Damas, (SANA) – Le ministre des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad Hassan al-Chaibani, a affirmé que les relations syro-turques connaissent un développement avancé, les qualifiant de « relations stratégiques » qui s’inscrivent jour après jour dans un volet de coopération englobant les différents secteurs essentiels.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Hakan Fidan au Palais du Peuple à Damas aujourd’hui, Al-Chaibani a précisé que le président Ahmad al-Charaa a tenu des entretiens avec la délégation turque portant sur plusieurs dossiers importants, notamment la coopération économique et commerciale, en particulier après la levée des sanctions américaines visant la Syrie, ainsi que le renforcement de la coopération sécuritaire, militaire et de renseignement.
Il a ajouté que les entretiens ont également porté sur des dossiers relatifs au retour des réfugiés, y compris le soutien au retour volontaire et digne des Syriens, ainsi que la mise en œuvre de projets économiques dans la région. Les deux parties ont également abordé des questions sécuritaires liées à la lutte contre le terrorisme et à la prévention du retour du réseau (Daech), en plus de l’élaboration d’une vision commune concernant le nord-est de la Syrie, avec un accord total sur ces questions.
Al-Chaibani : les FDS n’ont pas montré de sérieux dans l’application de l’accord du 10 mars
En réponse aux questions des journalistes, Al-Chaibani a indiqué que l’accord du 10 mars avec les (FDS) exprime la détermination syrienne à unifier le territoire national, mais les FDS n’ont pas fait preuve de sérieux dans sa mise en œuvre. Il a précisé que Damas a récemment soumis une proposition visant à relancer l’accord et a reçu une réponse qui est actuellement en train d’examen.
Concernant la vision du gouvernement pour la région de la Jazira syrienne, le ministre a souligné qu’elle constitue une partie essentielle de la Syrie et ne peut être ignorée. Il a affirmé que l’État accorde un grand intérêt à ce dossier et que tout retard dans le processus d’intégration de la part des FDS a des répercussions négatives sur les habitants de la région, toutes composantes confondues, affectant la situation des services et de l’économie. Il a ajouté que le dossier de la Jazira représente une priorité majeure pour l’État au cours de la prochaine année.
Fidan affirme le soutien de son pays à la stabilité de la Syrie et au renforcement de la coopération
De son côté, le ministre turc des Affaires étrangères a indiqué que sa visite actuelle coïncide avec l’anniversaire de sa première visite en Syrie après sa libération. Il a précisé que la délégation turque, comprenant le ministre de la Défense Yaşar Güler et le chef des services de renseignement İbrahim Kalın, a mené des entretiens fructueux avec le président al-Charaa, le ministre al-Chaibani et plusieurs responsables, portant sur des questions régionales et bilatérales dans le cadre d’une coopération stratégique.
Fidan a affirmé que la Turquie et le président Recep Tayyip Erdoğan accordent un grand intérêt à la stabilité de la Syrie et apportent tout le soutien nécessaire dans ce cadre.
Il a indiqué que les discussions ont également porté sur les contacts en cours entre la Syrie et Israël, estimant que parvenir à des résultats dans ce volet a une grande importance pour la stabilité de la région. Il a appelé Israël à abandonner ses politiques expansionnistes et à adopter une approche fondée sur le dialogue et la compréhension afin de parvenir à une paix régionale et mondiale.
Concernant les pourparlers entre le gouvernement syrien et les FDS, le ministre turc a souligné que son pays soutient ces pourparlers, affirmant que l’intégration des FDS dans l’administration syrienne doit se faire par le dialogue et la réconciliation, dans l’intérêt de tous, et que toute autre volet entraverait la sécurité et la stabilité de la Syrie.
Fidan a ajouté que les FDS ne montrent pas d’intention réelle de progrès, en raison de leur coordination avec Israël, ce qui constitue un obstacle majeur devant les discussions avec Damas.
Fidan : La lutte contre Daech est une priorité commune
Fidan a précisé que la lutte anti-Daech représente une priorité commune, soulignant que la Syrie est désormais membre de la coalition internationale contre ce groupe terroriste.
Il a également indiqué que les deux parties ont discuté des dossiers du commerce, du retour volontaire des réfugiés, du secteur de l’énergie et des questions logistiques. Il a noté que le monde a observé au cours de l’année écoulée un modèle de gouvernance ayant permis d’instaurer la stabilité en Syrie sous la direction du président al-Charaa.
Il a souligné que le commerce frontalier entre la Syrie et la Turquie constitue un élément important de l’interconnexion régionale, ajoutant que la Syrie représente un portail d’entrée entre la Turquie, les pays arabes et l’Europe.
Fidan a insisté sur le fait que la coopération régionale, commerciale et économique représente une opportunité majeure à laquelle la Turquie accorde un grand intérêt, affirmant que la stabilité de la Syrie signifie également la stabilité de la Turquie. Il a estimé que la levée de la loi César favorisera l’arrivée d’investissements en Syrie, considérant cela comme un facteur positif important pour la stabilité de la région, et a adressé ses remerciements à l’administration américaine, en particulier au président Trump.
Concernant l’accord sur Gaza, Fidan a indiqué qu’une réunion tenue à Miami, réunissant les États-Unis, l’Égypte, le Qatar et la Turquie, a porté sur la deuxième phase de l’accord. Il a précisé que la partie américaine a soumis un projet mettant l’accent sur la priorité de la reconstruction de Gaza et l’organisation du travail des comités et des institutions, et que la deuxième phase débutera au début de l’année prochaine sous une administration palestinienne du secteur.
Plus tôt dans la journée, le président Ahmad al-Charaa avait reçu au Palais du Peuple à Damas la délégation turque, en présence du ministre des Affaires étrangères et des Expatriés Assaad Hassan al-Chaibani, du ministre de la Défense, le général Murhaf Abou Qasrah, et du chef des services de renseignement général, Hussein al-Salama, afin d’examiner les relations bilatérales et de discuter des derniers développements régionaux.
AM. / A.Ch.