Damas, (SANA) L’économie syrienne connaît en 2026 une transformation progressive de son environnement des affaires, marquée par une forte hausse du nombre de nouvelles entreprises, un intérêt croissant pour l’entrepreneuriat et un afflux d’investissements dans le secteur technologique.
L’immatriculation de plus de 10 000 entreprises et registres commerciaux au cours du premier semestre figure parmi les principaux indices de la montée en puissance de l’activité économique, parallèlement au lancement de l’Agenda national des start-up et à l’annonce du premier investissement direct étranger dans une entreprise technologique syrienne, des initiatives qui reflètent une orientation vers une économie davantage fondée sur l’innovation et la transformation numérique.
Les nouvelles entreprises : une croissance qui reflète l’amélioration du climat des affaires
Le 1er août en cours, le ministère de l’Économie et de l’Industrie a annoncé l’enregistrement de plus de 10000 entreprises et registres commerciaux au cours du premier semestre de l’année. Ce total comprend 7 619 entreprises individuelles, 713 sociétés en nom collectif, 2 087 sociétés à responsabilité limitée, 46 sociétés anonymes et 56 sociétés en commandite.
Abordant les données du premier semestre, le ministère a indiqué que cette progression était le résultat de l’amélioration du climat d’investissement, de l’efficacité du système du guichet unique, de l’ouverture économique après la libération, des nouvelles décisions et politiques, ainsi que des procédures simplifiées et des facilités accordées au secteur des affaires.
Le ministère a également souligné que ces indices témoignent du maintien de la dynamique économique, de l’amélioration du climat d’investissement et du soutien à une économie plus ouverte et davantage tournée vers l’investissement.
Le secteur privé : une importance stratégique pour la construction de l’économie nationale
Le secteur privé et la création de nouvelles villes industrielles revêtent une importance particulière dans la reconstruction de l’économie nationale. L’État syrien accorde un intérêt particulier au renforcement du partenariat avec le secteur privé et au développement des cités industrielles afin de relancer l’économie.
Dans ce contexte, le ministère de l’Économie et de l’Industrie a lancé, le 6 juin dernier au Palais des congrès de Damas, la première Conférence nationale sur le dialogue avec le secteur privé pour l’année 2026, en coopération avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et en partenariat avec le gouvernement japonais. Cette initiative vise à permettre au secteur privé de contribuer à l’élaboration d’une vision commune pour l’avenir de l’économie syrienne, à définir les priorités de la reprise et les voies de construction d’une économie compétitive et durable fondée sur un partenariat efficace entre les secteurs public et privé.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Mohammad Nidal Al-Chaar, a affirmé que l’adoption d’une économie de marché ne signifiait ni l’absence de l’État ni l’abandon de la régulation des marchés, soulignant que les expériences réussies reposaient sur un modèle équilibré entre la liberté d’entreprendre et le rôle stratégique de l’État.
Le ministre a ajouté que le partenariat avec le secteur privé ne signifiait pas un transfert des responsabilités de l’État vers les investisseurs.
Il a également indiqué que le gouvernement œuvre pour la création de cités industrielles intelligentes et modernes, de plateformes logistiques intégrées ainsi que d’incubateurs dédiés aux technologies et à l’innovation, destinés à favoriser le transfert de connaissances et à devenir des pôles de production et de réassemblage reliant la Syrie aux marchés internationaux.
L’Agenda national : un cadre gouvernemental pour soutenir les start-up
Le 14 avril de cette année, sous le patronage du Secrétariat général de la Présidence de la République, s’est tenu à l’Université de Damas le lancement officiel de l’Agenda national des start-up, organisé par le ministère des Télécoms et des Technologies de l’information.
À cette occasion, le secrétaire général adjoint de la Présidence chargé du Conseil des ministres, Ali Kedah, a déclaré que les sanctions imposées au pays en raison des politiques du régime déchu avaient entraîné quatorze années d’isolement et privé les entreprises technologiques de l’accès aux financements, aux technologies et aux marchés, créant ainsi un écart entre les évolutions numériques mondiales et la réalité locale.
Il a précisé que le lancement de l’Agenda national des start-up technologiques constituait un cadre destiné à organiser les relations entre l’État et le secteur privé, à faciliter la création de nouvelles entreprises et à transformer la recherche scientifique en produits ainsi que les idées en projets durables, au-delà d’une simple augmentation du nombre d’entreprises.
Les jeunes : pilier de l’économie de la connaissance
Les jeunes jouent un rôle essentiel dans la nouvelle Syrie en matière d’entrepreneuriat et de développement économique. Les universités s’emploient à accueillir les idées innovantes des étudiants et à transformer les projets de fin d’études et les initiatives créatives en entreprises productives.
Dans une déclaration à SANA, le vice-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Ghaïth Warqouzq, a indiqué que les universités agissent selon deux axes principaux : soutenir les idées développées par les étudiants et tirer parti de l’expertise des enseignants et chercheurs syriens titulaires de diplômes avancés, qu’ils exercent en Syrie ou à l’étranger.
Premier investissement étranger : 10 millions de dollars pour le secteur technologique
Le 21 juillet dernier, lors d’un événement organisé au Khan Suleiman Pacha dans la vieille ville de Damas sous le patronage du ministère des Télécoms et des Technologies de l’information, a été annoncé le premier investissement direct étranger dans une start-up syrienne. Ce partenariat d’investissement, d’une valeur de 10 millions de dollars, concerne l’application « Labbay » et réunit des investisseurs d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
Le ministre des Télécoms et des Technologies de l’information, Abdul Salam Haykal, a indiqué à SANA en marge de l’événement que cette première annonce d’investissement étranger dans le secteur des start-up technologiques constituait une étape importante pour le développement de l’économie numérique et témoignait de la confiance croissante accordée au marché syrien, ainsi qu’aux compétences nationales.
Lors de la même manifestation, l’investisseur Amer Al-Zou’bi a expliqué à SANA que cette décision d’investir reposait sur la confiance dans les compétences syriennes et dans les capacités des jeunes Syriens dans les domaines de la programmation et du développement d’applications.
De son côté, le fondateur de la société « Labbay », Mahmoud Fawz, a fait savoir que le projet proposera une plateforme numérique unifiée pour les services du quotidien, exprimant l’espoir que cet investissement ouvre la voie à de nouveaux investissements dans le secteur technologique syrien.
Les évolutions enregistrées en 2026 mettent en évidence la complémentarité entre les réformes économiques et les politiques de soutien à l’innovation. L’immatriculation de plus de 10 000 nouvelles entreprises s’est accompagnée du lancement d’un programme national en faveur des start-up, du renforcement du rôle des jeunes dans les projets entrepreneuriaux et de l’arrivée du premier investissement direct étranger dans le secteur technologique.
Ces indices montrent que l’économie syrienne s’oriente progressivement vers une plus grande contribution du secteur privé, un renforcement de l’économie numérique et la création d’un environnement plus attractif pour les investissements fondés sur la connaissance et l’innovation, au service du développement et de la reprise économique.
André Chatta