Damas, (SANA) Le souk Al Tanabel (Les Paresseux), situé dans le quartier damascène de Chaalane, s’est imposé comme un symbole de la transformation sociale et économique en Syrie, en combinant les habitudes traditionnelles avec de nouvelles formes de consommation adaptées au rythme accéléré de la vie moderne.
Populairement connu comme le “marché des paresseux”, dans cet endroit on voit des fruits et légumes lavés, épluchés, coupés et prêts à cuisiner, dans une formule apparue à la fin des années 1980 pour faciliter les tâches domestiques et faire gagner du temps aux familles.
Un marché qui répond aux besoins et suit le rythme de la vie quotidienne à Damas
Dans ce souk particulier, les pommes de terre sont vendues épluchées, les oignons hachés et les courgettes préparées pour être farciés, une scène qui reflète la recherche de solutions pratiques face aux pressions économiques et sociales croissantes.
Le nom du marché, utilisé au départ sur un ton humoristique, fait référence à ceux qui préfèrent acheter des produits prêts à l’emploi. Cependant, vendeurs et clients s’accordent à dire que cette offre répond davantage à un besoin qu’à un luxe.
Selon les commerçants, le marché, autrefois réservé aux familles aisées, accueille désormais aussi des employés et des ménages moyens cherchant à gagner du temps à l’ombre des longues heures de travail.
Bien que plus chers de 30 à 50 %, ces produits restent très demandés grâce à leur commodité.
Un marché qui reflète l’esprit de Damas et sa capacité d’adaptation
Le marché, qui fait partie du quartier de Chaalane, est considéré comme l’un des principaux centres commerciaux et culturels de Damas, où coexistent boutiques de luxe, cafés, restaurants et commerces traditionnels fréquentés par des artistes, des journalistes, des diplomates et des habitants venant de différents milieux sociaux.
Au delà de sa fonction commerciale, Al Tanabel incarne l’adaptabilité de la société damascène, qui transforme les difficultés quotidiennes en nouvelles formes d’organisation sans rompre avec ses racines.
Pour beaucoup d’habitants de la capitale, le souk symbolise la continuité d’une ville cherchant à concilier tradition et modernité malgré les années de crise.



Ib.I / L.Arfi