Idleb,(SANA) La Direction des antiquités de Maarat al‑Numan, dans la banlieue d’Idleb, oeuvre à restaurer le musée de la ville, considéré comme le deuxième plus grand musée de mosaïques du Moyen‑Orient, après les lourds dégâts causés par des années de révolution, qui ont entraîné la destruction de parties du site et la perte de pièces rares.
Malgré son état actuel, le musée accueille désormais quotidiennement des délégations officielles et des visiteurs de Syrie et d’ailleurs, témoignant de sa valeur symbolique et de son lien profond avec la mémoire culturelle des Syriens.
Restauration du musée de Maarat al-Numan pour sauver la mémoire d’Idleb
Le musée remonte à l’époque ottomane, lorsqu’il fut construit comme un vaste khan sur ordre de Mourad Pacha, avant d’être restauré puis transformé en musée en coopération avec le ministère de la Culture, a expliqué, Abdel Salam al‑Hammou, chef du service des antiquités à Maarat al‑Nouman.
« Le musée s’est fait connaître par ses mosaïques provenant de la zone de Maarat al‑Numan et d’autres villes syriennes, précisant que dans ce gouvernorat comprend près de 750 sites archéologiques », a-t-il-indiqué.

Ces sites, dont le musée, ont subi de lourds dommages durant les années de la révolution et des violations, en raison des bombardements, des fouilles illégales et de l’expansion urbaine, a-t-il précisé.
Le musée a été frappé à plusieurs reprises par des missiles et des barils explosifs, causant la destruction de parties de ses galeries et l’endommagement de plusieurs mosaïques.
Aujourd’hui, des efforts locaux limités se poursuivent pour préserver ce qui reste et réhabiliter les sections touchées.
Mosaïques de Maarrat al‑Numan : patrimoine menace
De son côté, le chef de la section des bâtiments historiques, Mansour Zaatour a indiqué que les travaux se concentrent actuellement sur le renforcement des parties menacées d’effondrement et la documentation des dégâts, en préparation d’une restauration plus large à l’avenir, assurant que le mosaïque qui s’y trouve reflète un haut niveau de l’ancien Art syrien.
Il a souligné que le musé est le premier du bilad al-Cham et le deuxième du Moyen‑Orient après le musée de Zeugma qui abrite près de 1 300 m² de mosaïques, dont la célèbre “Naissance d’Hercule ”, découverte dans les années 1990 à Homs et datant de la fin du IIᵉ siècle.

Depuis la réactivation du service des antiquités, le musée a accueilli plus de cent délégations locales et étrangères, entre visiteurs découvrant le site pour la première fois et passionnés de patrimoine.
Zaatour a appelé à intensifier les efforts de restauration et à dynamiser le tourisme culturel, affirmant que la protection du patrimoine est une responsabilité collective nécessitant la coopération de toutes les parties.
Témoignages de visiteurs révélant la valeur du musée
Yasmine Chahadeh, une visiteuse venue d’Alep, a exprimé sa surprise face à l’ampleur de destruction dans le musée et sa fierté de voir des mosaïques millénaires encore préservées.
Elle a invité les Syriens à visiter le site afin de découvrir son histoire et son identité.
De son côté, Ghazwan Assaf, résidant en Allemagne qui visite le musée pour la première fois, a estimé que le lieu résume l’histoire de la Syrie, entre civilisation et destruction, considérant que la simple visite constitue un soutien pour empêcher la disparition de ce patrimoine.

Il a également exprimé son admiration pour les mosaïques, en particulier celle du paon, soulignant la nécessité de restaurer le musée et d’améliorer l’éclairage ainsi que les sols.
Il convient de rappeler que la construction du khan Morad Pacha remonte au XVIᵉ siècle avant qu’il ait transformé en musée abritant des mosaïques romaines et byzantines. Il est considéré comme l’un des principaux sites du nord de la Syrie avant de subir d’importants dommages causés par les bombardements du régime durant les années de la révolution.



Ibi / L.a