générations. Ils ont estimé que ce produit dépasse le simple statut de tissu luxueux pour incarner une part de l’identité nationale et civilisationnelle, tout en condensant, à travers ses motifs et ses couleurs, une partie de l’authenticité du patrimoine syrien.
Ils ont également exprimé leur admiration pour l’extrême précision requise dans la fabrication du brocart et pour le savoir-faire transmis de génération en génération, qui permet à l’artisan syrien de travailler les fils d’or et d’argent, de les associer à la soie naturelle et de les transformer, sur le métier à tisser manuel, en motifs et en formes reflétant la richesse et l’authenticité de l’artisanat damascène.
Le brocart damascène est historiquement associé à plusieurs familles de Damas qui ont préservé ce métier. Sa continuation aujourd’hui constitue un exemple de la capacité des métiers artisanaux traditionnels à survivre et à se renouveler malgré l’évolution des conditions de production et des marchés.
Les activités de la 63e édition de la Foire internationale de Damas se poursuivent sur le site de la Cité des foires à Damas jusqu’au 4 septembre.



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