Damas, (SANA) Le massacre de la prison de Palmyre, perpétré le 27 juin 1980, est considéré comme l’un des crimes les plus atroces de l’histoire contemporaine de la Syrie. Il marque le début d’une période caractérisée par une répression systématique et des exécutions de masse.
Quarante-six ans plus tard, ce massacre demeure profondément ancré dans la mémoire collective comme l’un des premiers exemples des politiques de violence mises en œuvre par le régime déchu contre ses opposants.
Le massacre de Palmyre : le début d’une époque sombre
Le massacre a eu lieu après que des hélicoptères militaires eurent transporté des éléments des Brigades de défense, présidées par Rifaat al-Assad, vers la prison militaire de Palmyre, où ils ont exécuté des centaines de détenus politiques dans leurs cellules.
Selon des estimations d’organisations de défense des droits humains, environ 600 prisonniers ont été abattus en quelques heures. Le chercheur français Michel Seurat, s’appuyant sur des documents des services de sécurité ayant fuité, a quant à lui estimé le nombre de victimes à 1 181.
De Palmyre à Hama : l’élargissement de la répression
Moins de deux ans plus tard, en février 1982, la ville de Hama a été la scène de l’un des massacres les plus meurtriers de l’histoire syrienne. L’offensive menée par Rifaat al-Assad a fait des dizaines de milliers de morts et entraîné la destruction de quartiers entiers, consacrant la punition collective comme une politique permanente du régime déchu.
Disparitions forcées et torture : un héritage toujours ouvert
Avec le déclenchement de la révolution syrienne en 2011, les violations des droits humains se sont intensifiées à une échelle sans précédent.
Selon le 14ᵉ rapport annuel (2025) du Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR), le régime déchu est responsable de la disparition forcée de 160 123 personnes, parmi lesquelles des milliers d’enfants et de femmes.
Le rapport recense également 45 032 détenus morts sous la torture dans les centres de détention jusqu’en 2025. Toutefois, le nombre réel de victimes serait bien plus élevé, comme en témoignent les fosses communes qui continuent d’être découvertes à travers le pays et qui révèlent l’ampleur des violations commises contre les Syriens.
Les armes chimiques : des crimes établis au niveau international
Les crimes du régime déchu comprennent également le recours aux armes chimiques contre des populations civiles.
L’attaque la plus meurtrière demeure celle de la Ghouta orientale, le 21 août 2013, qui a fait plus d’un millier de martyrs parmi les civils.
En juin 2024, la Cour d’appel de Paris a confirmé les mandats d’arrêt visant Bachar al-Assad pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Par ailleurs, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a conclu, dans plusieurs rapports successifs, que le régime déchu était responsable d’attaques chimiques contre des civils à Khan Cheikhoun, Al-Latamné et Saraqeb, ainsi que de l’attaque de Kafr Zita en 2016, qui avait fait 35 victimes.
Découverte d’éléments du programme d’armes chimiques après la chute du régime déchu
En mai 2026, l’OIAC a annoncé la découverte, sur plusieurs sites en Syrie, de munitions, de substances, d’équipements et de documents liés au programme d’armes chimiques du régime déchu, notamment des bombes aériennes, des missiles et des documents.
La mission syrienne auprès de l’organisation a indiqué que les investigations avaient mis au jour des munitions similaires à celles utilisées lors des attaques chimiques de 2013 et 2017, ainsi que des substances entrant dans la fabrication du gaz sarin.
André Chatta