Damas, (SANA) Au cours du mois de septembre dernier, les opérations visant les personnes impliquées dans des crimes et des violations commis contre le peuple syrien sous le régime déchu se sont intensifiées pour cibler des responsables militaires, des officiers de l’armée de l’air ainsi que des responsables des services de sécurité. Au total, les autorités compétentes ont annoncé l’arrestation de 26 personnes jusqu’au 28 septembre.
Les arrestations ont eu lieu à Lattaquié, Tartous, Idleb, Damas, Daraa et Deir Ezzor.
Elles ont inclu des officiers de haut rang ainsi que des personnes soupçonnées d’avoir travaillé pour les services de sécurité du régime déchu.
Les autorités compétentes ont par ailleurs indiqué que les investigations se poursuivaient en vue de l’achèvement des procédures légales et du renvoi des dossiers devant la justice.
Des QG aux réseaux de renseignement
Le bilan de septembre a débuté le 5 du mois avec l’arrestation, à Lattaquié, du général de brigade Jalal Kamel Saqr, ancien commandant de la 18e brigade d’infanterie, et accusé d’avoir participé à des crimes et à des violations commis contre des civils durant les années de la révolution syrienne.
Le 6 septembre, les forces de sécurité intérieure ont arrêté à Idleb Sobhi Ninal et son fils Chadi où les investigations ont, selon les autorités, affirmé leur implication dans des activités de renseignement au profit des services de sécurité du régime déchu, notamment par la surveillance de sites militaires et civils et la transmission de leurs coordonnées à ces services.
Le 7 septembre, le général de brigade Mohammed Ali Dergham a été arrêté à Tartous. Il avait occupé plusieurs postes de commandement, notamment celui de commandant opérationnel de la 4e division, de commandant adjoint de la 5e division et de commandant du 2e corps. Selon les investigations et les documents recueillis, il est impliqué dans l’émission d’ordres de tirer sur des manifestants ainsi que dans la supervision d’opérations de perquisition et d’arrestations arbitraires.
14 personnes arrêtées en une semaine : l’armée de l’air en tête des arrestations
Le dossier de l’armée de l’air a particulièrement retenu l’attention le 11 septembre, avec l’arrestation à Lattaquié de neuf pilotes de différents grades : trois généraux de brigade, trois colonels, un lieutenant-colonel et deux capitaines.
Selon les investigations, les personnes arrêtées auraient participé à des opérations de bombardement et à des attaques au cours des années de la révolution. Les enquêtes se poursuivent et leurs dossiers ont été transmis aux autorités judiciaires compétentes.
Le même jour, les forces de sécurité ont arrêté à Idleb Mohammed Moatasem Chaaban, impliqué dans la surveillance et la photographie de sites militaires et sécuritaires au profit des services du régime déchu, facilitant ainsi le ciblage de certains d’entre eux par des frappes aériennes.
La ministère de l’Intérieur a indiqué que les premières investigations menées auprès des neuf pilotes avaient fait apparaître plus de 3.200 heures de vol et de missions aériennes depuis le début de la révolution. Ces opérations auraient notamment été menées dans la Ghouta orientale, à Alep et dans sa banlieue, à Deir Ezzor ainsi que dans la campagne de Hama, au moyen d’avions de combat et d’hélicoptères, selon des informations de SANA citées par le ministère.
Les poursuites visant des officiers de l’armée de l’air se sont poursuivies le 18 septembre avec l’arrestation, à Tartous, de cinq officiers et responsables militaires : le général de brigade Mohammed Fajr Ali, le général de brigade pilote Abdullah Ali Maalla, le colonel d’état-major pilote Nidal Hussein Saleh, le colonel Mohammed Ali Salim et le lieutenant-colonel pilote Taleb Abdel Karim Hassan.
Les forces de sécurité ont précisé que les investigations portaient sur différents rôles présumés dans la planification, la direction et l’exécution d’opérations de bombardement aérien.
Élargissement des poursuites et diversité des responsabilités
Le 19 septembre, les forces de sécurité intérieure ont arrêté l’ancien général de brigade Ahmad Mohammed Ismaïl, considéré comme l’un des hauts responsables de la Garde républicaine. Il avait occupé plusieurs postes de commandement, jusqu’à devenir chef d’état-major de la Garde républicaine et commandant de la 14e division.
Le 20 septembre, le général de brigade pilote Zakaria Mohammed Sannoun a été arrêté. Il avait dirigé la branche des opérations de la 22e division. Le lieutenant-colonel Souleiman Ahmad Hassan a également été arrêté. Celui-ci avait dirigé successivement le département des enquêtes puis celle des affaires juridiques au sein de la branche 248 de la Direction du renseignement militaire.
Le 27 septembre, les forces de sécurité intérieure ont arrêté le général de brigade Jaber Mahrez Ibrahim, ancien commandant de la 138e brigade de défense antiaérienne à Saïda, dans la banlieue de Daraa. Elles ont également arrêté le colonel pilote Khaldoun Hussein Mubarak dans la région de Jableh, lors d’une opération visant le lieu où il se cachait.
Les forces de sécurité ont indiqué que les investigations attribuaient à ce dernier la réalisation de missions aériennes de combat durant les années de la révolution. L’arrestation de Mubarak est comptabilisée dans le bilan du 27 septembre, bien que l’annonce de l’opération ait été publiée tard dans la nuit et mise à jour après minuit.
Le 28 septembre, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de Hassan Khalaf, ancien geôlier de la branche du renseignement de l’armée de l’air à Daraa, accusé d’avoir torturé et tué des civils. Le même jour, les forces de sécurité intérieure ont annoncé l’arrestation d’Ahmad Khalif al-Ahmad, surnommé « Al-Atich », ancien chef de la section des renseignements de la branche de la Sûreté de l’État à Deir Ezzor.
Ce bilan montre que les opérations menées en septembre avaient couvert un large éventail de responsabilités militaires et sécuritaires : commandement de brigades et de divisions, Garde républicaine, défense antiaérienne, armée de l’air, services de sécurité et réseaux de renseignement. Les autorités ont notamment eu recours aux opérations de surveillance, de suivi et d’enquête pour identifier les personnes recherchées.
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