Damas, (SANA) Le Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR) a documenté la mort d’au moins 3 799 civils, dont 1 000 enfants et 377 femmes, à la suite de l’explosion de mines terrestres et de restes de munitions à sous-munitions en Syrie, durant la période allant de mars 2011 à avril 2026.
Dans un rapport publié ce samedi sur sa chaîne Telegram, à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux mines, le réseau a indiqué que 329 civils, dont 65 enfants et 29 femmes, ont été tués depuis la chute du régime déchu le 8 décembre 2024, alors que les dangers liés aux restes de guerre persistent malgré le retour des habitants dans leurs zones.
Selon les données du réseau, 3 398 civils ont été tués par des mines terrestres, dont 862 enfants et 343 femmes, tandis que le nombre de victimes des restes de munitions à sous-munitions s’élève à 401 civils, dont 138 enfants et 34 femmes. Les chiffres montrent que les enfants représentent environ 26 % du total des victimes des mines terrestres, ce qui reflète l’impact considérable de ces restes explosifs sur les groupes les plus vulnérables.
La plus grande part des victimes de mines terrestres, selon le rapport, s’est concentrée dans les gouvernorats d’Alep (814 morts), de Raqqa (676), de Deir Ezzor (645), suivis de Hama (342), Daraa (274) et Idleb (222). Quant aux victimes des munitions à sous-munitions, la majorité d’entre elles se trouve dans les gouvernorats d’Alep, d’Idleb, de Hama et de Daraa.
Le réseau a estimé le nombre de blessés à environ 10 600 civils, dont un grand nombre souffre de blessures graves nécessitant des prothèses et des services de rééducation à long terme.
Le rapport a également relevé une hausse du nombre de victimes après la chute du régime déchu, parallèlement au retour des déplacés et à la reprise des activités agricoles. Plusieurs incidents ont eu lieu lors du labour des terres, de la collecte de truffes ou en raison de la manipulation par des enfants de restes de guerre.
Les rapports publiés par le Réseau syrien pour les droits de l’homme, fondé en juin 2011, sont considérés comme une source fiable par de nombreux organismes des Nations unies et par des médias internationaux. Le réseau est membre de la Coalition internationale pour interdire les armes à sous-munitions et de la Campagne internationale pour l’interdiction des mines terrestres.
Le 4 avril correspond à la Journée internationale de sensibilisation aux mines, instaurée par les Nations unies afin de mettre en lumière les dangers persistants des mines terrestres et des restes de guerre, et de renforcer les efforts internationaux pour leur élimination et la protection des civils. Ces restes explosifs constituent l’un des défis humanitaires les plus durables en Syrie, où ils continuent de menacer la vie des habitants même après le recul des opérations militaires.
M.Ch.