Vienne, (SANA) Le Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) a mis en garde vendredi contre l’intensification des activités des trafiquants de drogue, qui exploitent les avancées technologiques et l’instabilité mondiale pour créer de nouvelles substances et élargir leurs méthodes et routes de trafic vers de nouveaux marchés.
Le site UN News rapporte que, selon le rapport 2026 publié vendredi à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues, les fabricants de drogues illicites continuent de développer de nouveaux types de substances synthétiques pour contourner les lois et éviter la détection.
Le nombre de drogues saisies en 2024 a été multiplié par cinq par rapport à l’an 2000. Le rapport indique également que 755 nouvelles substances psychoactives (NPS) ont circulé sur les marchés illicites en 2024, dont 118 détectées pour la première fois.
6,2 % de la population mondiale
Le rapport ajoute qu’environ 331 millions de personnes ont consommé une drogue en 2024, soit 6,2 % de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, contre 5,2 % en 2014.
Le cannabis reste la drogue la plus consommée avec 256 millions d’usagers, suivi des opioïdes (63 millions), des amphétamines (32 millions), de la cocaïne (25 millions) et de l’ecstasy (21 millions).
Héroïne et opium
Le rapport indique que l’interdiction imposée par les autorités afghanes sur les drogues en 2022 a entraîné une forte baisse de la production illicite d’opium et d’héroïne.
Il souligne que, malgré la hausse de la production d’opium au Myanmar, passée de 420 tonnes en 2021 à plus de 1 000 tonnes en 2025, cette augmentation — ajoutée à celle observée dans d’autres pays suivis par l’UNODC comme le Laos et le Mexique — ne compense pas la chute massive enregistrée en Afghanistan, dont la production dépassait 6 000 tonnes en 2022.
En parallèle, la disponibilité croissante de nouveaux opioïdes synthétiques, tels que le fentanyl, les nitazènes et les orphines, montre que les réseaux de trafic cherchent des substituts à l’héroïne, ce qui pourrait entraîner une transformation durable du marché mondial de l’opium, avec des changements dans les modes de consommation et leurs impacts sanitaires.
Méthamphétamine
Le rapport note que l’ouverture de nouvelles routes de trafic et l’expansion progressive de la production de méthamphétamine ont contribué à créer de nouveaux marchés, notamment au Proche‑Orient, au Moyen‑Orient, en Afrique et dans certaines régions d’Europe.
Les saisies de méthamphétamine ont enregistré une croissance annuelle moyenne de 13 %, principalement en raison de l’augmentation des quantités interceptées en Asie de l’Est et du Sud‑Est.
Bien que le Myanmar demeure la principale source de cette drogue, la hausse de la demande mondiale a attiré de nouveaux fournisseurs d’Amérique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et australe, ainsi que d’Asie du Sud‑Ouest.
Au Moyen‑Orient, le rapport souligne que les perturbations du marché du captagon après la chute du régime Assad en décembre 2024, suivies d’un doublement du prix du comprimé dans certaines zones, pourraient pousser certains usagers à se tourner vers la méthamphétamine, dont l’usage a augmenté dans la région.
Cannabis
Le rapport explique que la production, le commerce et la consommation de cannabis connaissent des évolutions rapides, probablement liées au changement de perception dans de nombreux pays, notamment après l’adoption de politiques de légalisation ou de dépénalisation, en particulier en Amérique du Nord.
Il indique que le nombre de consommateurs de cannabis a augmenté de 40 % au cours de la dernière décennie, tandis que sa prévalence chez les 15‑64 ans est passée de 3,8 % en 2014 à 4,8 % en 2024.
Cocaïne
Le rapport affirme que la production de cocaïne a continué d’augmenter en 2024 pour dépasser 4 000 tonnes de cocaïne pure, soit plus de quatre fois son niveau d’il y a dix ans, sous l’effet d’une productivité accrue et de l’expansion des surfaces cultivées.
Le rapport précise que les groupes du crime organisé continuent d’acheminer des quantités croissantes de cocaïne vers les marchés traditionnels et émergents afin de maximiser leurs profits et d’élargir leur base de consommateurs, non seulement en Europe occidentale et centrale, en Amérique du Nord et en Océanie, mais aussi en Afrique et en Asie.
Effets négatifs sur la sécurité
Le rapport souligne que la consommation de drogues peut être liée à des vols et à des violences au sein des familles et des communautés, ainsi qu’à l’exposition des usagers à la violence ou à leur implication dans celle‑ci.
Il précise que ces phénomènes sont également influencés par des facteurs socio‑économiques plus larges, tels que la pauvreté, le sans‑abrisme, la mauvaise santé mentale et le manque d’accès aux services de traitement et de soutien social. Ces facteurs constituent en même temps des points de départ essentiels pour les efforts de prévention et d’intervention précoce.
La capitale autrichienne, Vienne, a accueilli le 9 mars dernier les travaux de la 69e session de la Commission des stupéfiants, tenue au siège des Nations unies avec la participation de la Syrie, de délégations officielles, d’experts, de représentants de dizaines de pays et d’organisations internationales spécialisées dans la lutte contre les drogues et la criminalité organisée.
La Commission des stupéfiants est l’un des principaux forums internationaux chargés d’élaborer les politiques mondiales de lutte contre la propagation des drogues et le trafic illicite.
Elle mène ses travaux en coopération avec l’UNODC afin de renforcer la coopération internationale contre les réseaux de trafic, de faire face à la prolifération des drogues synthétiques et de développer des politiques de santé liées au traitement de la dépendance et à la réduction de ses impacts sociaux et économiques.
mch