Damas, (SANA) Le ministre de la Gestion des situations d’urgence et des catastrophes, Raed al-Saleh, a reçu mardi la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’homme des personnes déplacées, Paula Gaviria, pour discuter de la situation des déplacés en Syrie et des moyens de renforcer les efforts déployés pour assurer leur retour, ainsi que de soutenir les opérations de reprise et de déminage. La rencontre s’est tenue au bâtiment du ministère à Damas.
Le déminage, une priorité pour la reprise et le retour des déplacés
Le ministre Al-Saleh a déclaré à SANA que le déminage et l’élimination des déchets de guerre constituent une priorité absolue pour la Syrie, en raison de leur rôle essentiel dans les efforts de reconstruction, le renforcement de la sécurité alimentaire, la création des conditions propices au retour des habitants dans leurs régions d’origine et la reprise en toute sécurité de la scolarité des enfants.
Il a affirmé que ces opérations représentent la base cruciale du processus de reprise, soulignant que la persistance des mines entrave les investissements, ainsi que la mise en œuvre des projets de développement et de reconstruction.
Al-Saleh a souligné que le danger des mines antipersonnel pèse sur tous les citoyens, et non seulement sur les équipes de déminage, rappelant que ce travail figure parmi les activités les plus risquées, où la moindre erreur pouvait coûter la vie ou entraîner des blessures graves.
Vers une nouvelle approche de la gestion des camps
Dans une déclaration à l’issue de la rencontre, Gaviria a mis en avant la nécessité de développer une vision et une méthodologie pour gérer le dossier des camps et les programmes de retour volontaire. Elle a appelé à renforcer la coopération avec le Centre national de lutte antimines et à mobiliser les ressources nécessaires au profit des services nationaux compétents, en vue d’adopter une approche centrée sur les victimes et de garantir leur droit aux indemnisations et aux réparations.
Renforcer le soutien international et les programmes humanitaires
Concernant la coopération internationale, Gaviria a recommandé de maintenir et d’augmenter le financement de la réponse humanitaire en 2026, d’élargir les programmes de retour et de réintégration, et de considérer le déminage ainsi que l’assistance aux victimes comme une priorité humanitaire nécessitant un financement durable.
Elle a également appelé à renforcer le soutien aux groupes les plus vulnérables, à développer les services de protection et d’accompagnement psychosocial, et à garantir des environnements sûrs pour les enfants.
Gaviria a par ailleurs appelé les donateurs et les institutions financières internationales à garantir une allocation transparente et inclusive des fonds consacrés à la reconstruction et à la reprise, afin d’assurer une répartition équitable des ressources et d’inclure les zones les plus touchées. Elle a insisté sur la nécessité de prévoir un financement pluriannuel pour les programmes de déminage.
La Syrie face aux défis d’un retour durable
Gaviria a indiqué que la Syrie se trouve à un tournant décisif, soulignant que le nombre de personnes ayant regagné leurs foyers depuis décembre 2024 témoignait des aspirations des Syriens à la stabilité. Elle a toutefois relevé que cette dynamique pose également d’importants défis, nécessitant de garantir qu’il soit volontaire, sûr, digne et durable pour l’ensemble des personnes déplacées.
a.h./A.Ch.