Damas, (SANA) La Syrie est entrée dans une nouvelle phase de la construction de ses institutions avec la tenue de la première séance de l’Assemblée du peuple depuis la libération du pays, un événement considéré comme l’une des principales échéances constitutionnelles de la période de transition.
L’ouverture des travaux de l’Assemblée marque l’aboutissement d’un processus politique et constitutionnel engagé depuis plus d’un an.
Ce processus a débuté par la création de la Haute Commission des élections de l’Assemblée du peuple, l’élaboration du règlement électoral provisoire, la conduite du processus électoral, puis la désignation par le président de la République Ahmad al-Charaa, du tiers complémentaire des membres, permettant ainsi l’achèvement de la composition de l’Assemblée et le lancement effectif du pouvoir législatif.
Dans ce contexte, l’Assemblée du peuple a tenu dimanche sa séance inaugurale à Damas, en présence du président al-Charaa, du président de la Haute Commission des élections, Mohammad Taha al-Ahmad, des 206 membres de l’Assemblée, ainsi que de plusieurs ministres. Les députés ont prêté le serment constitutionnel, ouvrant officiellement l’exercice des prérogatives du pouvoir législatif prévues par la Déclaration constitutionnelle, dans une étape destinée à renforcer la consolidation des institutions de l’État durant la transition.
Le président al-Charaa : l’Assemblée est un pilier de la construction de l’État
À l’ouverture de la séance, le président al-Charaa a fait savoir que la Syrie écrivait une nouvelle page de son histoire après la libération et que l’édification de l’État exigeait de faire prévaloir l’intérêt national et l’action commune.

Il a souligné que l’Assemblée du peuple serait un partenaire essentiel dans l’adoption des lois soutenant la reconstruction de l’économie, l’amélioration des services, ainsi que le développement de l’investissement et de la croissance.
Il a également appelé les membres de l’Assemblée à promouvoir la culture du dialogue, la primauté du droit et le respect des institutions, affirmant que le Parlement devait être « la voix du peuple et le soutien à l’État ».
Abdelhamid al-Awak élu président de l’Assemblée
À l’issue de la prestation de serment, les membres ont élu Abdelhamid al-Awak à la présidence de l’Assemblée du peuple avec 99 voix. Mustafa Moussa a été élu premier vice-président, Madonna Béchara deuxième vice-présidente et Mouayad Habib secrétaire.
Titulaire d’un doctorat en droit constitutionnel, Abdelhamid al-Awak a exercé les fonctions de magistrat avec le rang de conseiller au ministère de la Justice. Il a également été membre de la commission chargée de rédiger le projet de Déclaration constitutionnelle.
Dans sa première allocution, il a appelé à agir dans un esprit de responsabilité collective, à renforcer le rôle de l’institution législative et à coopérer avec le pouvoir exécutif afin d’accélérer l’adoption des lois nécessaires durant la période de transition. Il a également annoncé le lancement des travaux d’élaboration du règlement intérieur de l’Assemblée.
Un processus électoral ayant conduit au lancement de l’Assemblée
La tenue de cette première séance est l’aboutissement d’un processus électoral et organisationnel entamé en juin 2025 avec la création, par le décret présidentiel n° 66, de la Haute Commission des élections de l’Assemblée du peuple qui a supervisé l’élaboration du règlement électoral provisoire, l’organisation des collèges électoraux, ainsi que des tournées dans les gouvernorats afin de recueillir les avis des citoyens et des acteurs de la société. Une commission juridique a également été constituée pour veiller à la régularité des procédures et élaborer les propositions législatives.
Au cours de ce processus, le président al-Charaa a été informé des résultats des consultations menées par la Commission, soulignant l’importance de la transparence et d’une large participation reflétant la détermination des Syriens, avant de recevoir la version définitive du règlement électoral provisoire.
Vastes missions législatives attendues
Dès le début de ses travaux, l’Assemblée du peuple est appelée à examiner de nombreux dossiers constitutionnels et législatifs, notamment la proposition, l’adoption et la révision des lois, l’approbation du budget général de l’État, la ratification des traités internationaux, l’exercice du contrôle de l’action gouvernementale, ainsi que l’élaboration de son règlement intérieur au cours du premier mois de son mandat.
Parmi les principaux dossiers figurent également l’élaboration d’une Constitution permanente pour le pays et l’examen du projet de loi sur la justice transitionnelle, dans le but de renforcer la primauté du droit et d’accompagner la poursuite de la construction des institutions.
Un soutien au processus institutionnel
Parallèlement au lancement des travaux de l’Assemblée, le ministre des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad Hassan al-Chaibani, a estimé que l’achèvement de la composition de l’Assemblée du peuple illustrait la poursuite du processus de construction des institutions de l’État et reflétait le succès du processus électoral, ainsi que l’entrée dans une nouvelle phase de l’action institutionnelle.
De son côté, le Conseil d’affaires syro-américain « Syrian American Council » a considéré la tenue de la première séance de l’Assemblée du peuple comme une étape marquante de la période de transition et un pas important vers le renforcement des institutions nationales et le soutien à l’avenir de la Syrie.
André Chatta