Damas, (SANA) La quatrième chambre criminelle de Damas a tenu, ce jeudi, la quatrième audience du procès d’Ahmad Hassoun, accusé d’incitation à la violence, de justification du meurtre et d’abus de fonction lorsqu’il occupait le poste de mufti de la République sous l’ancien régime.
Audience présidée par le juge Al‑Arian en présence du ministère public
L’audience a été présidée par le juge Fakhr al‑Din al‑Arian, assisté des conseillers Abdel Hamid al‑Hamoud et Houssam Abdel Rahman, en présence du représentant du ministère public, le juge Omar al‑Radi, ainsi que de délégués d’organisations nationales et internationales de défense des droits humains.
Extorsion financière et abus d’influence
Au cours de la séance, le tribunal a entendu des témoins du droit public qui ont révélé des faits d’extorsion financière et d’abus d’influence imputés à Hassoun.
L’un des témoins a relaté avoir été victime, avec sa famille, d’un chantage répété lié à la détention de sa sœur par les services de sécurité. Il lui aurait été demandé de verser environ 65 000 dollars américains, en plus de fournitures diverses comprenant l’achat de 20 abayas « pour les Iraniens », 100 kg de confiseries de luxe « pour les Russes », ainsi que du mazout, outre des demandes quotidiennes émanant du bureau de Hassoun.
Le témoin a ajouté que Hassoun jouait le rôle d’intermédiaire entre lui et le juge du tribunal antiterroriste, ce qui l’a contraint à payer 20 000 dollars pour obtenir la libération de sa sœur, intervenue après 58 jours de détention.
L’audience a également enregistré la présence de deux avocats représentant un groupe de plaignants. L’un d’eux a présenté un mémoire écrit demandant la condamnation de l’accusé pour avoir émis des avis religieux légitimant le meurtre et pour avoir exploité sa fonction.
Poursuite de la procédure judiciaire le 6 août prochain
Le tribunal a fixé au 6 août prochain la date de l’audience consacrée aux réquisitions, à la défense et à la poursuite des procédures judiciaires.
Il convient de rappeler que le procès a débuté le 25 juin dernier et porte sur des accusations liées à l’exploitation du poste de mufti pour établir des réseaux de relations étendues en dehors du cadre officiel avec le chef de l’ancien régime, des responsables sécuritaires et militaires, ainsi que des chefs de milices sectaires. Il inclut également des faits d’incitation à la répression des civils dans les zones insurgées, de soutien public à des officiers impliqués dans des crimes de guerre et d’appui aux interventions iranienne et russe en Syrie.
Efforts de la justice syrienne pour vérité et responsabilité
Ce procès s’inscrit dans les efforts de la justice syrienne visant à promouvoir la justice transitionnelle, à établir la vérité, à garantir les droits des victimes et à poursuivre les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité conformément aux procédures judiciaires en vigueur.
am