Nairobi, (SANA) Les répercussions de la guerre en cours au Moyen-Orient commencent à se faire sentir sur le continent africain sur les plans sécuritaire, économique et diplomatique, malgré son éloignement des zones de combat directes, alors que des avertissements se multiplient quant à l’élargissement de l’impact du conflit sur les pays de la région.
Selon l’Agence France-Presse, le chercheur au centre de recherche « Carpo », Hubert Kinkoh, a déclaré que le continent est « structurellement affecté » par la guerre au Moyen-Orient en raison de « ses importations d’énergie, de la présence de bases militaires étrangères et de sa proximité avec des voies maritimes stratégiques » entre le golfe d’Aden et la mer Rouge, qui constituent l’une des voies commerciales les plus fréquentées au monde.
Des experts estiment que la région de la Corne de l’Afrique pourrait devenir une cible potentielle si le conflit s’élargit, en particulier Djibouti, qui abrite des bases militaires étrangères, dont deux bases américaine et française, et se trouve à proximité du Yémen, où les Houthis soutenus par l’Iran disposent d’un arsenal de missiles et de drones.
Le Somaliland, qui s’est déclaré indépendant unilatéralement, pourrait également devenir une cible potentielle en raison de la présence d’un port stratégique et d’une base militaire dans la ville de Berbera, gérés par les Émirats arabes unis, lesquels ont déjà été visés par des attaques de missiles et de drones.
Sur le plan économique, la guerre survient à un moment difficile pour de nombreux pays africains qui souffrent déjà d’un lourd endettement. Le conflit a perturbé le commerce mondial et entraîné une hausse des coûts du transport, de l’énergie et des denrées alimentaires.
De nombreux navires ont également été contraints d’éviter le passage par le canal de Suez et la mer Rouge et de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, ce qui a prolongé la durée des trajets maritimes et augmenté les coûts.
Au Nigeria, l’un des principaux producteurs de pétrole du continent, les prix du carburant dans les stations-service ont augmenté d’environ 14 % cette semaine. Le pays n’a toutefois pas pleinement profité de la hausse des prix mondiaux en raison de contrats d’exportation à long terme et de sa dépendance à l’importation de produits pétroliers raffinés.
Sur le plan diplomatique, l’Afrique du Sud fait face à des pressions croissantes après ses critiques à l’égard d’Israël et l’organisation, au début de l’année, d’exercices navals auxquels ont participé des navires de guerre iraniens, ce qui a suscité le mécontentement des États-Unis.
Selon l’Agence France-Presse, cette position pourrait exposer Pretoria à des pressions, voire à d’éventuelles sanctions américaines si les tensions internationales liées à la guerre s’intensifient.
L’agence a également souligné que la poursuite de la guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des conséquences plus larges pour l’Afrique, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur celui des équilibres sécuritaires et politiques dans la région.
L’escalade actuelle a également ravivé les inquiétudes internationales quant à une extension du conflit vers d’autres régions liées géographiquement et économiquement au Moyen-Orient, notamment les couloirs maritimes stratégiques comme la mer Rouge et le golfe d’Aden, par lesquels transite une part importante du commerce mondial.
Les répercussions de la guerre se font aussi sentir sur les marchés mondiaux de l’énergie et sur les routes maritimes, plusieurs compagnies de transport maritime ayant été contraintes de modifier les itinéraires de leurs navires pour éviter la mer Rouge et le canal de Suez. Cette situation a entraîné une hausse des coûts de transport ainsi que des prix de l’énergie et des marchandises dans de nombreux pays, y compris dans des États africains fortement dépendants des importations.
A.Ch.