Munich, (SANA) Le ministre des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad Hassan Al-Chaibani, a affirmé que l’année écoulée, malgré certaines réalisations, avait été marquée par de nombreux défis.
Lors d’une séance de dialogue tenue en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le ministre Al-Chaibani, a déclaré : « Nous avons œuvré pour reconstruire la structure de l’État et rétablir la confiance entre le gouvernement et le peuple, soulignant l’héritage d’un pays « épuisé par la guerre » et par une gestion qu’il a qualifiée de défaillante sous le régime déchu.
Il a affirmé que pendant quatorze ans, le régime déchu a consacré un état de division et qu’après la victoire de la révolution, l’idée de limiter les armes aux mains de l’État s’est consolidée.
Selon lui, la société syrienne reste fragmentée entre l’intérieur et l’étranger, confrontée à des défis humanitaires majeurs et à la dégradation des infrastructures.
Évoquant la situation sécuritaire, le chef de la diplomatie syrienne a accusé Israël d’avoir mené plus de mille raids aériens contre la Syrie depuis le 8 décembre 2024, ainsi que plus de 500 incursions terrestres et des occupations de nouvelles terres dans le sud du pays.
Il a assuré que les négociations en cours ne visent pas à entériner un « fait accompli », mais à obtenir le retrait israélien des zones pénétrées après cette date, la fin de toute ingérence et le respect de la souveraineté syrienne, notamment de son espace aérien.
Al-Chaibani a par ailleurs insisté sur le fait que la diversité syrienne constitue « une source de force » et que l’unité et l’intégrité territoriale demeurent des intérêts supérieurs. Il a souligné que l’État travaille « dans le cadre de la loi » et aspire à instaurer une culture politique favorisant la stabilité et le développement.
« La levée des sanctions internationales est cruciale pour relancer la reconstruction. Les camps de déplacés existent encore et de nombreux réfugiés syriens se trouvent à l’étranger », a rappelé le ministre, estimant que la fin des sanctions économiques permettrait d’accélérer le retour et la reprise.
De son côté, la ministre des Affaires sociales et du Travail, Hind Qabawat, a mis l’accent sur la stabilité et l’investissement comme priorités immédiates. Elle a mis en garde contre le retard dans la levée des sanctions, ce qui freine les investissements et retarde la création d’emplois.
« Le peuple syrien est en quête de travail, et lorsqu’il en trouve, les citoyens ressentent de la dignité, ce qui se soldera par la paix et la stabilité », a-t-elle déclaré, soulignant également le rôle central des femmes syriennes dans la reconstruction de l’État.
La sénatrice américaine Jeanne Shaheen, également présente lors du dialogue, a affirmé que la stabilité de la Syrie est cruciale non seulement pour la région, mais pour le monde.
Elle a mis en exergue les efforts visant à promouvoir la paix, la réconciliation et la fin de toutes les formes de violence, appelant la communauté internationale à soutenir la construction des institutions syriennes.
A.Ch.