Paris, (SANA) Les manifestations étudiantes se sont poursuivies en France pour le cinquième jour consécutif, dans un climat de tensions croissantes dans plusieurs villes et d’inquiétudes face aux violences ayant accompagné certains rassemblements.
Les Nations unies ont exprimé leur préoccupation quant à l’évolution de la situation et appelé à suivre les événements de près.
Selon Euronews, la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), Shabia Mantoo, a déclaré samedi à des journalistes à Genève que l’organisation suivait « avec inquiétude » les manifestations et les fermetures de lycées à travers la France, précisant que certains rassemblements avaient été marqués par des violences et des affrontements.
Selon le ministère français de la Justice, plus de 6 800 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre des troubles et des manifestations liés au mouvement étudiant, dont environ 86 % de mineurs.
Des revendications pour améliorer les conditions d’enseignement
Les manifestants, pour la plupart âgés de 15 à 18 ans, réclament une amélioration des conditions d’enseignement, des mesures pour remédier à la pénurie d’enseignants, une réduction des effectifs dans les classes ainsi que l’adaptation des bâtiments scolaires aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes.
Bien que la majorité des manifestations se soient déroulées pacifiquement, certaines villes ont été le théâtre d’actes de vandalisme et d’incendies visant des installations publiques.
Les forces de l’ordre sont alors intervenues, faisant usage de gaz lacrymogènes, de matraques et de grenades assourdissantes pour disperser les manifestants.
Les méthodes employées par les forces de l’ordre ont suscité des critiques de la part d’organisations de défense des droits de l’homme et d’étudiants mobilisés, qui ont accusé la police de faire un usage excessif de la force. Les autorités ont ouvert 18 enquêtes internes pour examiner ces accusations.
Des mesures gouvernementales pour répondre à la crise
Afin d’apaiser la crise, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé le déploiement d’environ 3 000 enseignants remplaçants dans 114 lycées parmi les plus touchés par les manifestations, afin de pallier le manque de personnel enseignant.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est également engagé à présenter un plan pour répondre à la crise avant la fin du mois.
De son côté, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a indiqué que le gouvernement étudiait la possibilité de répondre à certaines revendications concernant l’augmentation du financement de l’éducation, malgré les contraintes budgétaires.
Les représentants des étudiants ont, pour leur part, estimé que les mesures annoncées par le gouvernement restent insuffisantes pour satisfaire leurs revendications, appelant à poursuivre la mobilisation et à organiser de nouvelles manifestations dans les prochains jours.
a.h/ mch