Damas, (SANA)- À une époque où les histoires de réfugiés se sont transformées en chiffres et en statistiques, le parcours de Yusra Mardini se distingue comme un récit humain exceptionnel, mettant en lumière l’autre visage de l’asile : la détermination ferme, l’espoir et la capacité de transformer la souffrance en réussite. Des rivages de la mer Égée aux podiums olympiques, cette réfugiée syrienne s’est forgée une réputation qui dépasse les frontières du sport, devenant un symbole mondial de résilience.
Origines et débuts sportifs
Yusra Mardini est née en 1998 dans la ville de Daraya, au sud-ouest de Damas. Elle a commencé à s’entraîner à la natation dès son enfance avec le soutien du Comité olympique syrien. L’intéressée a participé à des compétitions internationales au nom de la Syrie, notamment aux Championnats du monde de natation en 2012.
Le voyage de demande de refuge
Avec l’intensification de la guerre en Syrie, Yusra et sa sœur Sara ont décidé de fuir en août 2015. Elles ont traversé le Liban et la Turquie, puis tenté de rejoindre la Grèce à bord d’un canot pneumatique qui transportait 20 personnes alors qu’il n’était prévu que pour six.
Lorsque le moteur est tombé en panne et que l’embarcation a commencé à couler, Yusra et Sara, accompagnées de deux autres passagers, se sont jetées à l’eau et ont tiré le bateau pendant trois heures jusqu’à atteindre l’île grecque de Lesbos, sauvant ainsi la vie de tous les occupants.
Elles ont ensuite poursuivi leur voyage à travers l’Europe avant de s’installer à Berlin, en Allemagne, en septembre.
Carrière sportive
Après son arrivée en Allemagne, Yusra Mardini a poursuivi son entraînement au sein du club « Wasserfreunde ». Elle a été sélectionnée pour l’équipe olympique des réfugiés aux Jeux olympiques de Rio 2016, où elle a participé aux épreuves du 100 m nage libre et du 100 m papillon.
Elle a également participé aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 avec l’équipe olympique des réfugiés.
Engagement humanitaire et reconnaissance internationale
En avril 2017, à l’âge de 19 ans, elle est devenue la plus jeune ambassadrice de bonne volonté du HCR.
Depuis sa participation aux Jeux olympiques de 2016, Yusra s’est tournée vers les dirigeants du monde, rencontré le pape et reçu de nombreuses récompenses. Elle est déterminée à poursuivre son engagement et à développer ses compétences en tant que défenseure de la cause des réfugiés.
Le magazine Time l’a incluse dans sa liste des 100 personnes les plus influentes au monde en 2023, aux côtés de sa sœur Sara.
Le parcours de Yusra est devenu une source d’inspiration mondiale, son histoire étant relayée par les médias internationaux, avec pour point culminant le film « The Swimmers », qui a remis en lumière les souffrances des réfugiés et leur capacité à se construire un avenir différent.
Yusra Mardini n’est pas seulement une nageuse olympique, mais un symbole mondial de courage et d’espoir. Son histoire, à partir de l’acte héroïque de sauver un canot de réfugiés à sa participation aux Jeux olympiques, a fait d’elle une voix puissante pour les réfugiés à travers le monde et un message disant apprendre que le sport peut être un moyen de survie et de changement.

Walaa Hamadeh
