Damas, (SANA) La Syrie a connu ces dernières semaines d’importantes précipitations ayant touché la majorité des gouvernorats, entraînant une nette amélioration de la situation hydrique après une année précédente marquée par la sécheresse et la rareté des pluies.
Cette amélioration s’est particulièrement manifestée par l’augmentation du débit de la source d’Al-Fijeh, principale source d’eau potable pour Damas et sa banlieue, où le débit a dépassé les 10 mètres cubes par seconde, contre environ 3,5 mètres cubes auparavant, soit une hausse d’environ trois fois.
Cette augmentation reflète l’impact positif des fortes précipitations sur le bassin de la source, qui ont contribué à renforcer les apports en eau, avec des prévisions d’une amélioration supplémentaire si les conditions météorologiques actuelles persistent.
Remplissage des barrages et recharge des nappes phréatiques

Les effets des précipitations ne se sont pas limités à la source d’Al-Fijeh, mais se sont étendus à l’ensemble des barrages dans les différentes régions syriennes, où les niveaux de stockage ont considérablement augmenté, certains barrages atteignant des niveaux proches de leur capacité maximale, ce qui constitue un indice positif du rétablissement des réserves stratégiques en eau, notamment après une saison de sécheresse qui a lourdement impacté la sécurité hydrique et agricole.
Par ailleurs, ces précipitations ont contribué à la recharge des nappes phréatiques, un processus essentiel pour garantir la durabilité des ressources en eau à long terme, en particulier dans les régions dépendantes des puits comme principale source d’approvisionnement.
Impacts positifs sur l’agriculture pluviale

L’agriculture pluviale figure parmi les secteurs les plus bénéficiaires des précipitations, car elle dépend directement des pluies sans recours à l’irrigation. Avec l’amélioration des quantités de pluie cette saison, une hausse notable de la production agricole est attendue, notamment pour les cultures de blé, d’orge et de légumineuses.
Des spécialistes estiment que cette saison pourrait compenser en partie les pertes de l’année passée et alléger les pressions économiques subies par les agriculteurs en raison de la sécheresse et de la hausse des coûts de production.
Inondations dans le nord-est et impacts humanitaires

En revanche, ces précipitations n’ont pas été sans conséquences négatives. Le fleuve Khabour, dans le gouvernorat de Hassaké, a connu des crues importantes en raison de la hausse du niveau de l’eau, entraînant l’inondation de vastes terres agricoles et causant des dommages aux infrastructures dans certaines zones.
Les rivières de la région d’Idleb ont également enregistré une hausse de leur niveau, provoquant des inondations locales qui ont directement affecté les camps de réfugiés. Certains camps ont été submergés, entraînant le déplacement de nombreuses familles et la détérioration des tentes et des biens, dans un contexte d’appels croissants à une réponse humanitaire urgente.
Turbidité de l’eau potable : un phénomène temporaire
Les fortes précipitations ont été accompagnées d’une turbidité observée dans l’eau potable dans certains quartiers de Damas. Il s’agit d’un phénomène naturel dû au ruissellement des sédiments vers les sources d’eau.
Les autorités concernées ont affirmé que cette situation est temporaire et sans danger pour la santé, soulignant que la qualité de l’eau est régulièrement contrôlée à travers des analyses en laboratoire afin de garantir sa conformité aux normes en vigueur.
Les précipitations abondantes qui ont touché la Syrie cette saison constituent un tournant important dans la situation hydrique du pays, apportant des indices positifs quant à la récupération des ressources naturelles et au soutien du secteur agricole.
Cependant, ces bénéfices s’accompagnent de défis sur le terrain, notamment dans les zones fragiles souffrant d’infrastructures limitées, ce qui nécessite un équilibre entre la valorisation de cette ressource naturelle et le renforcement de la préparation face à ses effets secondaires.



André Chatta