Washington, (SANA) La guerre américano-israélienne–iranienne et la fermeture du détroit d’Ormuz qui l’a accompagnée ont poussé à redessiner les contours de la carte énergétique mondiale. Les pays asiatiques ont commencé à agir individuellement pour sécuriser leurs besoins, tandis que les alliés traditionnels de Washington en Europe se sont tournés vers ses adversaires à la recherche d’alternatives plus sûres et plus stables.
Des analystes économiques ont estimé, selon la chaîne américaine CNN, que l’entrée des États-Unis dans la guerre sans coordination avec leurs alliés, puis l’absence de protection suffisante des lignes d’approvisionnement, ont conduit à une reconfiguration des routes énergétiques et poussé les pays à réévaluer leur dépendance envers Washington.
Des alternatives d’urgence
Avec l’aggravation de la crise énergétique, les pays d’Asie et du Pacifique ont commencé à agir individuellement : les Philippines ont déclaré l’état d’urgence et ont commencé à acheter du pétrole russe pour la première fois depuis cinq ans, tout en ouvrant des canaux de négociation avec l’Iran et la Chine afin de garantir un passage sûr à leurs navires. Le Japon, pour sa part, a décidé de libérer des quantités record de ses réserves pétrolières, tandis que la Corée du Sud a ouvert de nouvelles lignes d’approvisionnement avec le Kazakhstan, Oman et l’Arabie saoudite, et a profité d’une exemption américaine temporaire pour acheter du pétrole à la Russie. La Thaïlande, ainsi que d’autres pays d’Asie du Sud-Est, ont intensifié leurs contacts avec Téhéran et Moscou afin de garantir la continuité des flux énergétiques.
La Chine, un acteur majeur
La Chine bénéficie, selon CNN, d’une position relativement confortable grâce à ses vastes réserves, à son réseau de relations avec les grands producteurs, ainsi qu’à son secteur avancé des énergies renouvelables. Avec l’extension des répercussions de la fermeture du détroit d’Ormuz, Pékin a pris plusieurs mesures, dont proposer une coopération avec les pays d’Asie du Sud-Est pour atténuer la pénurie de carburant, examiner l’élargissement de la coopération dans le domaine de l’énergie propre avec l’Australie, et offrir des garanties énergétiques à Taïwan.
L’Europe en quête de solutions
Les initiatives ne se sont pas limitées à l’Asie : la France, l’Italie et d’autres pays européens se sont empressés de rechercher des solutions alternatives face à la perturbation des chaînes d’approvisionnement énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Pour atténuer l’impact de cette crise, les pays européens s’orientent vers une diversification des sources d’énergie, en important du gaz naturel liquéfié des États-Unis, du Qatar et de l’Algérie, ainsi que du pétrole de Norvège, de Grande-Bretagne, d’Afrique du Nord et du Brésil, tout en cherchant à créer de nouveaux pipelines pour contourner les passages maritimes sensibles tels que le détroit d’Ormuz.
L’attente demeure dominante à la veille des négociations prévues aujourd’hui entre les États-Unis et l’Iran dans la capitale pakistanaise Islamabad, alors que les regards se tournent vers ce que ces discussions pourraient produire : une désescalade rompant le cycle de tensions ou un échec pouvant entraîner davantage d’affrontements et de graves répercussions économiques.
R.Kh / M.Ch