Damas, (SANA) La réintégration de l’économie syrienne aux marchés et aux institutions financières internationales constitue aujourd’hui l’un des principaux objectifs économiques de la Syrie, après de longues années d’isolement et de sanctions provoquées par les crimes et les pratiques du régime déchu.
Avec le début de la levée des restrictions économiques extérieures et le rétablissement des canaux de communication avec les institutions financières internationales, de nouvelles opportunités émergent pour soutenir le commerce, attirer les investissements, financer les projets de reconstruction et renforcer la stabilité du secteur monétaire et bancaire.
Ces évolutions revêtent une importance particulière dans un contexte où l’économie syrienne continue de faire face à de nombreux défis.
Selon les estimations de la Banque mondiale, les années de guerre ont entraîné d’importantes pertes économiques et une forte contraction du produit intérieur brut (PIB).
L’Union européenne : l’économie syrienne a besoin de commerce et de financement
Dans le cadre des efforts internationaux visant à soutenir la stabilité économique, le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne en Syrie, Michael Ohnmacht, a déclaré lors de la Conférence sur le dialogue du secteur privé tenue à Damas début juin : « La Syrie a besoin de reconnecter son économie au monde, ce qui implique le commerce, le financement, les flux financiers et la reconnexion des banques syriennes au système bancaire mondial ».
Il a précisé que l’Union européenne avait levé ses sanctions économiques afin de faciliter ce processus et qu’elle continuerait à soutenir la Syrie dans sa phase de reconstruction.
Cette orientation fait suite à la décision du Conseil de l’Union européenne du 24 février 2025 de suspendre plusieurs mesures restrictives visant les secteurs de l’énergie, des transports, des services financiers et bancaires, avant de lever les sanctions économiques contre la Syrie le 20 mai 2025, dans le but de soutenir la reprise économique et la reconstruction.
Le président Ahmad al-Charaa : la levée des sanctions restantes est une étape fondamentale
Dans ce contexte, le président syrien, Ahmad al-Charaa, a souligné, lors de son entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump le 31 mai 2026, l’importance de la poursuite du soutien international à la Syrie pendant la phase de reconstruction et de reprise.
Il a affirmé que la levée des sanctions restantes constitue une étape essentielle pour permettre à l’économie syrienne de retrouver son dynamisme et d’améliorer les conditions de vie des citoyens.
Le président al-Charaa a ajouté que la fin des sanctions encouragerait les investissements et créerait un environnement favorable au retour des projets économiques et de développement dans les différents secteurs vitaux, contribuant ainsi aux efforts de développement et de stabilité.
Reconnecter le secteur bancaire au système financier mondial
La reprise des relations bancaires internationales représente l’une des conditions essentielles à la réintégration de l’économie syrienne dans les marchés mondiaux.
Le 24 février 2026, le processus de reconnexion des banques syriennes au réseau mondial de transferts financiers « SWIFT » a débuté, permettant l’exécution des opérations de commerce extérieur et des transferts financiers via les canaux bancaires officiels.
Cette dynamique s’est renforcée le 28 février 2026 lorsque la Banque centrale de Syrie a annoncé avoir finalisé le règlement de ses relations bancaires avec la Réserve fédérale de New York et rouvert son compte auprès de celle-ci.
Le FMI : la reprise dépend de la réintégration mondiale
Concernant la reprise économique en Syrie, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué, dans le communiqué final de sa mission en Syrie publié le 25 février 2026, que l’économie syrienne commençait à montrer des signes de reprise.
Cette amélioration est soutenue par le renforcement de la confiance des investisseurs et des consommateurs, la levée progressive des sanctions internationales ainsi que la réintégration de la Syrie dans les économies régionale et mondiale.
Le FMI a souligné que la reconstruction de la confiance dans le système bancaire, la modernisation des systèmes de paiement et le renforcement des capacités des institutions monétaires constituent des éléments fondamentaux pour soutenir la croissance économique et faciliter les activités commerciales et d’investissement.
L’institution a également annoncé la poursuite de son assistance technique à la Syrie dans les domaines de la modernisation du secteur financier et bancaire, du développement des politiques monétaires ainsi que du renforcement de la gouvernance et de la transparence.
Dans le même cadre, la Banque mondiale a approuvé le 23 avril 2026 un financement de 225 millions de dollars destiné à soutenir la restauration des services d’eau, d’électricité et de santé en Syrie. Elle a estimé que la réhabilitation des infrastructures et des services essentiels constitue une base indispensable pour parvenir à une reprise économique durable.
Enfin, le ministre des Finances, Mohammad Yesser Berniyeh, a indiqué lors de la Conférence sur le dialogue du secteur privé que la consolidation de la coopération avec la Banque mondiale, le FMI, la Banque islamique de développement et d’autres institutions financières et de développement régionales et internationales constitue un indice important du retour de la confiance dans l’économie syrienne, contribuant ainsi aux efforts de réforme économique, de reconstruction et de développement.
André Chatta