Damas, (SANA) Sous le patronage et en présence du président de la République, Ahmad Al-Charaa, le salon international du livre de Damas a été inaugurée ce jeudi soir, dans son édition exceptionnelle, au Palais des Congrès à Damas, avec une large participation officielle et culturelle. L’événement a réuni plusieurs ministres ainsi que des personnalités politiques et intellectuelles arabes, aux côtés d’une élite d’écrivains et d’intellectuels.
Dans son discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture, le président Al-Charaa a indiqué que l’humanité n’a cessé de rechercher la vérité, la connaissance, les secrets du monde et ses trésors.

Il a précisé que plus l’être humain acquiert de savoir, plus sa conscience s’élargit, et plus sa conscience grandit, plus son besoin de science augmente. La connaissance est, selon lui, semblable à une source intarissable qui ne cesse d’attirer celui qui la cherche.
Le président Al-Charaa a ajouté que la loi de ce monde repose sur le bien et le mal, et que la connaissance renforce l’un comme l’autre. Celui qui s’efforce d’y parvenir en premier obtient l’avantage. Les gens de bien se distinguent par leur persévérance dans la quête du savoir, et leur victoire est la récompense de leurs efforts.
Il a souligné que la science impose une responsabilité : celle de la mettre en pratique, car celui qui apprend sans agir voit son savoir devenir un argument contre lui, et non en sa faveur.
Le président Al-Charaa a affirmé qu’une nation ignorante est associée à la faiblesse, tandis qu’une nation savante, appliquant ce qu’elle a appris, est associée à la force.
Il a rappelé que Dieu a laissé à l’humanité Son Livre comme guide, et qu’Il a exhorté les hommes à apprendre, méditer et réfléchir.

Il a également indiqué que rechercher le bien pour les peuples, instaurer la justice et faire triompher la vérité exigent de la force, tout en précisant qu’une force dépourvue de science est destructrice, et qu’une épée sans discernement finit par se retourner contre son porteur.
Le président Al-Charaa a rappelé que Damas fut un phare du savoir, une source de connaissance et une destination pour les demandeurs. Ses bienfaits ont atteint l’Orient comme l’Occident dans le monde, jusqu’à ce que les événements s’y abattent et que les forces du mal et de la corruption tentent d’effacer son identité et de détruire son rayonnement.
Il a souligné que Damas est revenue aujourd’hui, et que tous sont revenus avec elle afin de restaurer son édifice, panser ses blessures et lui rendre son éclat, soulignant qu’elle mérite chaque sacrifice pour que ses bienfaits se répandent, que les peuples y trouvent la paix, et que l’Histoire retrouve sa grandeur, sa dignité et son honneur : une Syrie unie, forte, riche de ses enfants, de son peuple et de ceux qui l’aiment.
Le président Ahmad Al-Charaa a conclu en affirmant que le salon du livre d’aujourd’hui constitue un heureux retour et un précieux départ après la libération totale de la Syrie, implorant Dieu d’accorder à tous la science et la connaissance.
Le ministre de la Culture : Le retour de la Syrie à elle-même se couronne par le livre et la culture
De son côté, le ministre de la Culture, Mohammad Yassine Al-Saleh, a souligné que le livre et la connaissance ont toujours été l’un des piliers de l’identité syrienne à travers l’Histoire.
Il a affirmé que Damas, qui a donné naissance au premier alphabet, revient aujourd’hui pour consacrer sa présence civilisationnelle à travers la culture.

Le ministre a indiqué que ce salon représente le plus grand événement culturel de ce type dans l’histoire de la Syrie. Il reflète la croyance de l’État en le rôle du livre dans la construction de la conscience et de la liberté culturelle, et redonne à Damas son statut de ville du savoir et de la science.
Le ministre a ajouté que la culture ne peut être complète si elle se sépare de ses valeurs fondamentales, considérant que ce salon du livre constitue le premier couronnement culturel après la libération, et un message affirmant que la Syrie a retrouvé sa place dans le registre de la civilisation humaine.
Projection et activités artistiques lors de la cérémonie

La cérémonie d’ouverture a comporté la projection de deux courts métrages : le premier retraçait le récit de la révolution syrienne depuis son déclenchement et les sacrifices consentis jusqu’à la victoire et la libération du pays du régime déchu, tandis que le second mettait en lumière le salon du livre d’Idleb en 2024–2025, considéré comme un indicateur culturel précoce annonçant la libération complète de la Syrie et le retour de la Foire internationale du livre de Damas.
La cérémonie a également inclus une prestation musicale avec une chanson de la série « Kan Ya Ma Kan », ainsi qu’une scène théâtrale interprétée par l’artiste Wafaa Moussalli avec la participation d’un enfant, illustrant un dialogue entre une grand-mère et son petit-fils sur l’importance de la lecture.
Une participation arabe et internationale

La cérémonie a été marquée par la présence des ministres de la Culture du Royaume d’Arabie saoudite et de l’État du Qatar, invités d’honneur du Salon, ainsi que de plusieurs ambassadeurs arabes et étrangers et de membres du corps diplomatique, en plus d’un large rassemblement d’intellectuels, d’écrivains et d’éditeurs de Syrie et de divers pays arabes et étrangers.
500 maisons d’édition de plus de 35 pays
Cette édition accueille plus de 500 maisons d’édition issues de plus de 35 pays, exposant des dizaines de milliers de titres dans les domaines de la littérature, de la pensée, de la philosophie, des sciences et des livres pour enfants, dans l’une des éditions les plus vastes en termes de participation et de contenu.
Le Salon est accompagné d’un programme culturel varié comprenant des centaines de conférences et de soirées littéraires et intellectuelles, ainsi que des séances de dédicaces et des ateliers spécialisés. De larges espaces ont également été consacrés aux activités pour enfants, incluant théâtre, animations interactives et ateliers de lecture, dans le but de promouvoir la culture du savoir auprès des jeunes générations.
Le salon porte un slogan inspiré de la profondeur de la civilisation syrienne, symbolisant le premier alphabet d’Ougarit et la plus ancienne bibliothèque découverte à Ebla, confirmant ainsi que la Syrie fut et demeure une terre du livre et de la connaissance.
Il est prévu que le Salon ouvre ses portes au public à partir de demain, et que ses activités se poursuivent pendant plusieurs jours, chaque jour de 10h00 à 21h00.

A.Ch.