Daraa, (SANA) Le sud de la Syrie a connu, au cours des derniers jours de juin en cours, une escalade sur le terrain marquée par des incursions répétées des forces d’occupation israéliennes, notamment dans la banlieue de Daraa.
Ces incursions se sont accompagnées de bombardements d’artillerie, d’ouverture de feu, ainsi que de survols d’hélicoptères et de drones israéliens, semant la panique parmi les habitants et provoquant le déplacement de plusieurs familles.
Ces événements ont suscité une large vague de condamnations arabes et internationales, tandis que les Nations unies ont réitéré leur appel au respect de l’Accord de désengagement de 1974, au plein respect du droit international et de la souveraineté de la République arabe syrienne.
Escalade militaire dans la banlieue de Daraa
Le 28 juin 2026, le correspondant de SANA à Daraa a indiqué que les forces d’occupation israéliennes avaient installé un nouveau point de contrôle militaire à proximité de Jamla, dans la banlieue ouest de Daraa, moins de vingt-quatre heures après l’établissement d’un autre point de contrôle situé à environ 200 mètres seulement, illustrant ainsi la poursuite de la consolidation de leur présence militaire dans la région.
Le même jour, plus de cinq véhicules militaires israéliens ont pénétré dans le village d’Abidine, dans le bassin du Yarmouk, à l’ouest de la banlieue de Daraa. Les forces d’occupation y ont dressé deux points de contrôle et soumis les passants à des fouilles, avant d’ouvrir le feu en direction des habitants lors de leur retrait.

Elles ont également tiré des fusées éclairantes au-dessus de la région, tandis que le village et ses environs étaient visés par des obus d’artillerie. Par la suite, des hélicoptères israéliens ont ouvert le feu à l’aide de mitrailleuses lourdes sur le village, alors que les avions israéliens continuaient de survoler les banlieues de Daraa et de Quneitra.
Ces développements ont contraint plusieurs habitants du village d’Abidine à se déplacer vers les localités voisines. Les habitants ont également bloqué les routes avec des pierres afin d’empêcher toute nouvelle incursion militaire dans le village.
Selon Ahmad Al-Hajar, commandant des opérations de la Défense civile à la Direction des Situations d’urgence et de la Gestion des catastrophes dans le sud de la Syrie, les bombardements israéliens n’ont fait ni victimes ni dégâts matériels directs. Ils ont toutefois provoqué un climat de peur et de panique parmi la population, entraînant un déplacement limité de familles. Les équipes de la Défense civile ont poursuivi leurs opérations d’évacuation et assuré les besoins essentiels des familles déplacées, tandis que les drones israéliens continuaient de survoler la région.
Les incursions constituent une violation flagrante du droit international
Le ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés a condamné avec la plus grande fermeté les récentes agressions israéliennes, affirmant que les incursions dans les gouvernorats de Daraa et de Quneitra ainsi que le bombardement de zones civiles à l’artillerie constituent une violation flagrante de la souveraineté de la République arabe syrienne et de son intégrité territoriale. Il a souligné qu’elles représentaient également une violation manifeste du droit international et de la Charte des Nations unies, ainsi qu’une transgression évidente à l’Accord de désengagement signé en 1974.
Le ministère a ajouté que la poursuite de ces agressions compromettait les efforts visant à instaurer la sécurité et la stabilité, aggravant les souffrances des civils et faisant peser le risque d’une nouvelle escalade régionale. Il a appelé les Nations unies et la communauté internationale à assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures concrètes afin de mettre un terme aux violations israéliennes répétées et de garantir le respect de l’Accord de désengagement.
L’Accord de désengagement de 1974 et son cadre juridique
L’Accord de désengagement entre la Syrie et Israël, signé en 1974 à la suite de la guerre d’octobre 1973, constitue l’un des principaux dispositifs de sécurité dans la région. Il a institué une zone de séparation placée sous la supervision de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) et a défini des zones tampons ainsi que des zones à armement limité afin d’éviter tout affrontement militaire entre les deux parties.
Le 25 juin 2026, le Conseil de sécurité a réitéré à l’unanimité le mandat de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement jusqu’au 31 décembre 2026, soulignant l’importance de poursuivre la mise en œuvre de l’Accord et de veiller à son respect par toutes les parties, celui-ci constituant le cadre juridique régissant la situation dans la zone de séparation.

Le rapport du Conseil de sécurité pour le mois de juin 2026 a également indiqué que les forces israéliennes poursuivaient leur présence à l’intérieur de la zone de séparation et continuaient de franchir la ligne de cessez-le-feu ainsi que d’y mener des incursions. Le rapport a qualifié ces actes de violations répétées de l’Accord de désengagement de 1974 et a précisé que la majorité des membres du Conseil réclamaient le retrait des forces israéliennes ainsi que le respect intégral de l’Accord.
Lors d’une séance du Conseil de sécurité tenue le 22 juin en cours, l’Envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, a souligné que les actions militaires israéliennes dans le sud de la Syrie se poursuivaient « en violation de l’Accord de désengagement de 1974 ». Il a appelé Israël à respecter cet Accord, à libérer les civils détenus et à respecter la souveraineté ainsi que l’intégrité territoriale de la Syrie.
Un large soutien arabe et régional à la position syrienne
La Syrie a eu un large soutien arabe et régional quant aux incursions israéliennes, notamment de la part de la Turquie, des Émirats arabes unis, du Koweït, de l’Arabie saoudite et de la Ligue. Ils ont condamné ces incursions, affirmant que leur poursuite constituait une violation flagrante du droit international et de l’Accord signé en 1974, tout en réaffirmant leur soutien total à la souveraineté de la Syrie et à son intégrité territoriale.
Alors que le ministère syrien des Affaires étrangères affirme que ces opérations constituent une violation du droit international et de l’Accord de désengagement de 1974, les appels arabes et internationaux en faveur du respect de la souveraineté de la Syrie et des accords internationaux se poursuivent.
En outre, le Conseil de sécurité et les Nations unies continuent de souligner l’importance du rôle de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement, considérée comme le principal garant du maintien du cessez-le-feu et de la prévention d’une escalade dans la région.



André Chatta