Alep, (SANA) Le Musée national d’Alep retrouve les contours de sa mémoire archéologique grâce à un projet de formation qui documente les pièces et les organise selon des méthodes muséales modernes, alliant archivage numérique, photographie professionnelle et modélisation en trois dimensions.
Dans ce cadre, la première phase du projet de formation et de réorganisation s’est achevée hier dimanche au musée, un projet mené en partenariat avec l’UNESCO, le ministère italien des Affaires étrangères et l’Université de Florence, avec la participation d’étudiants et de diplômés du département d’archéologie de l’Université d’Alep.

Archivage numérique de la mémoire du musée
La responsable de la section d’archivage du projet de formation, Batoul Seris, a indiqué à SANA que le travail a porté sur la création de bases de données pour les pièces archéologiques, leur photographie, la réalisation de modèles 3D, ainsi que leur archivage.
Elle a précisé que le projet vise à documenter l’ensemble des pièces du musée et à les intégrer dans une base de données complète contenant leurs informations historiques, leur description scientifique et leur emplacement dans les réserves, contribuant ainsi à établir un système de documentation précis facilitant le travail des chercheurs et du personnel du musée.
Photographie et modélisation 3D
Pour sa part, la responsable de la section de documentation photographique du projet, Doniazad Omar Agha, diplômée en archéologie, a expliqué que la documentation reposait sur une photographie standard pour les pièces nécessitant une restauration ou présentant une importance moindre, et sur une photographie professionnelle pour les objets de grande valeur archéologique, en respectant des critères techniques permettant de mettre en évidence leurs détails avec une grande précision.
Omar Agha a ajouté que la documentation photographique constitue une référence scientifique essentielle pour les chercheurs et les étudiants, et contribue à l’élaboration de catalogues muséaux en fournissant des images de haute qualité et des données précises sur les dimensions et les numéros d’inventaire des pièces.
Elle a souligné que le projet avait permis aux participants d’acquérir de nombreuses compétences pratiques, notamment le nettoyage, le séchage et la conservation des pièces en céramique, leur description scientifique, la documentation photographique, l’archivage, ainsi que les techniques de prise de vue en trois dimensions.
Formation nationale et partenariat international
Le directeur des Antiquités et des Musées d’Alep, Mounir Qachqach, a souligné l’importance du projet pour soutenir les efforts de réhabilitation du Musée national d’Alep.
Il a expliqué que la phase actuelle avait permis d’organiser les pièces archéologiques dans des caisses dédiées et d’en archiver la majorité numériquement après les avoir numérotées de manière séquentielle, en vue de constituer un système de documentation muséale complet classant les objets selon leur matériau, leur période historique et leurs caractéristiques artistiques, et établissant pour chacun une identité scientifique incluant dimensions, spécifications, histoire et usages.
Qachqach a ajouté que le projet avait permis de former 22 diplômés du département d’archéologie de l’Université d’Alep, ainsi qu’un groupe de nouveaux employés de la direction, aux techniques de documentation, de présentation muséale et à l’usage des outils numériques modernes.
Il a précisé que l’Université de Florence avait fourni les équipements nécessaires — ordinateurs, appareils photo et matériel spécialisé — tandis que des experts internationaux supervisaient le transfert de compétences aux équipes syriennes. Les prochaines étapes porteront sur l’aménagement des réserves et la réhabilitation complète du musée.
Partenariat international et protection partagée
Pour sa part, Joseph Kreidi, responsable du secteur culturel au bureau régional de l’UNESCO à Beyrouth, a expliqué que le projet, financé par le gouvernement italien, comprend deux phases principales : la première consiste à former le personnel et les étudiants en archéologie aux méthodes de documentation, d’inventaire et de stockage ;

la seconde vise à aménager deux réserves sécurisées au sein du Musée national d’Alep pour conserver les pièces archéologiques selon les normes internationales.
Kreidi a exprimé l’espoir que ces efforts permettront d’organiser à l’avenir une exposition temporaire d’objets archéologiques, offrant ainsi aux habitants d’Alep et de Syrie l’occasion de découvrir une partie importante du patrimoine historique et culturel de la ville.
De son côté, Mohammad Thaer Barhoum, responsable de la police touristique dans le gouvernorat d’Alep, a affirmé la disponibilité des services de sécurité à contribuer à la protection des sites archéologiques et des visiteurs, soulignant que la préservation du patrimoine est une responsabilité collective impliquant les institutions culturelles, éducatives, gouvernementales et sécuritaires.
Ce projet s’inscrit dans les efforts visant à préserver le patrimoine culturel de la ville d’Alep et à réhabiliter son musée national, afin d’assurer la conservation et la documentation des objets archéologiques selon les normes muséales les plus récentes.
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