New York, (SANA) Le président de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, Paulo Sérgio Pinheiro, a annoncé la fin de son mandat après quinze ans de service, évoquant des raisons de santé.
« C’est un honneur pour moi d’être aux côtés du peuple syrien, de faire entendre sa voix et d’attirer l’attention sur les violations systématiques des droits humains commises par toutes les parties en Syrie », a-t-il affirmé dans un communiqué sur le site de Humain Rights.
Il a ajouté que des centaines de milliers de Syriens avaient été arrêtés arbitrairement, victimes de disparitions forcées, déplacés ou tués depuis 2011.
« Pratiquement toutes les sortes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, définis par le Statut de Rome ont été authentifiés en Syrie », a-t-il souligné, estimant que ces exactions avaient profondément touché la société et gravement érodé la confiance de la population dans les institutions de l’État.
Selon lui, l’absence totale de la redevabilité et de la dissuasion a été le principal facteur de la poursuite de ces crimes pendant des années.
Pinheiro a estimé que la situation en Syrie offrait aujourd’hui davantage de perspectives, malgré les immenses défis auxquels le gouvernement reste confronté. Il s’est dit convaincu que les leçons tirées d’autres processus de transition pourraient contribuer à reconstruire le pays sur des bases solides, reposant sur des institutions légitimes et efficaces, un processus politique inclusif et transparent ainsi qu’un rétablissement économique équitable.
Il a également appelé à faire de la société civile syrienne un acteur central dans le processus de transition, mettant en avant le rôle majeur qu’elle avait joué au cours des dernières années ainsi que l’expertise qu’elle a acquise.
Pour lui, le démantèlement de plusieurs décennies de régime autoritaire sera un processus long et difficile, nécessitant la participation de l’ensemble des Syriens tout en garantissant le respect des droits humains, la redevabilité, une gouvernance inclusive et l’État de droit.
Créée en août 2011 par le Conseil des droits de l’homme, la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie est chargée d’enquêter sur les violations des droits humains commises dans le pays. Son mandat a été renouvelé à plusieurs reprises, la dernière fois en avril 2025.