Capitales, (SANA) La situation régionale et internationale s’aggrave avec une escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Le détroit d’Ormuz devient un point de confrontation directe, menaçant la sécurité énergétique mondiale et fragilisant une trêve déjà instable.
La situation dans le Golfe s’est aggravée après que les Émirats ont annoncé avoir intercepté des missiles et drones iraniens. Une attaque de drone a blessé trois personnes dans la zone pétrochimique de Fujaïrah, tandis qu’un pétrolier d’ADNOC a été touché la veille au nord de l’émirat.
L’attaque iranienne s’accompagne d’une escalade américaine dans le détroit d’Ormuz, où Washington affirme avoir détruit des embarcations iraniennes et intercepté missiles et drones, dans le cadre de l’opération « Projet Liberté » lancée par le président Donald Trump pour rétablir la navigation dans ce passage stratégique.
Selon le Commandement central américain, l’opération a dépassé le simple concept d’escorte des navires pour devenir un système de défense multicouche impliquant un large déploiement des forces navales et aériennes. Des rapports ont évoqué le passage de navires commerciaux sous protection militaire américaine, tandis que l’Iran a démenti ces informations.
Trump hausse le ton
Dans des déclarations à la chaîne Fox News, le président américain Donald Trump a durci son discours, avertissant que l’Iran serait « anéanti de la surface de la Terre » s’il ciblait des navires américains dans le détroit d’Ormuz. Bien qu’il affirme ne pas soutenir la guerre, il a insisté sur le fait que Washington ne permettra pas à Téhéran d’acquérir une arme nucléaire, plaçant l’Iran devant deux options : « un accord de bonne foi ou la reprise des combats ».
Trump a indiqué que les États Unis poursuivent le renforcement de leur présence militaire dans la région, affirmant disposer d’armes et de munitions plus avancées que jamais. Il a qualifié le blocus naval imposé à l’Iran de « plus grande manœuvre militaire de l’histoire ».
Fox News a par ailleurs rapporté, citant des responsables, que les États Unis sont désormais plus proches de reprendre les opérations de combat.
Mouvement international et projet de résolution contre l’Iran
Sur le plan diplomatique, le représentant des États Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a annoncé que Washington, en coopération avec les pays du Golfe, travaille à l’élaboration d’un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité visant à condamner l’Iran pour la fermeture du détroit d’Ormuz, soulignant que cette mesure affecte les économies du monde entier.
Le projet de résolution inclut également la condamnation des attaques iraniennes contre les navires commerciaux, la pose de mines et l’imposition de taxes dans la région, ainsi que la demande de révéler l’emplacement des mines posées et de tenir l’Iran responsable de ses violations du droit international, a précisé Waltz.
Parallèlement, le président du Conseil européen, António Costa, a appelé l’Iran à s’engager dans des négociations garantissant la pérennité du cessez le feu, mettant en garde contre les répercussions des violations du droit international sur la stabilité régionale.
Le Premier ministre pakistanais, Muhammad Shehbaz Sharif, a également exhorté au respect du cessez le feu entre Washington et Téhéran, le considérant comme une étape essentielle vers le dialogue.
Israël élève son niveau d’alerte et le Liban sous pression
Le journal « Israel Hayom » a rapporté que l’armée israélienne est en état d’alerte maximale dans le contexte de l’escalade dans le Golfe. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a tenu des consultations sécuritaires continues, alors que les évaluations indiquent une détérioration rapide de la situation avec l’Iran, susceptible de se prolonger plusieurs jours ou davantage.
Israël a accru sa préparation militaire et déployé de nouveaux systèmes antidrones au Liban, tandis que ses frappes sur le sud du pays se poursuivent malgré le cessez le feu, portant le bilan à 2 696 morts et 8 264 blessés.
De son côté, la milice du Hezbollah a annoncé de nouvelles attaques contre des cibles israéliennes, révélant la fragilité de la trêve et l’extension des tensions.
Par ailleurs, l’organisme de radiodiffusion israélien a évoqué des efforts américains visant à coordonner un nouveau cycle de négociations entre le Liban et Israël la semaine prochaine à Washington, avec la participation des ambassadeurs des deux pays.
Liban : un accord sécuritaire et l’arrêt des agressions comme condition à toute négociation
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé que toute rencontre avec Israël est conditionnée par un accord sécuritaire et la cessation des agressions, soulignant que le moment actuel n’est pas propice à une réunion avec Netanyahou.
Ormuz… le nœud énergétique
La poursuite des blocus iranien et américain accentue les pressions sur les marchés mondiaux, avec des risques de hausse des prix de l’énergie et de perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Avec l’intensification des tensions, le détroit d’Ormuz reste un point clé, influençant l’évolution entre apaisement ou escalade, malgré les efforts diplomatiques.
Ib.I./R.B.