Damas, (SANA) Ce que le président Ahmad Al-Charaa a présenté hier, dimanche, lors de son entretien exclusif avec la chaîne Al-Mashhad TV, constitue un cadre clair pour la phase que traverse actuellement la Syrie. Ce cadre repose sur une stratégie de développement global, de reconstruction, de réforme des institutions étatiques et de restauration des infrastructures, après des années de destruction et des décennies de défis accumulés par l’ancien régime.
Deux chercheurs spécialisés en affaires politiques et juridiques estiment que le discours du président Al-Charaa témoigne de l’engagement de l’État en faveur de la stabilité et du développement, et repose sur le renforcement de l’efficacité des institutions et la consolidation de la stabilité économique et sociale.
Ils ont souligné que les défis qui ont marqué la phase d’après la libération s’inscrivent dans le cadre des transformations naturelles surgies à la suite de la transition politique des pays sortant de crises et de guerres.
Consolider la stabilité et construire l’État
L’écrivain et politologue Abdul Karim Al-Omar a affirmé lundi dans une déclaration à SANA que les sujets abordés par le président Al-Charaa reflètent un état de confiance dans la phase actuelle et dans les réalisations accomplies par les dirigeants syriens, malgré la complexité des scènes intérieure et régionale et les défis internationaux, faisant savoir que la Syrie s’oriente vers la consolidation de la stabilité et la construction de l’État.
Al-Omar a expliqué que la voie tracée par le président en matière de développement économique, de reconstruction et de réforme des institutions étatiques confirme l’engagement de l’État à récupérer l’efficacité de ses institutions et à les développer, ce qui, à son tour, accélérera le développement et la reconstruction.
Il a fait savoir que la phase actuelle ouvre la voie à des priorités essentielles, notamment l’amélioration des services, la dynamisation de l’activité économique, l’achèvement du processus de redressement institutionnel, le renforcement de la cohésion sociale et la mise en œuvre d’une justice transitionnelle.
Début d’une nouvelle phase
Al-Omar a ajouté : « S’attaquer à un certain nombre de problèmes de sécurité qui ont mis l’État sous pression immédiatement après la libération représente le début d’une nouvelle phase de transformation vers l’établissement d’un État d’institutions et de droit », précisant que la stabilité durable est liée à la force des institutions, à l’état de droit, à la promotion de la justice, à la stimulation de l’économie et à la consolidation de la confiance sociale. »
Il a expliqué que le fait de surmonter de nombreux problèmes complexes, ainsi que de suivre une politique équilibrée, a contribué à renforcer la présence et le rôle de la Syrie, évoquant l’intérêt régional et international croissant pour le développement de la coopération et du partenariat avec l’État syrien, en fonction de son rôle aux niveaux régional et international.
Al-Omar a ajouté que la phase de victoire post-révolutionnaire représente un test de la capacité de l’État à instaurer la stabilité et à transformer les exigences du public en politiques et en programmes, ce qui contribue à renforcer la paix civile, à consolider la redevabilité et l’état de droit, à réaliser la reprise économique et à garantir les services de base aux citoyens.
Remédier aux effets de la phase précédente
Pour sa part, Al-Moatassem Billah Al-Kilani, chercheur en droit international et droits de l’homme, a expliqué que les conséquences des révolutions sont un phénomène naturel dans la plupart des transitions politiques, soulignant que le succès d’une révolution ne se mesure pas seulement au renversement du régime précédent, mais aussi à sa capacité à instaurer un État de droit et des institutions, à consolider la stabilité et à protéger les droits et les libertés publics.
Al-Kilani a assuré que les défis auxquels la Syrie est confrontée actuellement ne peuvent être dissociés de l’ampleur des destructions laissées par le régime défunt, expliquant que les phases de transition sont souvent marquées par des défis politiques, économiques et sociaux, mais que le facteur décisif est la capacité de l’État à contenir ces défis et à les empêcher de se transformer en une situation permanente qui menace la stabilité publique.
Piliers de la construction de l’État
Il a souligné que la consolidation de l’état de droit, le renforcement de l’indépendance des institutions, la protection des droits fondamentaux et l’instauration d’un climat de confiance entre le citoyen et l’État constituent des piliers essentiels à la réussite de cette étape, notant que les pays qui ont su surmonter des circonstances similaires sont ceux qui ont réussi à passer de la logique du conflit à la logique de l’État, de la gestion de crise à la construction institutionnelle, et à consolider le concept de citoyenneté inclusive.
Il estimait que la capacité de l’État syrien à maintenir l’unité des institutions, la continuité des services et le lancement de processus de redressement et de reconstruction constituaient des indicateurs positifs d’une volonté de surmonter les effets de la phase précédente, notant que la protection des acquis de la nouvelle phase pour la Syrie exigeait le renforcement de la réconciliation sociale, la consolidation de la justice et de l’état de droit, et la réalisation d’un développement équilibré qui garantisse la prévention de la récurrence des causes des crises qu’a connues le pays.
« Le président Al-Charaa a confirmé dimanche, lors d’un entretien exclusif avec la chaîne Al-Mashhad TV, que la Syrie s’engageait sur une voie stratégique claire fondée sur le développement économique, la reconstruction et la réforme des institutions étatiques ». a-t-il fait noter, ajoutant qu’il a souligné que le pays avait surmonté en peu de temps une période difficile et qu’il s’orientait progressivement vers la restauration de ses infrastructures économiques et de services, tout en travaillant à l’élaboration d’un modèle de développement global basé sur la réforme institutionnelle, l’amélioration des services et le développement de la production.
Le président Al-Charaa a affirmé que le modèle syrien de redressement n’en est qu’à ses débuts, mais qu’il progresse selon des indicateurs positifs, avec des travaux de réforme des secteurs de l’éducation, de la santé, de l’énergie, des banques, de l’agriculture et de l’industrie, ce qui renforcera la stabilité économique et instaurera une phase de développement global, et que la prochaine phase sera une phase de travail et de construction, et non une phase de conflit.
L.Arfi