Amman, (SANA) Les ministres des Transports de Syrie, de Jordanie et de Turquie ont signé, ce mardi, un mémorandum d’entente visant à développer les secteurs du transport et de l’interconnexion logistique, à l’issue de larges discussions menées par le comité ministériel conjoint sur le renforcement de la coopération et de l’intégration dans ce domaine entre les trois pays.
La signature du mémorandum a eu lieu lors d’une réunion tripartite des ministres des Transports à l’hôtel Four Seasons, dans la capitale jordanienne Amman, en présence de représentants des secteurs public et privé ainsi que d’experts en transport et en services logistiques.
Les clauses du mémorandum d’entente
Le mémorandum prévoit la création d’un cadre institutionnel et technique de coopération, incluant la formation
de comités et d’équipes de travail conjointes ainsi que l’élaboration de plans sectoriels unifiés, afin d’assurer la coordination des efforts et l’harmonisation des procédures entre les trois pays. Il vise également à transformer cette coopération en projets opérationnels soutenus par la numérisation et l’investissement, grâce à la simplification des systèmes, l’adoption de solutions intelligentes, le suivi des performances et le renforcement des capacités pour garantir la durabilité.

Les clauses du mémorandum mettent également l’accent sur le renforcement de l’interconnexion ferroviaire régionale par la création d’un comité technique tripartite chargé du suivi de la mise en œuvre, ainsi que sur le développement des transports terrestre, maritime et ferroviaire, l’amélioration des infrastructures, la facilitation du mouvement des marchandises et des passagers, et la simplification des procédures frontalières, contribuant ainsi à accroître l’efficacité des chaînes d’approvisionnement, à renforcer les échanges commerciaux et à soutenir le transit entre les trois pays.
Un projet s’étendant sur trois ans
Dans une déclaration à la correspondante de SANA, le ministre syrien des Transports, Yarub Badr, a affirmé que le mémorandum comporte une feuille de route claire définissant les activités à mettre en œuvre au niveau des institutions de transport des trois pays, dans le cadre d’un calendrier de suivi s’étendant sur trois ans.

Le ministre Badr a indiqué que cette feuille de route constitue un engagement concret visant à transformer les frontières en ponts de développement et d’intégration. Il a souligné que l’activation du corridor du Moyen-Orient à travers ces pays entraînera une transformation qualitative du paysage économique régional, exprimant son souhait de voir les clauses du mémorandum mises en œuvre immédiatement par les comités techniques conjoints.
Élaboration d’une carte préliminaire de l’interconnexion ferroviaire
Le ministre Badr a expliqué que la création du comité tripartite pour le transport ferroviaire, conformément aux clauses du mémorandum, permettra d’évaluer l’état actuel des lignes ferroviaires, d’étudier la rentabilité des projets existants et d’élaborer de nouvelles études pour les projets futurs. La Syrie s’est chargée de préparer la carte préliminaire de l’interconnexion ferroviaire entre les pays, en vue de sa discussion conjointe au sein de ce comité.
Le ministre a souligné que la position géographique des trois pays leur confère un avantage compétitif unique, en tant que maillon vital reliant le nord au sud et l’est à l’ouest. Il a affirmé que le développement du secteur des transports constitue la pierre angulaire pour activer ce rôle et en maximiser les bénéfices.
Jeter les bases de projets stratégiques
Le ministre des Transports a précisé que la signature du mémorandum de coopération tripartite établit les fondations de grands projets stratégiques, notamment la relance et la modernisation de l’interconnexion ferroviaire, au premier rang desquels figure le projet du chemin de fer du Hedjaz, afin de renforcer le transport des marchandises et des passagers selon des normes modernes.
Le ministre Badr a ajouté que la coopération technique en cours contribuera à compléter les tronçons manquants et à réhabiliter les infrastructures, garantissant ainsi la fluidité du trafic ferroviaire depuis l’Anatolie jusqu’au port d’Aqaba et au Golfe arabe, dans le cadre d’un corridor régional de transport intégré.
Atteindre les objectifs communs
Le ministre Badr a affirmé que la vision du ministère des Transports pour 2026 repose sur trois axes principaux : faciliter le transit par l’harmonisation des tarifs et la simplification des procédures frontalières, renforcer l’intégration logistique en reliant les ports à l’arrière-pays arabe, et adopter des solutions de transport intelligentes pour soutenir la transformation numérique et accroître la compétitivité des corridors commerciaux.
Le ministre a expliqué que cette réunion tenue à Amman constitue une étape stratégique pour traduire les accords techniques en mesures concrètes, en prélude à une nouvelle phase d’intégration économique et logistique entre la Syrie, la Jordanie et la Turquie. Elle reflète une volonté politique réelle dépassant le cadre protocolaire, en faveur d’un partenariat régional fondé sur des intérêts communs.
Un modèle avancé pour le secteur du transport
Le ministre jordanien des Transports, Nidal Al-Qatamin, a indiqué que cette démarche constitue une avancée importante dans la construction d’un modèle moderne du secteur du transport, fondé sur l’intégration et des chaînes d’approvisionnement flexibles et performantes. Il a souligné que la Jordanie œuvre au développement du transport et des services logistiques, à la création de centres logistiques, à la modernisation des postes-frontières et à l’adoption de solutions numériques contribuant à l’évolution de ce secteur.
Pour sa part, le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloğlu, a expliqué que la mise en service du corridor Nord–Sud aura un impact économique amplifié, en augmentant les capacités d’exportation et les recettes du transit, en dynamisant les ports, en élargissant les marchés et en ouvrant de nouvelles perspectives pour le transport de marchandises entre la Turquie, la Syrie et la Jordanie.
La réunion ministérielle tripartite intervient après une série de rencontres entre les comités techniques conjoints des trois pays, visant à établir un cadre opérationnel contribuant à améliorer l’efficacité des réseaux de transport, moderniser les infrastructures, optimiser les services logistiques, réduire les temps de transit, stimuler l’investissement et soutenir les trajectoires de développement durable dans la région.



R.S/ M.Ch.