Damas, (SANA) Les relations économiques entre la Syrie et les États-Unis connaissent en 2026 une transformation majeure, notamment après la décision du président américain Donald Trump d’engager les procédures légales visant à retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme. Cette mesure, qui fait suite à la levée des sanctions économiques et à l’abrogation de la loi « César », ouvre la voie à une nouvelle phase de coopération économique et d’investissement.
La décision de Trump ouvre une nouvelle étape économique
Le 8 juillet 2026, le président Donald Trump a informé le président Ahmad al-Charaa, dans une lettre officielle, qu’il avait demandé au Congrès d’engager les procédures légales pour retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, soulignant que cette décision visait à lever les obstacles à la reconstruction du pays.
À la suite de cette annonce, le président al-Charaa a mis en exergue la décision historique du président Trump de lever les sanctions et d’engager les démarches de retrait de cette désignation, estimant qu’elle constituait une étape importante pour soutenir la reprise économique et la reconstruction de la Syrie après sa libération.
Le même jour, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a fait savoir que cette décision historique ouvrait de nouvelles perspectives pour la reprise économique et les opportunités d’investissement.
Le Forum syro-américain des affaires transforme l’ouverture en opportunités d’investissement
Cette évolution s’est concrétisée avec la tenue, le 13 juillet 2026 à Damas, du premier Forum syro-américain des affaires, organisé par le ministère de l’Économie et de l’Industrie en coopération avec le Conseil d’affaires syro-américain, avec la participation de responsables, d’hommes d’affaires et d’investisseurs des deux pays.
À l’ouverture du forum, le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Nidal al-Chaar, a affirmé que la Syrie ouvrait un nouveau chapitre de ses relations économiques avec les États-Unis, fondé sur la coopération et le partenariat, soulignant que les récentes décisions américaines avaient levé les obstacles qui freinaient les échanges commerciaux.
Dans une intervention enregistrée diffusée par vidéoconférence, le secrétaire d’État adjoint américain, Jacob McGee, a souligné que la Syrie était passée d’une période d’isolement économique à une nouvelle phase d’ouverture, ajoutant que les États-Unis coopéraient avec le gouvernement syrien afin de faciliter la réintégration de la Syrie dans le système financier international.
Chevron et ConocoPhillips au cœur de la coopération énergétique
Le secteur de l’énergie apparaît comme l’un des principaux axes de coopération économique entre les deux pays, les discussions s’incarnent désormais par des projets d’investissement concrets.
En avril 2026, la Société syrienne du pétrole a annoncé la sélection du site destiné au premier projet d’exploration offshore en eaux profondes au large des côtes syriennes, en partenariat avec la société américaine Chevron et la société qatarie UCC, en vue du lancement des opérations techniques durant l’été 2026.
Le 11 mai 2026, la société a indiqué avoir reçu une confirmation officielle de Chevron concernant la poursuite du projet d’exploration gazière offshore, premier projet d’exploitation en eaux profondes de l’histoire de la Syrie.
Le 12 mai 2026, la Société syrienne du pétrole a également signé à Doha un mémorandum d’entente avec ConocoPhillips, TotalEnergies et QatarEnergy pour réaliser les études techniques relatives au bloc offshore n° 3 au large des côtes syriennes, en préparation du lancement de futures opérations d’exploration commerciale.
Lors du Forum syro-américain des affaires, le directeur général de la Société syrienne du pétrole, Youssef Qablawi, a indiqué que la majorité des mémorandums d’entente conclus avec des entreprises internationales avaient été transformés en contrats d’investissement, soulignant les importantes perspectives offertes par le secteur pétrolier et gazier.
Les réformes gouvernementales renforcent l’attractivité des investissements
Parallèlement à l’intérêt croissant des investisseurs internationaux, le gouvernement poursuit un programme de réformes économiques visant à améliorer l’environnement législatif et financier et à encourager le secteur privé.
Lors des séances de dialogue du Forum syro-américain des affaires, le ministre des Finances, Mohammad Yesser Berniyeh, a indiqué que son ministère était passé d’une logique de perception fiscale à une logique de développement et de partenariat avec le secteur privé, tout en poursuivant la modernisation du cadre législatif et financier afin de renforcer la transparence et l’attractivité des investissements.
Au cours du même forum, le ministre des Transports, Yaarob Badr, a annoncé le lancement d’un programme de réhabilitation du réseau routier stratégique reliant les gouvernorats aux ports et aux postes-frontières, tandis que le ministre des Télécoms et des Technologies de l’information, Abdul Salam Haykal, a souligné que le développement des infrastructures numériques et l’adoption d’une législation moderne constituaient des piliers essentiels pour attirer les investissements.
Le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Safwat Reslan, a, pour sa part, affirmé que la modernisation de la législation bancaire et le renforcement de la coopération avec les institutions financières internationales accompagnaient cette phase d’ouverture économique et contribuaient à la stabilité financière.
Banque mondiale et FMI : le secteur énergétique, pilier de la croissance
Dans son rapport économique sur la Syrie pour 2026, la Banque mondiale estime que l’augmentation de la production de pétrole et de gaz, l’amélioration de l’approvisionnement en électricité et l’arrivée de nouveaux investissements constitueront les principaux piliers de la croissance économique.
Le 23 avril 2026, le directeur régional de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, Jean-Christophe Carret, a souligné que la reconstruction des infrastructures et des services essentiels représentait une condition indispensable à la stabilité économique et sociale.
De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué, dans un communiqué publié le 25 février 2026, que l’économie syrienne commençait à bénéficier de l’amélioration du climat des investissements et de la reprise de l’activité économique, estimant que le développement du secteur énergétique figurait parmi les principaux moteurs potentiels de la croissance au cours des prochaines années.
André Chatta