Capitales, (SANA) Dans le cadre des efforts internationaux visant à apaiser la guerre en cours entre les États‑Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part, des médiateurs d’Égypte, de Turquie et du Pakistan s’emploient à organiser une rencontre entre responsables américains et iraniens à Islamabad dans les prochaines 48 heures.
Citant des responsables arabes et un autre américain, le Wall Street Journal a indiqué que des médiateurs déploient des efforts intensifs pour amener les deux parties à la table des négociations, bien qu’elles demeurent encore très éloignées l’une de l’autre. »
Exigences américaines
Cette médiation tripartite intervient alors que Washington et Téhéran posent chacun leurs conditions.
Le New York Times a souligné, citant des responsables informés, que les États‑Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre. Celui‑ci va au‑delà d’un simple cessez‑le‑feu et inclut notamment le démantèlement complet du programme nucléaire iranien, la remise des stocks d’uranium enrichi à l’Agence internationale de l’énergie atomique, la destruction des installations de Natanz, Ispahan et Fordo, ainsi que l’arrêt du programme balistique, la fin du soutien aux alliés régionaux, tels que le Hezbollah, et la réouverture des voies maritimes, en échange d’une levée des sanctions.
La « Chaîne 12 » israélienne a, pour sa part, rapporté, selon trois sources, que Washington cherche à imposer une « trêve d’un mois » durant laquelle des canaux de négociation seraient ouverts pour parvenir à un accord global.
Selon ces sources, Israël craint que les États‑Unis poussent vers un accord‑cadre général, en reportant les détails techniques à des phases ultérieures.
Conditions iraniennes
Selon le New York Times, le Pakistan a transmis le plan américain à Téhéran, mais il n’est pas encore clair si l’Iran l’acceptera comme base de négociation.
Des sources citées par le Wall Street Journal ont indiqué que Téhéran exige la fermeture des bases américaines dans le Golfe, la levée totale des sanctions tout en maintenant son programme balistique, ainsi que des compensations pour les attaques dont il a été la cible durant la guerre.
L’Iran réclame également de nouveaux arrangements dans le détroit d’Ormuz, lui permettant d’imposer des redevances sur les navires qui le traversent, des garanties empêchant une reprise du conflit, et l’arrêt des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban.
Un responsable américain a qualifié ces demandes d’« irréalistes et absurdes », estimant que ce niveau d’exigences rendra un accord encore plus difficile à atteindre qu’avant le déclenchement de la guerre.
Le site Axios a rapporté que la partie iranienne a informé les médiateurs « Pakistan, Égypte et Turquie » que les mouvements militaires américains et la décision du président Donald Trump de déployer d’importants renforts ont augmenté leurs doutes quant à la sincérité de son appel à des pourparlers de paix, soulignant qu’ils ont déjà été dupés à deux reprises par Trump et ne souhaitent pas l’être une troisième fois.
Complexité de la médiation et perspectives de réussite
La médiation tripartite fait face à de nombreux obstacles, notamment en raison de la complexité des conditions posées par les deux parties, ce qui rend ses chances de succès incertaines.
Bien que Washington et Téhéran aient mené avant la guerre plusieurs cycles de discussions via des médiateurs en Suisse et à Oman sans parvenir à un accord, les négociations actuelles se déroulent dans un contexte totalement différent, marqué par une guerre directe et des tensions régionales sans précédent, ce qui complique davantage la possibilité de parvenir rapidement à un compromis.
Les expériences passées, y compris les négociations ayant conduit à l’accord nucléaire de 2015 sous l’égide du groupe 5+1 (États‑Unis, France, Royaume‑Uni, Russie, Chine, Allemagne), remontent à une période politique totalement différente, antérieure d’environ une décennie aux développements actuels.
Depuis le retrait américain de l’accord en 2018 et le rétablissement des sanctions contre Téhéran, toute nouvelle démarche diplomatique apparaît aujourd’hui plus complexe, dans un environnement régional et international nettement plus tendu.
R.S./L.Arafi