Damas, (SANA) Les cités industrielles en Syrie connaissent une phase de transformation économique notable, indiquant le début d’une reprise progressive du secteur industriel après des années de défis profonds.
Cette évolution est soutenue par des réformes législatives et des facilités d’investissement visant à relancer la production et à attirer des capitaux locaux et étrangers.
Une hausse de l’activité d’investissement et une amélioration du climat économique
Les données récentes montrent une augmentation significative de l’activité d’investissement, avec environ 11 000 investisseurs dans les cités industrielles, dont 294 investisseurs étrangers. Cela reflète une amélioration du climat d’investissement et un intérêt international croissant, notamment après les événements économiques et la Foire internationale de Damas.
Dans ce contexte, à la lumière de l’intérêt arabe et étranger croissant, le directeur des cités et zones industrielles, l’ingénieur Moayad Al-Banna, a déclaré précédemment à SANA : « la phase post-libération a été marquée par des visites et un intérêt accru de la part d’investisseurs arabes et étrangers », soulignant que cet intérêt s’est particulièrement manifesté lors des événements économiques.
Il a également indiqué que le nouveau système d’investissement, publié par la décision n° 438 du ministère de l’Industrie, comprend 26 articles offrant des incitations attractives.
Un environnement industriel favorable et des réformes stimulant la croissance
Concernant l’environnement industriel, avec un accent sur les infrastructures et les services, le président de la Fédération des chambres industrielles syriennes, Mazen Dirawane, a également précisé à SANA que les cités industrielles bénéficient de services essentiels tels que l’électricité et les eux usées domestique et industriel, ce qui en fait un environnement propice aux projets.
Il a ajouté que la libération des industriels des contraintes bureaucratiques et la facilitation de leur accès aux sources d’énergie et aux ports auront un impact positif sur l’expansion mondiale de l’industrie syrienne.
Adra et Hessia : des modèles d’une activité d’investissement en hausse

Parmi les cités industrielles, Adra se distingue comme un modèle d’activité croissante. Au premier trimestre de 2026, environ 88 parcelles industrielles y ont été proposées, dont 71 ont été souscrites, avec l’attribution de 38 parcelles, la délivrance de 124 permis de construire et de 7 licences administratives, indiquant une confiance accrue des investisseurs et une diversification des secteurs productifs.

À Hessia, le dynamisme se poursuit avec la mise à disposition de 76 parcelles industrielles, ayant attiré 16 nouveaux souscripteurs, dont un investisseur chinois dans le secteur du fer.
Facilités d’investissement et leur rôle dans l’attraction des investisseurs
Dans ce cadre, le chef du département de l’investissement, l’ingénieur Samir Mansour, a précisé que les parcelles proposées sont entièrement équipées et prêtes à l’investissement.
Il a précisé que la réduction de l’acompte à 5 %, avec la possibilité de paiement échelonné sur cinq ans, a contribué à attirer les investisseurs.
Il a également indiqué que 71 investisseurs ont été attribués après la phase de libération, contribuant à la remise en activité d’installations à l’arrêt et à la création de plus de 1 100 emplois.
Du côté des investisseurs, plusieurs d’entre eux, dont Wael Al-Dik et Hicham Youssef, ont souligné que les facilités offertes constituent une incitation importante à l’expansion et au lancement de nouveaux projets.
Cheikh Najjar : cœur de l’industrie syrienne et défis persistants
Dans la cité industrielle de Cheikh Najjar à Alep, la production se poursuit dans environ 960 installations, avec 100 autres en cours d’équipement, ce qui reflète la vitalité industrielle malgré les défis. Par ailleurs, 4 670 parcelles industrielles ont été attribuées, dont 1 357 sont en construction.
Dans ce contexte, le directeur général de la cité, l’ingénieur Chahoud Abdelaziz, a indiqué que les autorités concernées oeuvrent pour offrir de larges facilités, notamment en allégeant la charge fiscale, en apportant un soutien technique et juridique, et en facilitant l’importation de machines.
Il a révélé que le volume d’investissement attendu pourrait atteindre une augmentation de 300 % en raison de la forte demande.
Les infrastructures : principal défi à l’expansion

Concernant l’état des installations industrielles, Abdelaziz a indiqué que de nombreux industriels ont commencé à restaurer leurs installations en vue de leur remise en service, précisant que les industries textiles représentent la plus grande part de l’activité actuelle.
Malgré cette dynamique, il a qualifié de « délabré » l’état des infrastructures, notamment en ce qui concerne l’électricité, l’eau, les eaux usées et les routes, ce qui constitue un obstacle majeur à l’expansion industrielle.
Transfert de technologie et renforcement de la compétitivité industrielle
Le nouveau système d’investissement ne se limite pas à attirer des capitaux, mais contribue également au transfert et à la localisation de technologies industrielles, avec l’entrée d’investisseurs étrangers et le retour de capitaux syriens, ce qui améliore la qualité de la production et renforce la compétitivité de l’industrie nationale.
En dépit des effets persistants de la destruction des infrastructures et l’arrêt de nombreuses installations au cours des années passées, les indices actuels montrent un retour progressif de l’activité industrielle, soutenu par les efforts de réhabilitation et les incitations à l’investissement.
Vers un avenir industriel prometteur
En somme, les cités industrielles syriennes semblent aujourd’hui disposer d’une véritable opportunité de retrouver leur rôle de moteur essentiel de l’économie nationale, dans un contexte de confiance croissante des investisseurs et de poursuite des réformes.
Entre les défis liés aux infrastructures et les exigences du développement, une phase prometteuse se profile, susceptible de redonner à l’industrie syrienne sa place sur les scènes régionale et internationale, tout en ouvrant la voie à une croissance économique durable.
André Chatta