Damas, (SANA) Les petites et moyennes entreprises (PME) occupent une place de plus en plus importante en Syrie, où elles constituent une large base de l’activité économique, de la production et de l’emploi.
Dans le même temps, les efforts des pouvoirs publics, du secteur bancaire et des organisations internationales s’orientent vers l’élargissement de l’accès au financement, l’amélioration de l’environnement des affaires et la mise en relation des entrepreneurs avec les marchés.
Dans une déclaration à l’agence SANA, fait en septembre en cours en marge de la Foire internationale de Damas, le directeur de l’Autorité de développement des petites et moyennes entreprises au ministère de l’Économie et de l’Industrie, Ihab Zakkour, a indiqué que les PME représentent plus de 80 % de la structure de l’économie syrienne.
Il a souligné que la brièveté de leurs cycles de production en fait l’un des secteurs susceptibles de générer rapidement des résultats économiques.
Zakkour a précisé que l’Autorité œuvre pour mettre en place un dispositif d’accompagnement des projets couvrant toutes les étapes, depuis l’idée initiale, la formation, l’étude de faisabilité et l’obtention des autorisations jusqu’au financement et à la commercialisation. « L’objectif est d’aider les microentreprises à évoluer vers le statut de petites entreprises, puis de moyennes et de grandes entreprises », a-t-il précisé.
Le financement, un pilier de l’expansion de l’activité
Le financement figure au premier rang des conditions nécessaires à la croissance de ce secteur.
Zakkour a indiqué que le dispositif de financement comprend désormais le financement du développement, de l’investissement et le financement participatif, ainsi que le financement du fonds de roulement.
« Les demandes de financement ont par ailleurs été harmonisées en coopération avec quelque 24 banques et institutions de microfinance », a-t-il dit.
Le directeur général de la Banque industrielle, Wajih Bittar, avait évoqué à SANA en mars dernier le plan de financement des projets de la banque. Il avait indiqué que son portefeuille comprend plus de 1 800 projets financés pour une valeur supérieure à 100 milliards d’anciennes livres syriennes.
Il avait également annoncé un plan de financement pour 2026 d’un montant de 750 millions de nouvelles livres syriennes, dont 75 % seront consacrés aux petites et moyennes entreprises.
Soutenir les familles touchées et les orienter vers la production
Le 20 juillet dernier, l’Autorité de développement des petites et moyennes entreprises a lancé, en coopération avec la Banque islamique de développement ainsi qu’avec plusieurs parties gouvernementales et acteurs de la société civile, l’initiative « Autonomisation économique des familles touchées par la guerre ».
Lors du lancement de l’initiative, Zakkour a précisé que le financement initial s’élève à 5 millions de dollars et pourrait être porté à 10 millions de dollars. « L’initiative comprend la formation, le renforcement des compétences et l’élaboration d’études de faisabilité, jusqu’à l’obtention du financement », a-t-il fait noter.
À cette même occasion, le directeur général de l’établissement du Forum syrien, Ghassan Hitto, a affirmé que l’initiative vise à soutenir les artisans et les propriétaires de petites entreprises, à accroître la production et à créer des emplois.
L’inclusion financière élargit l’accès au financement
Lors d’un atelier consacré à la stratégie de mise en relation avec les mécanismes d’inclusion financière, organisé à Damas en juillet dernier, le directeur de l’intégration des programmes au sein de l’Organisation syrienne de développement, Majdeddine Abou Hilal, a indiqué que les efforts visent à élaborer une feuille de route pour la microfinance et l’inclusion financière.
« Cette inclusion doit permettre aux entrepreneurs, aux propriétaires de petites entreprises et aux catégories productives d’accéder plus facilement aux services financiers », a-t-il souligné.
Au cours du même atelier, le directeur de CARE en Syrie, David MacDonald, a souligné l’importance des petites entreprises dans la consolidation de la participation économique et l’élargissement des possibilités d’emploi.
De son côté, le directeur des programmes de GOAL en Syrie, Moustapha Al-Manla, a indiqué que la microfinance est devenue un outil permettant aux femmes, aux jeunes et aux agriculteurs de développer leurs projets.
De l’idée au marché
Le soutien ne se limite pas au financement. Les programmes d’entrepreneuriat et les initiatives visant à transformer les idées en projets susceptibles de se développer connaissent également une expansion.
Par ailleurs, l’Autorité de développement des petites et moyennes entreprises et la Fondation de développement « Manar » ont signé en septembre en cours un accord visant à soutenir les start-up et les projets portés par des jeunes à Damas et dans sa périphérie, dans le cadre du projet « Oussous », qui met l’accent sur le développement des produits et leur expérimentation sur le marché, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’économie circulaire, du recyclage et des technologies éducatives.
En outre, l’Autorité de développement des petites et moyennes entreprises avait examiné, avec le chef de la coopération à la délégation de l’Union européenne en Syrie, Libor Chlad, et l’Agence française de développement, les moyens de développer les modèles économiques des PME et des start-up, de soutenir leur permanence et de renforcer les échanges commerciaux avec les marchés européens.
Autonomisation des femmes et soutien aux microentreprises
Les petites et microentreprises apparaissent également comme un moyen d’accroître la participation économique des femmes.
La présidente du Comité des femmes d’affaires industrielles de la Chambre d’industrie de Damas et de sa périphérie, Wafaa Abou Labda, a déclaré à SANA le mois en cours, en marge de la Foire internationale de Damas, que la participation des femmes à cette manifestation vise à soutenir les petites et microentreprises et à leur ouvrir de nouveaux débouchés pour commercialiser leurs produits.
Abou Labda a expliqué que certaines femmes sont passées de l’exercice d’un métier artisanal destiné à subvenir aux besoins de leur famille à la création de leur propre entreprise, certaines d’entre elles cherchant désormais à passer « de l’artisanat à l’industrie ».
Les petites et moyennes entreprises constituent ainsi l’un des principaux piliers de l’activité économique syrienne, non seulement en raison de leur large présence, mais aussi grâce à leur capacité à transformer les initiatives individuelles en activités productives, à créer des emplois et à dynamiser les marchés.
André Chatta