Idleb,(SANA) Le village archéologique de Sergilla, situé au nord-ouest de la Syrie, compte parmi les cités byzantines les plus importantes ayant conservé leurs traits depuis sa fondation en 473 apr. J.-C., demeurant ainsi un témoin d’une civilisation florissante puis disparue.
l’emplacement géographique
Sergilla se trouve dans la région de Jabal al‑Zawiya, au sud d’Idleb, au cœur du massif calcaire qui abrite des dizaines de villes oubliées. Elle est entourée de collines verdoyantes et de paysages calmes, offrant aux visiteurs la possibilité de profiter de la nature tout en découvrant un patrimoine architectural et humain préservé.
Éléments architecturaux byzantins préservés à Sergilla
Selon l’Encyclopédie arabe, Sergilla est l’un des plus beaux sites du massif calcaire, et son nom d’origine syriaque signifie « Lumière de Dieu ». Bien qu’elle soit aujourd’hui inhabitée, ses bâtiments restent remarquablement bien conservés : Les plus importants sont les thermes byzantins du Ve siècle, composés de salles, de couloirs et d’un réservoir d’eau taillé dans la roche.
Le site comprend aussi un ancien khan, une salle de réunion carrée à deux étages avec des portiques en pierre, ainsi qu’une église tripartite du IVe siècle. On y trouve également de nombreuses maisons de formes variées, pour la plupart à deux niveaux avec arcades et colonnes, en plus des pressoirs à huile qui témoignent du mode de vie et du travail à cette époque.

Transformations historiques ayant façonné les traits de Sergilla
Sergilla a traversé plusieurs phases historiques qui ont marqué son évolution. Sa première période, du Ier au milieu du IIIe siècle, fut marquée par un déclin dû aux épidémies, notamment la peste.
Sa seconde période, du milieu du IVe au VIe siècles, connut une prospérité économique, sociale et architecturale avant un déclin progressif menant à son abandon à la fin de l’époque omeyyade.
Au XIIe siècle, la cité eut retrouvé la vie après la reprise de la région par les Ayyoubides. Aujourd’hui, Sergilla demeure un témoin vivant de l’entrelacement des civilisations, révélant à travers ses vestiges les aspects de la vie quotidienne et l’organisation sociale et religieuse, ce qui en fait une référence essentielle pour les chercheurs et les passionnés de patrimoine.
Patrimoine mondial inscrit à l’UNESCO
Selon l’Union arabe pour les médias du patrimoine, une plateforme spécialisée dans la documentation et la diffusion du patrimoine arabe, Sergilla a été inscrite en 2011 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au sein des « villages antiques du nord de la Syrie », en raison de la richesse de son héritage architectural et historique reflétant les modes de vie de l’époque.
Prospérité économique et commerciale dans le passé
Les vestiges de Sergilla témoignent de son rôle économique important en tant que centre commercial et agricole. Les nombreux pressoirs à huile disséminés parmi ses bâtiments illustrent l’importance de l’agriculture comme ressource essentielle à l’époque.
Une destination pour les chercheurs et les passionnés d’histoire
Le village attire chercheurs, passionnés de culture et amateurs de tourisme historique, offrant une expérience unique pour explorer les aspects de la vie byzantine et renforçant la place de la Syrie comme berceau de civilisations successives.
Sergilla demeure l’un des témoignages les plus importants de l’architecture byzantine et de la vie rurale ancienne en Syrie du Nord. Malgré les siècles et la succession des civilisations, ses vestiges continuent de révéler une histoire riche et des détails architecturaux uniques qui lui confèrent une valeur archéologique mondiale.



Ibtissam Ibrahim / R.B.