Washington-(SANA) La Syrie a récupéré 36 objets antiques d’une valeur de plus de cinq millions de dollars lors d’une cérémonie organisée à New York, dans le cadre des efforts déployés pour lutter contre le trafic illicite d’antiquités et restituer les biens culturels pillés à leur pays d’origine.
La cérémonie s’est déroulée en présence du procureur du district de Manhattan, Alvin Bragg, du secrétaire d’État adjoint américain, Christopher Landau, de l’envoyé spécial du président américain pour la Syrie et l’Irak, Thomas Barrack, du chargé d’affaires syrien à Washington, Mohammad Nasser Qanatri, et du représentant permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, Ibrahim Olabi, ainsi que de nombreux responsables et diplomates.

« La cérémonie de rapatriement des pièces antiques témoigne avec force que la préservation du patrimoine culturel transcende les frontières et les nationalités », a déclaré Bragg dans un communiqué publié sur le site web du procureur du district de Manhattan.
« Cette enquête, extrêmement complexe et menée sur de multiples fronts, n’aurait pas été possible sans d’étroits partenariats internationaux », a-t-il dit tout en remerciant tous ceux qui y ont contribué par leurs efforts inlassables et leur dévouement. »
Il a expliqué qu’« une énorme fresque pillée du site archéologique de Palmyre et 14 panneaux de mosaïque rares pillés d’une villa romaine en Syrie, qui ont tous été restitués lors de cette cérémonie de remise, font partie des 31 pièces antiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord saisis par l’unité de lutte contre le trafic d’antiquités. »

Il a fait remarquer que la fresque de Palmyre avait été pillé à une époque où l’organisation terroriste Daech était responsable du pillage systématique des sites archéologiques en Syrie.
Bragg a ajouté que quatre des objets restitués hier font partie d’une collection de 180 pièces (d’une valeur de 70 millions de dollars) saisie par le bureau du procureur dans la collection de Michael Steinhardt, l’un des plus grands collectionneurs d’art ancien au monde.
Concernant les détails des objets restitués à la Syrie, le bureau a indiqué qu’ils comprennent :
La mosaïque «Téléti et Éros»: Cet immense fragment de mosaïque date du IIIe siècle avant J.-C. et représente le mariage légendaire de la déesse Téléti et du dieu Éros, accompagnés d’Aphrodite et des Trois Qualités.

Cette œuvre a été réalisée à partir de centaines de petits cubes de pierre colorée appelés tesselles.
Les autorités ont saisi cette mosaïque, ainsi que 22 autres fragments volés au Liban et en Syrie, en juillet 2021, auprès de trafiquants.
L’inscription en relief de Palmyre :
Cette imposante sculpture en calcaire, représentant un homme allongé entouré d’une femme et de trois enfants, est un bas-relief funéraire sculpté dans l’ancienne cité de Palmyre à la fin du IIe siècle après J.-C. Ornant à l’origine les murs d’une chambre funéraire dans l’un des tombeaux palmyréniens, elle pèse plus de 450 kg et semble avoir été délicatement détachée du mur afin de ne pas endommager les différentes figures sculptées.
Trois statues féminines syro-hittites :
Datant du deuxième millénaire avant J.-C. et réalisées dans le nord-ouest de la Syrie, les trois statues sont apparues pour la première fois sur le marché de l’art à la fin des années 1980 et au début des années 1990 en possession d’Edward Merrin, un galeriste new-yorkais qui a par la suite été condamné par un tribunal fédéral pour trafic d’antiquités, avant d’être vendues à la Steinhardt Collection.

Pour sa part, le chargé d’affaires de l’ambassade de Syrie aux États-Unis, Mohammad Qanatri, a déclaré : « Grâce à la coopération syro-américaine et aux efforts du bureau du procureur du district de Manhattan, une partie de l’histoire de la Syrie retourne enfin dans sa patrie, et cette réalisation démontre comment le respect mutuel et un engagement commun à protéger le patrimoine culturel peuvent construire des ponts durables entre nos deux pays. »
L.a.