New York , (SANA) L’ONU Femmes a mis en garde contre le risque que près de 11,7 millions de femmes et de filles supplémentaires soient confrontées à l’insécurité alimentaire dans 28 pays d’ici à la fin de l’année, sur fond d’escalade persistante au Moyen-Orient et de perturbations dans le détroit d’Ormuz, qui entraînent une hausse des prix des denrées alimentaires et affectent les moyens de subsistance dans la région et au-delà.
Selon un nouveau rapport publié vendredi par l’ONU Femmes, cité par le Centre d’actualités des Nations unies, environ 22 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à l’insécurité alimentaire dans un scénario intermédiaire. Les femmes et les filles représenteraient 53 % de ce total, venant s’ajouter aux quelque 208 millions de femmes et de filles qui souffrent déjà d’insécurité alimentaire ou de malnutrition dans les pays couverts par le rapport.
Les femmes et les filles particulièrement exposées
Présentant le rapport aux journalistes à Genève, la directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes, Nyaradzayi Gumbonzvanda, a indiqué que les pays les plus peuplés comptent les plus grands nombres de femmes et de filles susceptibles d’être confrontées à l’insécurité alimentaire.
Elle a également souligné que des pays comme le Soudan du Sud, le Soudan, Haïti, le Yémen et la Palestine sont exposés à des risques particulièrement concentrés, en raison de l’interaction de plusieurs facteurs de vulnérabilité qui touchent les femmes et les filles.
Gumbonzvanda a également précisé que le nombre supplémentaire de femmes et de filles susceptibles d’être confrontées à l’insécurité alimentaire au Liban représente près de 4 % de la population féminine du pays, soit le deuxième taux le plus élevé parmi les pays couverts par le rapport.
L’ONU appelle à une réponse intégrée
La directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes a appelé à une réponse intégrée combinant aide alimentaire et transferts monétaires, programmes de nutrition et de protection, soutien aux moyens de subsistance ainsi qu’appui au secteur agricole.
Elle a également insisté sur la nécessité d’orienter rapidement les ressources vers les zones où les femmes et les filles sont confrontées à des risques multiples, tout en prenant davantage en compte leurs expériences dans les données afin d’identifier les régions où l’insécurité alimentaire s’aggrave et les catégories de population les plus touchées.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait déjà alerté, en août dernier, sur les graves conséquences que pourrait avoir la conjugaison de plusieurs chocs internationaux, notamment la crise dans le détroit d’Ormuz, sur la sécurité alimentaire mondiale.
R.Kh/mch