Damas, (SANA) La commission directrice chargée de mettre en œuvre la stratégie « Syrie sans camps », présidée par le ministre des Situations d’urgence et de la Gestion des catastrophes, Raed al‑Saleh, a examiné ce dimanche avec la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme des personnes déplacées à l’intérieur du pays, Paula Gaviria Betancur, l’état d’avancement de la vision « Syrie sans camps » ainsi que les défis liés au dossier du retour volontaire, lors d’une réunion tenue au siège du ministère à Damas.
Suivi onusien de la mise en œuvre de la vision « Syrie sans camps »
La rapporteuse onusienne a présenté les résultats de sa tournée dans la campagne de Damas et ses rencontres avec les instances locales, précisant que les visites se poursuivront ultérieurement à Idleb, Raqqa et auprès de plusieurs ministères concernés, en vue de soumettre son rapport final aux Nations unies sur l’avancement du travail et ses exigences.
Les défis du retour volontaire des déplacés
Dans une déclaration au correspondant de SANA, al‑Saleh a indiqué que les discussions ont porté sur les principaux obstacles au retour des déplacés, notamment la faiblesse des infrastructures, beaucoup de mines, de restes de guerre et de décombres. Il a souligné l’importance de tirer parti des expériences internationales similaires, précisant que les gouvernorats organisent quotidiennement des convois de retour volontaire pour les familles inscrites, et que le nombre de personnes revenant à leurs régions augmentera progressivement malgré les défis.
Mobilisation financière pour garantir un retour sûr et digne
Le ministre des Finances, Mohammed Yisr Barnieh, a affirmé que le gouvernement s’emploie à mobiliser les ressources financières nécessaires pour garantir un retour sûr et digne, que ce soit par le biais du budget général de l’État ou par des opportunités de financement extérieur. Il a salué le rôle du ministère des Affaires étrangères et des Expatriés dans la mobilisation du soutien international et la coordination des efforts gouvernementaux.
L’ampleur des camps et les efforts de réhabilitation
L’ingénieur Ahmad Chehada, membre du comité exécutif chargé de la réhabilitation des infrastructures dans les zones détruites du gouvernorat d’Idleb, a révélé que le recensement général a enregistré 736 camps abritant environ 91 000 familles, et que la coordination se poursuit actuellement avec les personnes souhaitant revenir, en coopération avec les ministères des Affaires sociales et du Travail, ainsi que des Situations d’urgence et de la Gestion des catastrophes. Il a précisé que des convois de retour ont été organisés en collaboration avec les organisations de la société civile.
Chehada a indiqué que 1081 familles sont revenues depuis le début du programme, tandis que 1150 familles ont exprimé leur souhait de retourner dans leurs régions d’origine, soulignant la poursuite des efforts pour assurer le transport, le soutien logistique et faciliter le retour du plus grand nombre possible au cours de la période à venir.
Appui onusien à l’approche syrienne du dossier des déplacés
Pour sa part, la rapporteuse onusienne a salué les efforts déployés pour traiter le dossier des déplacés, estimant que placer ce dossier au cœur du travail politique et institutionnel, reflète une volonté claire et sérieuse de s’attaquer à l’une des questions humanitaires les plus complexes. Elle a ajouté que l’existence d’un plan clair, d’un comité spécialisé et d’une mise en œuvre effective sur le terrain rend l’action syrienne tangible et non une simple couverture médiatique .
Création d’un comité interministériel pour faciliter le retour des habitants
Il convient de rappeler que le décret n° 59 de l’année 2026, publié en mars dernier, prévoit la création d’un comité présidé par le ministre des Situations d’urgence et de la Gestion des catastrophes, chargé de préparer les infrastructures dans les zones détruites en vue du retour des habitants. Ce comité comprend les ministres des Finances, des Travaux publics et du Logement, des Affaires sociales et du Travail, de l’Administration locale et de l’Environnement, ainsi que les gouverneurs d’Alep, Hama et Idleb, et le directeur de la coopération internationale au ministère des Affaires étrangères et des Expatriés.






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