Paris, (SANA) Davantage de clients haut de gamme et un pétrole moins cher ont permis à la compagnie franco-néerlandaise Air France-KLM de réaliser des résultats sans précédent, tant au niveau de son activité que de sa rentabilité.
Selon un reportage publié par le journal français « Libération », Air-France KLM se souviendra du cru 2025 comme de la meilleure année de son existence. Loin des années cauchemardesques du Covid-19, le groupe aérien franco-néerlandais a dégagé un bénéfice net historique de 1,75 milliard d’euros en 2025. Son chiffre d’affaires atteint également un niveau record à 33 milliards d’euros, en hausse de 4,9%, a-t-il annoncé ce jeudi 19 février. Ces résultats supérieurs aux attentes ont été bien accueillis à la Bourse de Paris où le titre de la société bondissait de plus de 11,15% peu après 16 h 30.
Et de poursuivre : « Le bénéfice net a quintuplé par rapport à 2024 mais cet exercice avait pâti de problèmes opérationnels et de l’évitement de Paris par une partie de la clientèle pendant les Jeux olympiques ».
Le précédent record de bénéfice datait de 2023, à 934 millions d’euros.
Pourtant l’entreprise n’a toujours pas retrouvé son volume de passagers de 2019, chiffré à 104,2 millions de personnes : ses compagnies Air France, KLM et Transavia en ont transporté 102,8 millions l’année dernière. Une hausse de 5 % sur un an.
Une marge en mode business class
« L’année dernière, la société a gonflé sa marge opérationnelle d’un point, à 6,1%, Air France tirant la tendance avec une rentabilité de 6,7% contre 3,2% seulement à KLM, qui a dit souffrir de la forte hausse des redevances aéroportuaires sur sa plateforme de correspondance d’Amsterdam-Schiphol » souligne le reportage.
Air France-KLM, au niveau du groupe, a bénéficié d’une « augmentation de 284 millions d’euros de la recette unitaire », Air France et KLM réussissant à attirer davantage de clients dans leurs classes avant (première, affaires et premium), plus rentables.
Mais l’ensemble a aussi profité d’une « baisse du prix du carburant de 394 millions d’euros », alors que le kérosène représente entre un quart et un tiers des coûts de fonctionnement des compagnies aériennes. Conséquence des investissements pour des produits plus luxueux, les coûts hors carburant ont néanmoins augmenté à un rythme supérieur aux recettes et plombé le bénéfice d’exploitation de 322 millions.
« Mais l’ensemble a aussi profité d’une « baisse du prix du carburant de 394 millions d’euros », alors que le kérosène représente entre un quart et un tiers des coûts de fonctionnement des compagnies aériennes. Conséquence des investissements pour des produits plus luxueux, les coûts hors carburant ont néanmoins augmenté à un rythme supérieur aux recettes et plombé le bénéfice d’exploitation de 322 millions », ajoute le reportage.
Transavia dans le rouge
Le groupe a continué à tirer parti de ses « recettes annexes », des suppléments acquittés par les passagers pour leurs bagages ou le choix de leurs sièges : celles-ci ont représenté 2,1 milliards d’euros en 2025 (+ 23 % sur un an). Cette orientation gagnante pour le groupe n’a toutefois pas permis à la compagnie low-cost Transavia de rester à l’équilibre comme en 2024 : elle a subi une perte d’exploitation de 52 millions d’euros.
Mais globalement « la stratégie de montée en gamme fonctionne plutôt bien », s’est félicité le directeur général de l’entreprise, Benjamin Smith, lors d’une conférence de presse à Paris. Il a assuré ne pas constater de désaffection massive envers les liaisons avec les Etats-Unis malgré les tensions géopolitiques : « Cela reste assez robuste » et ni Air France ni KLM n’ont l’intention de réduire leur desserte du pays, a-t-il affirmé.
Toujours pas de dividendes
Au pire des années Covid, le groupe avait perdu 10,4 milliards d’euros cumulés en 2020 et 2021. Soutenu par les États français et néerlandais, deux fois recapitalisé et après un plan d’économies incluant des départs de salariés, il en était sorti intrinsèquement plus rentable.
Le groupe a depuis manifesté son appétit pour la consolidation du secteur aérien européen, avec l’intégration espérée de la compagnie scandinave SAS et la volonté de disputer TAP Air Portugal à Lufthansa et IAG (British Airways, Iberia…).
Il reste néanmoins contraint par sa dette, qui atteignait 8,4 milliards d’euros fin 2025, une augmentation d’un milliard sur un an, mais dans la fourchette de ses objectifs. Pour 2026, Air France-KLM prévoit une capacité en hausse de 3 à 5%, une augmentation des coûts unitaires inférieure à 2% et « des dépenses d’investissement nettes d’environ 3 milliards d’euros », en particulier dans le renouvellement des flottes.
Malgré son bénéfice sans précédent, Air France-KLM ne prévoit pas de dividende cette année pour ses actionnaires, qui en sont privés depuis 2008. Ben Smith a affirmé jeudi qu’Air France-KLM serait en meilleure position pour de tels versements une fois atteint son objectif de marge de 8%, espéré à l’horizon 2028.
A.Ch.