Washington (SANA) – Le nom de l’installation nucléaire iranienne de «Montagne de la Pioche», connue sous le nom de « Kuh-e Kolang Gaz La » en Iran, est revenu sur la scène après que le président américain Donald Trump a menacé de la cibler si aucun nouvel accord n’était conclu avec Téhéran concernant son programme nucléaire, remettant ainsi en lumière l’un des sites les plus énigmatiques de l’infrastructure nucléaire iranienne.
Dans une interview accordée au journaliste américain Hugh Hewitt, le lundi 13 juillet, Trump a affirmé que les États‑Unis surveillaient ce site « de très près », rappelant que Washington avait déjà visé des installations nucléaires iraniennes par le passé. Il a toutefois estimé que la « Montagne de la Pioche» constitue un site distinct susceptible d’être une cible potentielle, appelant à permettre aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’y accéder.
Une installation creusée dans la montagne : qu’est‑ce qui distingue la «Montagne de la Pioche» ?
Le site se trouve à proximité de l’installation de Natanz, au centre de l’Iran, à environ 1,6 km de celle‑ci, selon des analyses d’images satellites et des rapports de recherche occidentaux.
D’après des informations reproduites par Reuters et des centres spécialisés dans la prolifération nucléaire, l’installation est un réseau de tunnels creusés dans une montagne, conçu pour être plus fortifié que certaines autres infrastructures nucléaires iraniennes.
Des estimations variées indiquent que la profondeur du site pourrait atteindre des dizaines de mètres, voire davantage. Certaines analyses suggèrent même qu’il pourrait être plus profond que l’installation de Fordo, l’un des sites les plus protégés d’Iran, ce qui rendrait toute attaque militaire nettement plus complexe.
Pourquoi ce site inquiète‑t‑il Washington ?
L’importance de « Montagne de la Pioche» pour Washington réside dans le mystère qui l’entoure. L’Iran n’a jamais annoncé officiellement tous les détails concernant son utilisation, et les inspecteurs de l’AIEA n’ont pas pu y mener des inspections directes.
L’AIEA a indiqué dans des rapports antérieurs que l’absence d’accès complet à certains sites iraniens limite sa capacité à garantir l’absence d’activités nucléaires non déclarées.
Entre Natanz et Fordo : un nouveau maillon dans la chaîne de fortifications
L’attention américaine portée à la « Montagne de la Pioche» s’inscrit dans le cadre des efforts iraniens, depuis des années, pour protéger ses installations nucléaires en transférant certaines activités sous terre.
Natanz, au centre du pays, est le principal site d’enrichissement de l’uranium en Iran et a été la cible de plusieurs attaques et actes de sabotage attribués par Téhéran à des parties étrangères.
Quant à Fordo, près de Qom, il a suscité un vif intérêt international depuis sa révélation en 2009, en raison de sa construction dans une zone montagneuse fortifiée. Selon l’accord nucléaire de 2015, ses activités devaient être limitées, mais l’Iran a relancé l’enrichissement sur le site après le retrait américain de l’accord en 2018.
Capacités de penetration
Toute opération militaire contre des installations profondément enfouies présente des défis majeurs. L’efficacité des frappes dépend de la profondeur du site, de la nature des roches environnantes et du degré de fortification interne.
Des analyses publiées par Reuters et l’Institut pour la science et la sécurité internationale indiquent que certains sites iraniens pourraient nécessiter des munitions pénétrantes et des capacités de renseignement extrêmement précises, tandis que l’évaluation des dégâts potentiels reste incertaine.
Les États‑Unis avaient annoncé en 2025 avoir ciblé plusieurs installations nucléaires iraniennes – dont Fordo, Natanz et Ispahan – à l’aide de capacités aériennes avancées. Mais l’apparition du dossier « Montagne de la Pioche» illustre la persistance du débat sur la capacité des frappes militaires à mettre fin entièrement au programme nucléaire iranien
.r.s/rb