Capitales, (SANA) Le massacre de Tadamon est revenu au premier plan de l’intérêt international après l’annonce par le ministère syrien de l’Intérieur de l’arrestation d’Amjad Youssef, principal criminel responsable de ce massacre, authentifié par des vidéos divulguées qui avaient secoué l’opinion publique mondiale il y a quelques années.
La nouvelle de son arrestation a dominé la couverture des médias arabes et internationaux. Le journal britannique The Guardian, qui avait révélé pour la première fois les détails du massacre dans une enquête en 2022, a considéré ce développement comme une étape décisive dans le processus de reddition de comptes pour l’un des crimes les plus atroces commis par le régime déchu contre le peuple syrien.
The Guardian : l’arrestation de « l’homme de l’ombre »
L’annonce de l’arrestation de Youssef a enflammé les médias et les réseaux sociaux, les plus grands journaux mondiaux se précipitant pour couvrir l’événement. The Guardian a décrit le criminel comme l’un des hommes les plus recherchés par la justice en Syrie après la chute du régime déchu.
Le journal a rappelé que le massacre de Tadamon, qui a coûté la vie à environ 288 civils, dont des enfants, avait été révélé pour la première fois à travers une série de vidéos filmées par les auteurs eux-mêmes, avant de parvenir à des chercheurs en Europe et de devenir la base d’une enquête publiée en 2022.
Le journal a également mentionné les investigations menées par les chercheurs « Annsar Shahhoud » et « Uğur Ümit Üngör » aux Pays-Bas, de l’Université d’Amsterdam et de l’Institut NIOD d’études sur la guerre et les génocides. Ils avaient surnommé Youssef « l’homme de l’ombre » en raison de la difficulté à localiser sa position, avant de parvenir, après deux années d’enquête, à identifier le lieu des exécutions et leurs auteurs.
Selon The Guardian, Youssef figurait parmi les personnes les plus recherchées après la chute du régime déchu, et il a été arrêté dans la banlieue de Hama à l’issue d’une opération sécuritaire précise annoncée vendredi par le ministère de l’Intérieur.
Le journal a également souligné que la publication de son enquête en 2022 avait conduit les États-Unis et l’Union européenne à imposer des sanctions contre Youssef, tandis que la France avait ouvert une enquête pour crimes de guerre liés à l’affaire.
The Guardian a ajouté que les habitants du quartier de Tadamon avaient accueilli la nouvelle de son arrestation avec un mélange de joie et d’amertume, estimant que le nombre réel de victimes pourrait dépasser le millier.
CNN : portrait du criminel
La chaîne américaine CNN, comme d’autres médias internationaux, a présenté un portrait détaillé de Youssef, le qualifiant d’ « agent des services de renseignement du régime déchu » et soulignant son rôle central dans le massacre de Tadamon, ainsi que les atrocités authentifiées dans les vidéos révélées par The Guardian en 2022.
Reuters : un des massacres les plus atroces authentifiés
L’agence Reuters a, de son côté, affirmé que le massacre de Tadamon, dans lequel Youssef a joué un rôle central, compte parmi les massacres les plus atroces authentifiés et commis par le régime déchu contre le peuple syrien.
Elle a précisé que des médias et des organisations internationales se sont rendus sur le site du massacre immédiatement après la chute du régime afin de l’inspecter et d’interroger des témoins. Le lieu est localement connu sous le nom de « fosse d’Amjad Youssef » et apparaît sur Google Maps sous l’appellation « site du massacre de Tadamon ».
Le site de la chaîne allemande DW a indiqué que l’annonce de l’arrestation de Youssef remet le dossier du massacre de Tadamon au premier plan, d’autant plus que la vidéo constitue l’une des preuves visuelles les plus claires de crimes commis contre des civils durant l’époque du régime déchu.
Le site a ajouté que des rapports juridiques et de défense des droits humains ont affirmé que les images du massacre constituent une preuve de crime contre l’humanité, en raison du caractère organisé de l’opération et de l’attaque contre les civils.
BBC : le crime authentifié
La BBC a indiqué que le massacre de Tadamon a suscité une large attention après la diffusion de la vidéo filmée par les auteurs eux-mêmes, montrant les victimes conduites une par une vers une fosse avant d’être exécutées puis brûlées.
Elle a ajouté que l’organisation Human Rights Watch, qui a visité le site, a confirmé l’existence de preuves de la mort de 288 personnes dans le quartier de Tadamon, dont 41 dans la scène filmée, en avril 2013, où Youssef était le principal responsable.
Le journal américain The Washington Post a, pour sa part, indiqué que le gouvernement syrien a arrêté, depuis la chute du régime déchu en décembre 2024, des dizaines de éléments impliqués dans des atrocités contre le peuple syrien.
Le journal a également précisé que le département d’État américain avait décidé en mars 2023 d’interdire l’entrée aux États-Unis au principal responsable du massacre de Tadamon ainsi qu’aux membres de sa famille, après la publication de la vidéo.
AFP : l’un des visages majeurs de la tragédie
L’Agence France-Presse a évoqué l’arrestation de Youssef en soulignant le sort de milliers de disparus et de détenus en Syrie sous le régime déchu, ainsi que les fosses communes où étaient enterrés les détenus, comme l’un des aspects les plus marquants de la tragédie syrienne.
D’autres journaux internationaux, dont La Libre en Belgique, Le Figaro en France et Blick en Suisse, ont également relayé la nouvelle, rappelant que le sort de dizaines de milliers de personnes disparues de force reste encore inconnu.
Une semaine après le souvenir du massacre de Tadamon, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de Youssef.
Cette annonce a suscité une large réaction, notamment parce qu’elle intervient quelques jours seulement après la commémoration de l’un des massacres les plus sanglants et douloureux de la mémoire syrienne, symbole de la souffrance de milliers de familles ayant perdu leurs proches durant la guerre menée par le régime déchu contre le peuple syrien. Beaucoup de ces familles restent privées de vérité depuis de longues années.
Le journal The Guardian avait publié en 2022 une enquête journalistique révélant le massacre de Tadamon comme l’un des crimes les plus atroces du régime, sur la base d’une vidéo choquante authentifiant les faits et le rôle de Youssef.
La vidéo, filmée le 16 avril 2013, montre des civils aux yeux bandés et aux mains liées, forcés de courir vers une fosse préparée à l’avance, avant d’être exécutés de sang-froid, leurs corps empilés les uns sur les autres, arrosés de carburant puis incendiés.
A.Ch.