Damas, (SANA) Le monde célèbre chaque année, le 18 juin, la Journée internationale de lutte contre les discours de haine, une occasion instituée par l’Assemblée générale des Nations unies afin de renforcer les efforts internationaux pour combattre les discours fondés sur la discrimination, l’incitation et l’intolérance, tout en consolidant les valeurs de respect mutuel et de coexistence pacifique entre les peuples et les sociétés.
Cette commémoration intervient à un moment où les défis relatifs à la propagation des discours de haine à travers les médias et les plateformes numériques ne cessent de croître, avec les risques qu’ils font peser sur la paix civile et la cohésion sociale dans différentes régions du monde.
Les Nations unies : les partenariats sont indispensables pour lutter contre les discours de haine
Dans son message à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine 2026, l’ONU a souligné que « la force des partenariats dans la lutte contre les discours de haine » constitue le thème central de cette année.
L’organisation a insisté sur le fait que la lutte contre ce phénomène nécessite une approche globale associant les gouvernements, les établissements d’enseignement, les médias, les institutions religieuses, les organisations de la société civile, les entreprises technologiques et les citoyens.
Les Nations unies s’appuient à cet égard sur leur Stratégie et Plan d’action contre les discours de haine, lancés le 18 juin 2019, ainsi que sur la résolution de l’Assemblée générale adoptée en juin 2025, qui appelle les États membres à promouvoir le dialogue entre les religions et les cultures et à renforcer les valeurs de tolérance, de compréhension mutuelle et de coopération comme outils essentiels pour faire face aux discours de haine.
L’organisation internationale a également rappelé que les discours de haine ne visent pas seulement des individus ou des groupes spécifiques, mais qu’ils menacent l’ensemble des sociétés et peuvent constituer un signal précoce annonçant des violences ou des conflits. Leur lutte représente donc une priorité mondiale nécessitant coopération et coordination entre tous les acteurs concernés.
L’ONU a par ailleurs souligné l’importance de l’éducation, des médias et de l’éducation au numérique pour renforcer la sensibilisation du public, permettre aux individus de distinguer les informations fiables des contenus nuisibles et soutenir les efforts visant à bâtir un environnement informationnel sain fondé sur le respect des droits humains ainsi que de la diversité culturelle et religieuse.
L’éducation et les médias au premier rang de la lutte
Pour les Nations unies, la maîtrise des connaissances et des compétences nécessaires pour identifier et contrer les discours de haine constitue l’un des moyens de prévention les plus efficaces.
L’éducation est ainsi considérée comme le pilier fondamental de la construction de sociétés plus résilientes face aux idées extrémistes et aux préjugés.
Dans ce cadre, la campagne des Nations unies « Non à la haine » poursuit ses actions de sensibilisation aux dangers des discours nuisibles, en particulier dans l’espace numérique, en mettant l’accent sur la protection des enfants et des jeunes contre les effets du cyberharcèlement et des contenus incitant à la haine.
Un intérêt syrien pour la promotion d’un discours modéré
Au niveau syrien, plusieurs initiatives officielles ont récemment mis en avant la nécessité de promouvoir un discours modéré, de consolider les valeurs de coexistence et de lutter contre les manifestations d’extrémisme et de haine.
Le ministre syrien de l’Information, Khaled Zaarour, et le ministre des Waqf, Mohammad Abou al-Khair Choukri, ont ainsi discuté lors d’une réunion tenue à Damas de l’importance de la complémentarité entre les rôles des médias et des institutions religieuses dans la protection de la société et le renforcement d’une conscience collective éclairée.
Les échanges ont porté sur le développement du discours médiatique et religieux afin de contribuer à la formation d’une conscience sociale équilibrée, ancrée dans les valeurs de modération et de tolérance, et capable de faire face aux discours de haine et à l’extrémisme. Les deux ministres ont également insisté sur le renforcement du travail institutionnel commun au service de l’intérêt national et sur la promotion de l’image authentique d’une pensée éclairée.
Par ailleurs, au début de l’année, le ministère syrien des Waqfs a adressé une circulaire aux responsables religieux et aux enseignants en sciences religieuses, les appelant à adopter un discours religieux modéré et fédérateur, favorisant les valeurs de fraternité et d’affection mutuelle, tout en s’éloignant des discours de haine et d’incitation susceptibles d’alimenter les tensions confessionnelles, religieuses ou ethniques.
Le ministère a précisé que ces orientations visent à consolider les principes du vivre-ensemble et de la paix civile entre les différentes composantes de la société, à préserver l’identité nationale syrienne fondée sur la diversité culturelle et la complémentarité sociale, et à garantir le respect de tous les citoyens tout en renforçant l’unité nationale.
Les Nations unies rappellent enfin que la lutte contre les discours de haine ne relève pas uniquement de la responsabilité des gouvernements, mais constitue également un devoir moral et sociétal impliquant les médias, les institutions religieuses et éducatives, ainsi que les individus et les plateformes de réseaux sociaux.
L’organisation estime que le mutisme face aux discours incitant à la haine peut favoriser leur propagation, tandis que le dialogue éclairé, la diffusion du savoir et la défense des valeurs de respect et de diversité contribuent à en limiter les effets.
André Chatta