Moscou- Kiev, (SANA) Le conflit russo‑ukrainien connaît une escalade militaire permanente sur l’ensemble des lignes de front, marquée par des divergences notables entre les deux camps quant à l’étendue des avancées et des pertes annoncées, ainsi qu’un recours massif aux drones et aux frappes de missiles visant la profondeur des territoires russe et ukrainien.
Le chef d’état‑major russe, Valeri Guerassimov, a indiqué que les forces russes avaient, depuis le début de l’année 2026, pris le contrôle d’environ 1 700 km² de territoire ukrainien, ainsi que 80 localités, tout en poursuivant leur progression dans la région du Donbass.
Moscou : reprise de vastes zones
Guerassimov, a indiqué que les forces russes maintiennent la pression sur ce qu’il a qualifié de « ceinture de fortifications » dans la région de Donetsk, se rapprochant des villes de Sloviansk et Kramatorsk à des distances variant entre 7 et 12 kilomètres.
Il a également évoqué des opérations dans les régions de Kharkiv et Soumy, ainsi que la prise de larges portions du Donbass et de secteurs de Zaporijjia et Kherson.
Kiev : 174 affrontements en 24 heures
Pour sa part, l’état‑major ukrainien a fait état de 174 affrontements au cours des dernières 24 heures le long de la ligne de front, les combats les plus violents ayant eu lieu dans les secteurs de Pokrovsk, Houliaïpole et Kostiantynivka.
Selon Kiev, les forces russes ont mené plus de 78 frappes aériennes et près de 9 000 attaques aux drones, en plus de centaines de bombardements d’artillerie et de missiles.
L’armée ukrainienne affirme avoir repoussé plusieurs offensives et infligé des pertes humaines et matérielles importantes aux forces russes.
Pertes réciproques et attaques aux drones
Les deux pays ont annoncé avoir abattu des centaines de drones dans des attaques mutuelles.
Kiev affirme avoir détruit 116 drones russes sur 143, tandis que Moscou annonce avoir intercepté des dizaines de drones ukrainiens au‑dessus de plusieurs régions de son territoire.
Les autorités russes ont également signalé une attaque aux drones contre des installations du port de Touapsé, sur la mer Noire, provoquant une fuite de pétrole, un incendie et des blessés, Kiev, de son côté, affirme avoir mené des frappes en profondeur contre des infrastructures militaires et logistiques en Russie.
Ukraine : bombardements massifs et victimes
Plusieurs régions ukrainiennes, dont Kharkiv, Soumy, Dnipropetrovsk, Donetsk et Sloviansk, ont été la cible de bombardements intenses, faisant des morts et des blessés selon des sources ukrainiennes, et causant des dégâts aux infrastructures civiles et de santé.
D’autre part, la Russie a fait savoir que les zones frontalières et les infrastructures étaient exposées aux attaques ukrainiennes, notamment contre les installations des chemins de fer de Rostov en mer Noire, en plus des dommages causés aux ports et aux installations pétrolières, notamment une fuite à Touapsé.
Kiev affirme que les pertes russes depuis le début de la guerre dépassent 1,3 million de morts et blessés, en plus de milliers de chars, blindés et drones détruits.
Moscou rejette ces chiffres, affirmant que ses pertes sont tellement inférieures aux estimations ukrainiennes et occidentales.
Escalade diplomatique et mises en gardes onusiennes
Sur le plan politique, le représentant ukrainien à l’ONU a appelé à renforcer les sanctions contre le secteur énergétique russe, à démanteler ce qu’il appelle la « flotte fantôme », et à accroître le soutien militaire à Kiev.
En outre, des responsables des Nations unies ont mis en garde contre la poursuite des combats qui aggrave la crise humanitaire, augmente le nombre de victimes et réduit les chances d’une solution diplomatique.
L’ONU a appelé à un cessez‑le‑feu immédiat, évoquant « l’absence de perspective claire de règlement ».
Zelensky avertit
Dans le même contexte, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a mis en garde contre l’impact potentiel des tensions internationales, notamment au Moyen‑Orient, qui pourraient réduire le soutien militaire occidental à l’Ukraine, détourner des ressources et renforcer la position de la Russie.
Il a réaffirmé son refus de toute solution impliquant un retrait du Donbass, estimant qu’un cessez‑le‑feu sur les lignes actuelles de contact serait « la voie la plus rapide pour mettre fin à la guerre ».
Avec l’intensification des frappes réciproques en profondeur et la persistance d’écarts importants dans les récits des deux camps concernant les pertes et les avancées, la guerre russo‑ukrainienne poursuit son escalade sur les plans militaire et politique, tandis que les mises en gardes internationales se multiplient quant à des conséquences humanitaires susceptibles de s’aggraver en l’absence de progrès diplomatique réel.
R.S./A.Ch.