Damas (SANA) La Direction générale des antiquités et des musées a organisé, au Musée national de Damas, une exposition intitulée « La Syrie : du symbole à la lettre », à travers laquelle elle a présenté le patrimoine scientifique, civilisationnel et culturel de la Syrie, en mettant en lumière les étapes de l’évolution de l’écriture depuis des millénaires avant notre ère.
L’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités diplomatiques occidentales, dont l’ambassadeur de France à Damas, Jean-Baptiste Faivre, l’ambassadeur d’Italie en Syrie, Stefano Ravagnan, et le vice-ministre de la Culture Saad al-Naasan.
Des premières inscriptions à l’alphabet d’Ougarit
L’exposition a présenté des exemples des plus anciens moyens d’expression humaine, notamment des dessins et des symboles géométriques gravés sur pierre datant de la préhistoire, découverts sur des sites syriens tels que Tell Mureybet et Jerf el Ahmar. L’alphabet d’Ougarit a constitué la principale avancée dans l’histoire de l’écriture, en réduisant les symboles à trente lettres et en offrant au monde le premier système alphabétique écrit.
Ont été également exposées des pierres archéologiques datant du IIIe millénaire av. J.-C., provenant du site de Mari à Deir Ezzor, ainsi que des tablettes d’argile rédigées en écriture cunéiforme et en langue akkadienne.
En outre, une épée en bronze provenant de Ras Chamra a été présentée, sur laquelle est gravé le nom de l’un des pharaons d’Égypte en hiéroglyphes, ce qui reflète la profondeur des relations anciennes entre la Syrie et l’Égypte.
Témoins archéologiques de différentes époques
Les visiteurs et les délégations européennes ont découvert diverses pièces archéologiques.
L’exposition a fait la lumière sur le rôle pionnier de la Syrie dans la notation musicale, puisque le plus ancien exemple connu de « musique et de paroles » écrites sur une tablette d’argile a été découvert à Ougarit, et est considéré comme la première notation musicale de l’histoire.
L’exposition abordait la diffusion de l’écriture phénicienne, composée de 22 lettres, dans les villes de la côte syrienne à la fin du deuxième millénaire avant J.-C., sa transmission à la Grèce, puis le développement de l’écriture grecque pendant la période hellénistique, d’où émergèrent plusieurs écritures, telles que l’écriture nabatéenne et l’écriture syriaque, aboutissant à l’écriture arabe.
Le directeur des fouilles et des études archéologiques à la Direction des Antiquités et des Musées, Massoud Badawi, a déclaré à l’agence SANA que la Syrie est le berceau de la civilisation et de l’écriture, et que l’exposition met en lumière le développement de l’écriture du dixième millénaire avant J.-C. jusqu’à l’époque moderne, en insistant sur l’importance de sites tels qu’Ougarit, qui a été témoin de la transition de l’écriture syllabique à l’alphabet.



W.H./L.Arfi