Damas, (SANA) L’économie syrienne connaît des transformations majeures après de longues années de déclin commencé avec le déclenchement de la guerre en 2011 par le régime déchu. Elle est passée d’une phase de forte contraction à des signes de reprise progressive en 2025, avec des prévisions d’une hausse importante en 2026, parallèlement à une augmentation notable du budget de l’État et au lancement de programmes liés à la reconstruction.
Ces évolutions interviennent à la lumière des déclarations du président Ahmad Al-Charaa le 20 mars, concernant l’amélioration des indices économiques et le début d’une phase de reprise, ainsi que des chiffres officiels relatifs au PIB et aux dépenses publiques.
L’économie syrienne avant 2011 – une phase de stabilité relative
Avant 2011, l’économie syrienne était relativement stable, avec un produit intérieur brut d’environ 60 milliards de dollars en 2010.
Plusieurs secteurs productifs étaient actifs, notamment l’agriculture, l’industrie, le pétrole et le textile.
Les industries liées à l’agriculture représentaient une part importante de la production nationale, tandis que les exportations comprenaient le pétrole, les produits industriels et les matériaux de construction.
Durant cette période, les finances publiques permettaient de financer les services essentiels, et l’État disposait de ressources énergétiques et d’une production locale réduisant la dépendance aux importations.
Le déclin pendant la guerre – un effondrement économique majeur
Avec le début de la guerre en 2011, l’économie syrienne est entrée dans une phase de déclin sévère qui a duré plus d’une décennie.
Parmi les principales évolutions :
- Le PIB a chuté d’environ 60 milliards de dollars à moins de 30 milliards de dollars en 2024.
- L’économie s’est contractée de plus de 50 % par rapport à 2010.
- Les recettes publiques ont fortement diminué.
- Les exportations et la production nationale ont reculé.
- Une grande partie des infrastructures et des capacités productives a été détruite.
Les estimations indiquent que le coût de la reconstruction dépasse 200 milliards de dollars, en raison des destructions massives des logements, des routes, des installations industrielles et des services publics.
Cette situation a entraîné une forte faiblesse des dépenses publiques, qui ont atteint des niveaux très bas durant les dernières années avant la reprise.
Début de la reprise en 2025 – amélioration de la croissance et des finances
Les données disponibles pour 2025 indiquent le début d’une reprise progressive :
- Croissance économique estimée à environ 30–35 %.
- PIB atteignant environ 32 milliards de dollars.
- Dépenses publiques d’environ 3,5 milliards de dollars.
- Réalisation du premier excédent budgétaire après plusieurs années de déficit.
Ces chiffres coïncident avec les déclarations du président syrien Ahmad Al-Charaa le 20 mars, affirmant que l’économie est entrée dans une nouvelle phase de reprise et que le gouvernement œuvre pour augmenter les dépenses publiques et à encourager l’investissement pour soutenir la stabilité économique.
Budget 2026 – une forte augmentation des dépenses de l’État
L’un des indices les plus importants de la reprise est l’augmentation du budget public pour 2026 :
- Budget estimé à environ 10,5 milliards de dollars.
- Augmentation d’environ cinq fois par rapport à 2024.
- Environ 40 % du budget consacré aux services.
Cette hausse reflète une amélioration des capacités financières de l’État et une orientation claire vers le soutien des secteurs essentiels comme l’électricité, l’eau, la santé et l’éducation.
Prévisions pour 2026 – retour au niveau d’avant-guerre
Les prévisions économiques indiquent que le PIB pourrait atteindre en 2026 :
- Entre 50 et 60 milliards de dollars
- Soit un retour au niveau de 2010.
Si ces estimations se réalisent, cela signifiera que l’économie syrienne aura récupéré l’essentiel de sa taille perdue pendant la guerre, ce qui constitue une étape essentielle avant la phase de reconstruction à grande échelle.
Importance de l’augmentation du budget pour soutenir l’économie nationale
L’augmentation des dépenses publiques joue un rôle central dans la reprise économique, notamment par :
- Le financement des projets d’infrastructure
- Le soutien aux services publics
- La création d’emplois
- La stimulation du marché intérieur
- L’encouragement de l’investissement
L’augmentation des dépenses permet également de relancer les secteurs productifs touchés par la guerre, ce qui est indispensable pour une croissance durable.
Le rôle de la reprise économique dans la reconstruction
La reconstruction de la Syrie nécessite des ressources financières considérables, estimées à plus de 200 milliards de dollars.
Elle ne peut être réalisée sans l’augmentation des recettes publiques, la stabilité monétaire, l’attraction des investissements et l’amélioration de la production nationale.
Ainsi, la hausse du PIB et du budget en 2025 et 2026 constitue un indice important de l’entrée dans la phase de reconstruction.
L’économie syrienne a traversé trois phases principales :
- Stabilité avant 2011
- Effondrement pendant la guerre
- Reprise à partir de 2025
Les indices en 2026 montrent qu’un tournant majeur est possible, notamment avec l’augmentation du budget de l’État et la hausse du PIB, ce qui renforcera la capacité du gouvernement à soutenir l’économie nationale et à financer la reconstruction, qui représente le plus grand défi de la période à venir.
André Chatta