Raqqa, (SANA) Au cœur du vaste désert syrien, au sud‑ouest de la ville de Raqqa, s’élèvent les imposantes ruines de la citadelle de Resafa, également connue sous le nom de Sergiopolis. C’est l’un des sites archéologiques les plus emblématiques du pays, témoin de siècles d’histoire, de foi et de civilisation.
Selon les sources historiques, Resafa, fondée à l’origine par les Assyriens, s’est développée et a prospéré durant les périodes romaine, byzantine et omeyyade, grâce à sa position stratégique sur une grande route caravanière près de l’Euphrate. Construite en calcaire blanc qui reflète intensément la lumière du soleil, elle était historiquement connue sous le nom de « Resafa la Blanche ».

L’empereur Justinien ordonna sa fortification
Sous la période byzantine, la ville atteignit son apogée au VIᵉ siècle, lorsque l’empereur Justinien ordonna sa fortification par d’immenses murailles de pierre entourant l’agglomération sur environ sept kilomètres. À cette époque, Resafa devint un centre religieux et de pèlerinage chrétien majeur, dédié à saint Serge, l’un des martyrs les plus vénérés en Orient.
Parmi ses monuments les plus remarquables figurent trois grandes églises, dont l’église de Saint-Serge, également appelée église du Martyre, considérée comme un joyau de l’architecture religieuse byzantine.

Resafa de Hicham
Sous la période omeyyade, Resafa connut une nouvelle ère de prospérité. Le calife Hicham ibn Abd al‑Malik en fit une résidence d’été, et elle devint connue sous le nom de « Resafa de Hicham ». Les fouilles archéologiques ont révélé l’existence de deux palais omeyyades, confirmant l’importance politique et administrative de la ville à cette époque.
En plus de ses fonctions religieuses et résidentielles, la ville jouait un rôle défensif essentiel, agissant comme une forteresse avancée contre les invasions potentielles grâce à son système de murailles, de tours et de réservoirs d’eau.

La splendeur de Resafa prit fin au XIIIᵉ siècle, lorsqu’elle fut dévastée lors des invasions mongoles, entraînant son abandon progressif et sa transformation en relique silencieuse du passé.
Aujourd’hui, Resafa demeure l’un des joyaux du patrimoine syrien, symbole de la richesse culturelle du pays et de l’interaction des civilisations qui, au fil des siècles, ont laissé leur empreinte au cœur du désert.


